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Opération mains propres
Nouvelles magouilles à l'ultradroite
Les partis d'extrême droite, de la dite « droite
nationale » ou d'ultradroite aiment jouer les donneurs de leçon
en matière de justice. Ils se présentent souvent comme
des «justiciers en croisade» contre les magouilles commises
par des politiciens classiques. Et pourtant, les «affaires politico-judiciaires»
éclaboussent aussi parfois l'ultradroite. L'exemple par le
maire d'Orange, membre - de 1972 à 2005 - de la direction du
Front national et depuis 2005 du Mouvement pour la France.

Affiche du Front national de Jean-Marie Le
Pen, un parti expert en dénonciation des «magouilles»
des autres... Document : Archives RésistanceS.be
Ce 12 janvier, Jacques Bompard et son épouse Marie-Claude,
respectivement maires des villes françaises d'Orange et de
Bollène (dans le Vaucluse), ont été placés
en garde à vue durant plusieurs heures. Le motif : une enquête
pour «prise illégale d'intérêt». Ouverte
en juin 2008, cette enquête est liée à une information
judiciaire contre X concernant une opération immobilière,
sans doute illégale. Les époux Bompard nient les faits.
«Ce qu'on me reproche, ça ne tient pas» a déclaré
Jacques Bompard. Ce dernier reconnaît cependant qu'«il
y a peut-être eu une irrégularité administrative.
Mais tout a été fait légalement». Toutefois,
selon une source judiciaire, sa mise en examen devait désormais
être considérée comme «probable» (Libération
du 14 janvier).
Dirigeant-fondateur du Front
national
Jacques Bompard (64 ans), réélu sans étiquette
pour un troisième mandat à la mairie d'Orange en mars
de l'année dernière, est membre depuis 2005 du Mouvement
pour la France (MPF), la formation politique d'ultradroite souverainiste
fondée et dirigée par le vicomte Philippe de Villiers.
C'est au début des années 1960 que la carrière
politique de Bompard débute, au sein de l'extrême droite,
en particulier dans la mouvance de soutien à l'Organisation
armée secrète (OAS). Fondée par les acharnés
de l'Algérie française, l'OAS est alors responsable
d'actions terroristes contre les autorités gouvernementales,
les indépendantistes algériens et leurs partisans français.
Le jeune Jacques Bompard adhère ensuite au mouvement néofasciste
Occident (sur celui-ci ),
dont il devient un des cadres dirigeants. Ensuite, il fait partie
de la direction d'Ordre nouveau, l'organisation qui succède
à Occident et qui sera à la base, en 1972, de la création
du Front national. Cofondateur de ce dernier, Jacques Bompard siègera
au bureau politique du «Front» de 1972 à 2005.
Il fut également tour à tour conseiller
régional FN de Provence-Alpes-Côte d'Azur, député
du Vaucluse, conseiller municipal à Orange puis élu
en 1995, toujours sous les couleurs du Front national, maire de cette
ville du Sud de la France. Réélu aux élections
2001, il obtiendra un troisième mandat aux élections
municipales de 2008.
En 2004, il avait fondé sa propre organisation
politique, l'Esprit public. Jacques Bompard reçut alors le
soutien d'autres opposants internes au Front national de Jean-Marie
Le Pen, notamment Marie-France Stirbois et Bernard Antony, respectivement
héritière du «courant solidariste» et meneur
des «nationaux-catholiques» du FN.
L'extrême droite magouilleuse
?
La longue carrière politique (plus de 40 ans) de Jacques Bompard
est celle d'un digne dirigeant d'extrême droite. Si les enquêtes
judiciaires actuelles le visant, ainsi que son épouse, débouchent
sur des inculpations puis des condamnations, elles démontreront
alors que ceux qui s'engagent en politique pour combattre officiellement
les «magouilleurs» feraient mieux de d'abord balayer devant
leur porte... D'autant plus que d'autres exemples existent pour démontrer
que l'extrême droite est elle aussi impliquée dans des
«affaires politico-judiciaires». En Belgique comme en
France ...
Manuel Abramowicz
© RésistanceS – web-journal
de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be
– info@resistances.be – Article mis en ligne le 16 janvier
2008.
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Autocollant
belge des années 1980 du Parti des forces nouvelles (PFN) accusant
ici Wilfried Martens et Jean Gol, premier-ministre et ministre de
l'Intérieur de l'époque, de piquer de l'argent. L'extrême
droite belge, elle non plus, n'a pas de leçon à donner
en la matière – Document : Archives RésistanceS.be
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: « 16-01-2009 »
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