| Forum Démocratie en danger : quelle réponse des partis « traditionnels » ? Aujourd’hui, les citoyens s’inquiètent de la prolifération d'idées racistes, souvent sous des formes de plus en plus subtiles. Face à la menace liberticide qui pèse sur nos institutions et sur notre modèle de société démocratique, l’on peut légitimement s’interroger sur l’action concrète que les mandataires politiques issus des partis « traditionnels » mènent au quotidien contre la montée de l’extrême droite dans notre pays. On nous assure que les forces démocratiques
du pays s’interrogent sur la stratégie la plus efficace
à adopter contre les agressions constantes de l’extrême
droite à l’encontre de notre belle démocratie.
Mais à la veille d’une élection régionale
de tous les possibles, à l’heure où le «
cordon sanitaire » et le refus déclaré des partis
classiques de collaborer de quelque façon que ce soit avec
les formations politiques liberticides demeurent fragiles, et en particulier
au nord du pays, quelles solutions nous propose-t-on ? Existe-t-il
une réelle volonté politique de battre les partis antidémocratiques
en retraite ? Priver les partis liberticides
de dotation publique Davantage de transparence Des initiatives institutionnelles intéressantes existent donc mais elles apparaissent bien dénuées de sens si elles ne s’accompagnent pas d’une bonne dose d’intelligence et d’imagination de nos mandataires politiques, trop souvent cantonnés à leur rôle de gestionnaire de la chose publique. Le monde politique, s’il veut regagner en crédibilité – et du terrain contre les formations racistes et antidémocratiques – doit réinventer son rôle et représenter réellement les citoyens –tous les citoyens. Nos mandataires doivent réinvestir les quartiers, l’espace public, aller à la rencontre des gens, et en particulier des plus fragilisés et marginalisés d’entre nous. Il doivent aussi et surtout écouter, écouter et écouter encore – toute l’année, pas seulement à l’approche des élections. Ils doivent oser aborder sans détour les débats et l’action sur les thèmes et inquiétudes agités et exploités sans scrupule par l’extrême droite pour attirer un électorat fragile et désabusé. C’est lorsque les gens commencent à avoir peur de l’Autre, à ne plus entrevoir de perspectives claires et ne plus comprendre les réponses des politiques « traditionnels », qu’ils se tournent vers les réponses simplistes et violentes proposées par les partis xénophobes. « Une réponse transversale
et collective » Les enseignants ont une fonction fondamentale : l’éducation aux valeurs du respect, de la tolérance et de la démocratie. Ils sont aussi des passeurs de mémoire. L’Histoire du XXe siècle nous a appris qu’une société ne peut survivre si elle ne reconnaît pas et ne protège pas l’humanité de chacun de ses membres, au même titre que l’humanité de ses voisins. Les associations de terrain, moins « suspectes » aux yeux des publics fragilisés que les élus d’un parti ou l’autre, ont un rôle important à jouer, et permettent de rappeler aux politiques l’importance de se connecter aux réalités de terrain plutôt que d’apparaître parfois comme des « donneurs de leçons » face à des problématiques qu’ils ne côtoient pas réellement. L’extrême droite se nourrit de la distance qui s’est instaurée entre les élus et le citoyen. Enfin, les récentes condamnations de Gand, à l’encontre de plusieurs asbl satellites du Vlaams Blok, ont également prouvé l’importance des acteurs judiciaires dans le combat contre les ennemis de la démocratie. Il apparaît clairement de ces quelques considérations élémentaires que la réponse à élaborer contre la marée brune doit être transversale et collective. Il est fondamental de sensibiliser, de responsabiliser et de mobiliser toutes les forces vives et tous les démocrates de notre pays. Nous ne pouvons attendre passivement que les mandataires politiques posent des actes. Face à l’extrême droite, nous sommes tous des politiques. Mesdames et messieurs les élus ; citoyens, citoyennes, la balle est dans notre camp.
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Analyse des résultats du scrutin du 13 juin 2004 NOUVEAU
Sommaire du dossier Elections 2004
Ce dossier a été
coordonné par Mis en ligne le 1 juin 2004.
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