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Les principaux absents

Ils ne seront pas présents
aux élections

Plusieurs “ personnalités ” et groupuscules éphémères du petit “ monde ” de l’extrême droite seront absents le 13 juin prochain. Cependant, ils continueront à faire parler d’eux. En effet, plusieurs plaintes ont été déposées à l’encontre de certains de leurs dirigeants. Prochainement, ils devront répondre de leurs actes devant nos tribunaux. Tour d’horizon.

 


Hubert Defourny, partisan du néorexisme, et Marguerite Bastien, partisane de la droite ultra libérale et xénophobe, lors d’un meeting liégeois du Front nouveau de Belgique. Aujourd’hui, ils ont tous les deux disparus de la circulation politique (document photographique : RésistanceS).

Marguerite BASTIEN (FNB)
Fondatrice en 1996 et présidente de 1996 à 2001 du Front nouveau de Belgique (FNB), Marguerite Bastien, actuelle députée régionale bruxelloise indépendante sortante, sera absente des prochaines élections pour le renouvellement du Parlement de la Région de Bruxelles-capitale.

Provenant du parti libéral (PRL) à l’époque de Jean Gol, cette ex-magistrate antisociale rejoint le Front national de Daniel Féret alors que celui-ci vient de remporter un succès électoral aux élections communales d’octobre 1994. Aux élections législatives de mai 1995, Bastien est élue députée fédérale FN. Elle va incarner le “ renouveau du nationalisme ” francophone et recevoir, sans doute pour cette raison, son “ C4 ”. Elle quitte alors le FN pour mettre sur pied son propre “ front ”, le FNB, avec notamment un groupuscule néonazi, des libéraux version Ronald Reagan et des intégristes religieux. Plusieurs groupuscules d’extrême droite vont voir alors en elle la future leader de leur mouvance et un espoir d’enfin la structurer. L’espoir sera de courte durée : Marguerite Bastien va à son tour décevoir la plupart de ses admirateurs, qui la quitteront les uns à la suite des autres.

Son FNB va se désertifier de plus en plus. Finalement, en 2001, elle le quitte à son tour. Entre temps, “ RésistanceS ” et le quotidien “ La Libre Belgique ” avaient fait des révélations sur ses liens étroits avec la secte de scientologie. Depuis lors, Bastien est politiquement morte. Cependant, au niveau de la justice, elle devra prochainement comparaître suite à des plaintes déposées à son encontre.

Hubert DEFOURNY (AGIR, REF, BW,…)
Cet ex-gendarme est l’un des anciens dirigeants de l’extrême droite liégeoise. Il fut élu conseiller communal et conseil provincial. En 1993, il est le vice-président d’AGIR (une dissidence du Parti des forces nouvelles, d’obédience néonazie). Il fonde ensuite REF, un mouvement qui a pour modèle le parti REX de l’ex-Waffen SS Léon Degrelle. En avril 2000, Defourny est l’un des piliers du Bloc wallon (BW), créé à l’occasion des élections communales d’octobre 2000. Le BW implose après son échec électoral. Proche de dirigeants du Vlaams Blok (dont le négationniste Roeland Raes), Hubert Defourny va aussi militer au sein d’une structure francophone de soutien au parti néofasciste flamand. Il a aussi été présent aux premières réunions du groupe qui a fondé, en 1999, le mouvement Nation. Provocateur et extrémiste de droite radical, Defourny va également multiplier les plaintes judiciaires contre lui. Il sera ensuite condamné sur base de la loi antiraciste. Abandonné par l’ensemble de ses ex-compagnons politiques, récemment, Hubert Defourny a annoncé qu’il abandonnait définitivement la politique.


Paris – septembre 2000 : Bruno Gollnisch (à gauche) et Hubert Defourny, lors de la fête annuelle du Front national français (document photographique : RésistanceS).

Nation, Hervé VAN LAETHEM et consorts
Fondé le 11 septembre 1999, par des dissidents du FNB et du FN, le “ Mouvement pour la Nation ” affirme qu’il rassemble les “ vrais nationalistes ” et qu’il va donc bâtir le “ nouveau parti nationaliste ” de la Belgique francophone. Tout le monde peut rêver. Mais le souhait de Nation reste de l’ordre de la pure fiction. Incapable de se présenter aux élections communales d’octobre 2000, contrairement à ses concurrents et adversaires (FN, FNB et le nouveau Bloc wallon, apparu pour l’occasion), Nation remet en réalité sur pied, sous un autre nom, l’ex-groupe néonazi l’Assaut. Cependant, pensant l’heure du FN terminée, en mai 2003, Nation est présent aux élections législatives, mais uniquement dans deux circonscriptions électorales (celle de Bruxelles-Halle-Vilvorde et celle du Hainaut). Malgré une campagne électorale très active (en comparaison avec celles du FN et du FNB), Nation va échouer politiquement sur toute la ligne. Son “ Waterloo électoral ” de 2003 donne lieu à de lourdes déceptions. Des militants désertent les rangs.

En janvier dernier, Nation annonce malgré tout qu’il sera présent aux élections de juin 2004. Il commence à récolter des signatures pour déposer ses listes. Mais au début du mois d’avril, surprise : le mouvement Nation doit avouer, en prenant excuse d’un détail, qu’il renonce à se présenter aux suffrages. Sans l’avouer à ses membres, il constate qu’il est incapable de récolter les signatures nécessaires pour être présent aux élections. Cet échec est une preuve de plus qu’en réalité Nation a été incapable de proposer une véritable alternative politique au FN et autres FNB. Sa non présence le 13 juin signifie que Nation est condamné à disparaître sous sa forme actuelle. Quant à ses dirigeants, ceux-ci seront prochainement convoqués, comme Marguerite Bastien, Georges-Pierre Tonnelier, Daniel Féret,… devant les tribunaux. Et vu les chefs d’inculpation, il y a fort à parier qu’ils seront sévèrement condamnés. A suivre.

FN-Liège, FN-FW, ZUT, Bloc-W, FNB-P, PSD, ICB,…
Ces sigles sont ceux de groupuscules, d’adversaires ou de dissidences du Front national de Daniel Féret qui ont tenté de récolter quelques voix aux précédentes élections régionales de 1999. Certains d’entre eux étaient présents dans les circonscriptions de Liège (FN-Liège de Joseph Franz), de Mons (FN-Fédération wallonne de Jacques Michel), de Charleroi (FNB-P de Jacques Hubert), de Bruxelles-Halle-Vilvoorde (ZUT d’Alain Escada, Bloc-W d’Emile Eloy et Juan Lemmens, PSD et ICB)…

Ces clones du “ clown ” Front national ont tous disparu de la circulation après le 18 mai 1999. Dès lors, ils seront tout naturellement absents le 13 juin prochain. Cependant certains des meneurs de ces “ listes-mortes ” seront quant à eux bien présents sous d’autres “ labels ”. C’est le cas de Juan Lemmens et de Joseph Franz, leaders du Bloc national (BN), un nouveau parti nationaliste ayant déposé une liste dans la circonscription de Liège.

Georges-Pierre TONNELIER (FN)
Il est jeune, mais est déjà passé par beaucoup de partis politiques. Georges-Pierre Tonnelier commence d’abord à militer au sein du FDF. Après avoir dénoncé son président, Olivier Maigain, pour ses liens avec les “ gauchistes ” du Front antifasciste, Tonnelier est tenté par l’extrême droite. Il fréquente un moment Bruxelles-Identité-Sécurité (BIS), un mouvement animé par des anciens dirigeants d’un groupuscule néonazi bruxellois à la solde du Vlaams Blok. De la droite nationaliste pro-flamande indépendantiste, après avoir milité pour la cause francophone bruxelloise, Tonnelier va faire un premier tour au cœur du Front national belgicain. Il va nourrir alors quantité de projets très variés pour développer le FN. Il tente même de lancer un journal toutes-boîtes. Très attiré par le pouvoir, Tonnelier va se rapprocher de Daniel Féret. Mais après des désaccords avec lui, il finit par adhérer au FNB, en agissent toujours sur le même mode de fonctionnement. Résultat des courses, Tonnelier a plus de véritables ennemis farouches à l’intérieur même de la famille d’extrême droite qu’à l’extérieur. Ce nouveau proche de Marguerite Bastien, la “ Fondatrice ” du FNB, attirera contre lui beaucoup de haine. Ces adversaires le décriront sous les pires aspects. Georges-Pierre Tonnelier va aussi fréquenter le milieu sectaire païen et deviendra, à l’époque de son passage TGV à l’Université libre de Bruxelles, l’ombre de Bernard Mengal, le gourou auto-proclamé d’une secte d’essence nordique et aujourd’hui financier d’un parti d’extrême droite suédois. Tonnelier arrivera finalement à se brouiller avec sa “ marraine politique ” Marguerite Bastien. Il retournera alors chez son ancien mentor, Daniel Féret. Ce qui n’empêche par Tonnelier d’organiser maintenant la contestation interne de la “ ligne Féret ”. Devenu l'un des proches collaborateurs du sénateur frontiste Michel Delacroix, Tonnelier n’a plus qu’un seul objectif : mettre hors-circuit Daniel Féret, sa clique de fidèles “ lieutenants ” et s’emparer du FN avec la tendance radicale qui s’y reconstitue autour de Delacroix.

Présents à d’autres élections (pour le FN puis le FNB), Tonnelier brillera par son absence le 13 juin prochain sur les bulletins de vote.


Arnaud FRANCHINI (JAN)
Dernier arrivé au sein de l’extrême droite, ce jeune garçon tente de faire croire qu’il est dynamique et performant. Affilié au Front national, il a réussi à recruter pas mal de jeunes militants, une quarantaine selon ses dires, dans la région montoise, d’où il est originaire. Mal lui en à pris. Au FN, tous ceux qui ont voulu structurer d’une quelconque façon ce parti ont tous suivi la même direction : celle de la porte ! Arnaud Franchini s’en ira la queue entre les jambes fonder “ sa ” propre structure : la Jeune alliance nationale (JAN). Qui se fédérera au Front nouveau de Belgique de François-Xavier Robert, pendant environ une seule semaine ! Après s’être chamaillé avec Daniel Féret, Emmanuel Licardi Di Castel (le “ boss ” des Jeunes FN ) et François-Xavier Robert, le jeune activiste montois s’est associé récemment avec la mouvance de Michel Delacroix, sénateur et éminence grise de la tendance radicale du FN.

Malgré ses ambitions politiques, mais à cause de sa mauvaise stratégie, Franchini ne sera présent ni aux Régionales ni aux Européennes. Il vient de rater royalement son entrée en politique et de se brûler quelques plumes.

Manuel ABRAMOWICZ

© Résistances – www.resistances.be – Bruxelles – Belgique – 15 mai 2004

REMARQUE REACTUALISATION du 31 novembre 2008 : Georges-Pierre Tonnelier n'est plus d'extrême droite CLIQUEZ

Analyse des résultats du scrutin du 13 juin 2004 NOUVEAU

L’extrême droite : stop ou encore ? (15 juin 2004)

Le « vote protestataire » d’extrême gauche également en hausse (15 juin 2004)

Voir aussi: J'aimerais qu'on m'explique, la nouvelle chronique de Nadia Geerts

Sommaire du dossier Elections 2004

Introduction de ce dossier

Les précédents résultats (1999)

Qui sera présent le 13 juin ?

Les absents du 13 juin

Un néonazi du FN désigné député?

Républicain, le Vlaams Blok?

Bruxelles : le double discours du Vlaams Blok

Elections : rendez-vous pour les règlements de compte
(Bloc National – Front national)

La liste bruxelloise FIRE est un sous-marin du Vlaams Blok

Vlaams Blok = Blocage (06/06/04)

Forum. Démocratie en danger : quelle réponse des partis « traditionnels » ?

Bruits de campagne - 24/05/04

Une nouvelle campagne contre l'extrême droite

Ce dossier a été coordonné par
Manuel ABRAMOWICZ

Mis en ligne le 1 juin 2004.


Quartier général du Front national, à Molenbeek en 1988 © Photo Manuel Abramowicz.


© RésistanceS – www.resistances.be - Bruxelles