RésistanceS.be 28-03-2014

Référendum en Crimée :
Les informations de RésistanceS.be dans le quotidien flamand De Morgen


Révélations sur un lobby prorusse dirigé par un Belge


Le 16 mars dernier, la Crimée, dans le sud de l'Ukraine, par référendum se rattacha à la Russie. Une victoire musclée pour Vladimir Poutine. Avec la complicité de l'Eurasian Observatory Democracy and Elections (EODE). Ce lobby international est dirigé par un Belge, avec la complicité de l'extrême droite flamande. Portait de cette nébuleuse belgo-russe.




Le Belge Luc Michel dans le plus pur style des dignitaires de l'Est – Photo publiée par les services du PCN.


Avec le concours du web-journal RésistanceS.be, le mercredi 19 mars, le quotidien belge flamand De Morgen publiait des révélations sur une « participation belge » à l'organisation du référendum de rattachement à la Fédération de Russie de la péninsule de Crimée, située au sud de l'Ukraine, et de la ville de Sébastopol. Cette participation venue de Belgique a été possible grâce à un réseau européen prorusse née à Bruxelles. Ce dernier est historiquement - et actuellement toujours - lié à l'extrême droite.


Communautarisme National-européen
Ce réseau, l'Eurasian Observatory Democracy and Elections (EODE), a pour objectif d'apporter un soutien à des gouvernements ou des forces politiques patriotiques et nationalistes d'ex-républiques de l'URSS, mais aussi à des pays africains. Il était par exemple fortement lié au clan des radicaux en Libye à l'époque du dictateur Kadhafi. Lors du référendum en Crimée, le 16 mars dernier, l'EODE y a envoyé une délégation internationale d'observateurs, composée notamment de parlementaires du Vlaams Belang, le parti d'extrême droite indépendantiste flamand.

Apparu en Belgique, l'EODE se présente comme un « think tank » et une ONG (organisation non gouvernementale). Il fonctionne comme une agence de communication pratiquant un lobbying en faveur d'Etats considérés comme opposés à l'impérialisme des Etats-Unis et de l'Europe de l'Ouest.

Son fondateur-dirigeant, Luc Michel, est aussi celui du Parti communautaire national-européen (PCN). Aujourd'hui en hibernation, ce PCN fut fondé en 1984, dans la ville wallonne belge de Charleroi. Son mentor idéologique était feu Jean Thiriart. Membre des Amis du Grand Reich allemand (AGRA), un mouvement collaborationniste actif à Bruxelles et en Wallonie durant la Deuxième Guerre mondiale, Thiriart deviendra le plus important dirigeant de l'extrême droite belge de l'après-Guerre. Avec une influence considérable à l'étranger : en France, en Italie, en Allemagne et en Grande-Bretagne. A la fin des années 1960, un tournant politique fut opéré par Jean Thiriart vers un « national-bolchévisme » qui prendra le nom de « national-communautarisme ». Une doctrine à la base du PCN.

OPA sur l'extrême droite
Avant la création de son parti, Luc Michel avait dirigé dans la ville de Charleroi, au milieu des années 1970, la section locale du Front de la jeunesse, la principale organisation d'extrême droite de cette époque Il fit ensuite scission pour mettre sur pied le Mouvement socialiste européen Occident qui s'alliera avec les néonazis bruxellois de l'Europèse partij-Parti Européen (EPE). En 1982, Occident donnera naissance à un Front nationaliste - Nationalistisch front (FNF), la toute première tentative de Front national en Belgique, trois ans avant celle du docteur Daniel Féret . Un Comité de liaison et d'action des nationalistes (CLAN), puis un Mouvement de résistance national-européen, s'organisèrent encore autour de Michel. C'est cette mouvance qui s'occupait de la promotion alors en Belgique du journal d'extrême droite français Rivarol.

Rompant ensuite avec l'extrême droite classique, le PCN de Luc Michel tenta toutefois une OPA sur l'extrême droite belge francophone au milieu des années 1990, notamment en proposant un pacte avec la députée fédérale frontiste Marguerite Bastien, une transfuge libérale ! . L'OPA de Michel sur le Front national échoua. Depuis, il s'est investi à l'Est dans les relations publiques, la diplomatie de l'ombre en particulier et un lobbying discret, tout en restant en contact avec des élus belges d'extrême droite.


« Russophobie galopante »
Les révélations du web-journal RésistanceS.be sur la carrière politique de Luc Michel, publiées le 19 mars dernier dans le journal De Morgen, ont évidemment provoqué une vive réaction du patron de l'Eurasian Observatory Democracy and Elections. Pour riposte, Luc Michel a écrit un communiqué de presse, le 27 mars, dans lequel il affirme entre autres, pour se défendre (la meilleure défense restant l'attaque) que le quotidien flamand était un « nid d'anciens trotskystes recyclés dans le journalisme subsidié au service de l'impérialisme américain, de l'OTAN et de la Russophobie galopante ». Rien de moins.

En précisant en guise de bonus : « les antifascistes alimentaires du régime belgicain de l'officine ''RésistanceS'', dont le porte-parole Abramowicz, qui a fait carrière dans un Centre pour l'égalité des chances dépendant des services du Premier Ministre belge et est aussi un ancien trotskyste, est au cœur du "Luc Michel bashing" des médias de l'OTAN. En Belgique ou en Tchéquie notamment. ».

C'est une surévaluation du pouvoir de notre organe. Une chose est évidente, notre engagement journalistique ne plait pas à tout le monde. Et cette vision complotiste de Luc Michel est digne des meilleurs films de 007.

MANUEL ABRAMOWICZ
Web-journal RésistanceS.be

 

Une autre association prorusse en Belgique


En décembre 2006, RésistanceS.be publiait déjà, et toujours avec le journal flamand De Morgen, des révélations sur l'association Eurorus, fondée par un ancien du Vlaams Blok – Doc. Rés./RIDAF

Dans notre pays, l'Eurasian Observatory Democracy and Elections (EODE) de Luc Michel n'est pas le seul réseau belge de soutien à la Russie de Vladimir Poutine. En 2006, le web-journal RésistanceS.be avait déjà fait des révélations sur l'existence chez nous de l'association Eurorus.

Apparue en 2003, celle-ci est localisée en Flandre dans la ville de Dendermonde. Son principal objectif est d'établir des connexions militantes internationales entre les nationalistes européens d'extrême droite et les radicaux du patriotisme russe. Eurorus est présidée par Kris Roman, un activiste d'extrême droite de longue date venant du Vlaams Blok (le nom jusqu'en 2004 de l'actuel Vlaams Belang). Après un passage au Front national belge de Daniel Féret, il milite désormais pour le compte d'un mouvement identitaire national-solidariste francophone, plus proche de l'extrême droite ultra d'Ukraine que de Russie. Une contradiction de plus chez les nationaux-européens...

POUR LIRE l'article de RésistanceS.be consacré à l'association Eurorus
CLIQUEZ ICI

 

© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 28 mars 2014.

 

 

 

L'article du quotidien belge De Morgen reprenant ; le 19 mars dernier, les informations de Manuel Abramowicz de RésistanceS.be © Photo MAZ/RésistanceS.be

 

EXTRÊME DROITE, RUSSIE ET AUTRES PAYS DE L'EUROPE
DE L'OUEST
à lire sur RésistanceS.be :

Euro-Rus, une association d'Indo-européens blancs pour la « Grande Europe »

Daniel Féret (Front national), bientôt réfugié politique en Russie

Nationalistes serbes soutenus par l'extrême droite belge...

Lobby nationaliste pro-Serbes à Bruxelles

Le nazi belge Léon Degrelle héros de l'extrême droite d'Europe de l'Est

Le trou noir – L'anticommunisme au service de l'extrême droite russe
Par le journaliste Jean-Marie CHAUVIER

Pourquoi les nazis sont considérés comme des héros en Lettonie

 

En particulier sur l'extrême droite en Ukraine :

A l'Est, les nazis de hier sont réhabilités


Note de la rédaction
Nous acceptons volontiers que nos informations soient reproduites. Nous souhaitons cependant que vous en citiez la source, en indiquant clairement qu'elles proviennent de ResistanceS.be, l'Observatoire belge de l'extrême droite.

Pour être régulièrement informé sur l'extrême droite, le racisme, le sectarisme et l'intégrisme, retrouvez également le journal RésistanceS.be sur le réseau social Facebook
CLIQUEZ ICI

 


 

Note de la rédaction
Nous acceptons volontiers que nos informations soient reproduites. Nous souhaitons cependant que vous en citiez la source, en indiquant clairement qu'elles proviennent de ResistanceS.be, l'Observatoire belge de l'extrême droite. Pour la reprise de nos informations sur des sites Internet, veuillez faire un hyperlien vers notre site : www.resistances.be



Campagne « Extrême droite : ils se trompent de colère ! »

Depuis le mois d'août 2008, RésistanceS.be, le web-journal de l'Observatoire de l'extrême droite, anime une campagne d'information pédagogique en direction des électeurs et des militants d'extrême droite !

Pour plus d'information et la soutenir CLIQUEZ ICI


Comité de soutien de l'asbl RésistanceS



Pour bénéficier de nos services :
que faire ?

Soutenez vous aussi RésistanceS.be !
Média gratuit proposé par l'Observatoire belge de l'extrême droite, RésistanceS se réalise uniquement grâce à l'apport financier de son équipe et de certains lecteurs qui lui font des dons.
Vous lisez gratuitement les articles de RésistanceS.be !
Soutenez financièrement ce service exceptionnel en versant un don sur son compte bancaire :

n° 310-1618732-82
IBAN : BE25 3101 6187 3282

Avec en communication : « Don 2014 »

 




Affiche de la campagne d'information 2009 de RésistanceS.be, le web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite © asbl RésistanceS.be 2011