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Fascisme réhabilité
et doctrine néoconservatrice
Italie: l'autoritarisme en marche ?
Le journal «Courrier international» propose cette
semaine un dossier exceptionnel consacré à l'Italie
sous Silvio Berlusconi : «L'Italie : autoritaire, sans complexe».
Il explique que ce pays remet au goût du jour - par des opérations
de réhabilitation et une façon particulière de
gouverner - des pratiques dignes de jadis : de l'époque du
«Duce», de Benito Mussolini, le dictateur fasciste de
sinistre mémoire.

Dessin du caricaturiste Hachfeld publié
dans le journal berlinois «Neues Deutschland». Repris
dans le «Courrier international» du 11 septembre dernier.
Attention : dérive autoritariste ! nous explique en quelque
sorte l'hebdomadaire «Courrier international» dans sa
dernière livraison (datée du 11 au 17 septembre), au
sujet de l'Italie sous la botte d'un gouvernement d'ultradroite conduit
par le big-boss des médias privés et commerciaux, Silvio
Berlusconi. Cette dérive concerne donc l'Italie, un des Etats
phares et historiques de l'Union européenne, sinistré
au niveau social mais membre du G8, les huit pays les plus riches
du monde. «Revenu triomphalement au pouvoir pour la troisième
fois, en avril dernier, après une campagne électorale
axée sur la sécurité et la peur des immigrés,
Silvio Berlusconi ancre son gouvernement résolument à
droite et vit une lune de miel prolongée» rappelle-t-on
dans l'introduction de ce dossier constitué de plusieurs articles
provenant (et traduits en français) de la presse italienne
: «La Stampa», «La Republica», «L'Espresso»,
«Il Manifesto», «Internazionale» et «Corriere
della Sera».
«Le ''berlusconisme'' ressemble
de plus en plus au fascisme» s'inquiète, dans le
quotidien de gauche «La Republica» (650.000 exemplaires),
Giorgio Bocca, un ancien résistant antifasciste. Cet intellectuel
– il est le doyen de la presse italienne – estime que
«la marche vers l'autoritarisme s'est accélérée;
elle est devenue une charge forcenée, une volonté de
détruire toute forme de démocratie».
Penser différemment :
bientôt interdit ?
Pour «L'Espresso» (un hebdomadaire de centre-gauche
tiré à plus de 430.000 exemplaires), il y a «en
Italie, le risque d'une déstabilisation de l'Etat de droit
par des gesticulations à propos d'hypothétiques invasions
de Tsiganes roumains, ou de Berbères sarrasins».
La péninsule italienne serait désormais sous la coupe
d'une «version bricolée à la hâte»,
extrémiste et populiste, du néoconservatisme (l'idéologie
de l'actuelle ultradroite républicaine américaine).
La gestion quasi militariste de l'insécurité régnant
en Italie comme une plaie endémique se ferait, toujours selon
«L'Espresso», par une instrumentalisation de «la
logique du ''law and orde'' au-delà et en dehors de la légalité,
créant ainsi un court-circuit entre la menace de grande fermeté
contre les ennemis et le laxisme envers les règles générales,
qui n'ont pas d'ennemis désignés». Conclusion
de «L'Espresso» : «Cette attitude engendre une
inconnue inquiétante : le danger que, dans des pays gouvernés
par des majorités dépourvues d'une véritable
culture libéralo-constitutionnelle, la tolérance zéro
contre la délinquance ne dégénère en tolérance
zéro envers qui n'est pas d'accord ou pense différemment».

A gauche, une vieille affiche
du parti néofasciste Mouvement social italien. A droite, photographie
d'une affiche d'un candidat de la nouvelle extrême droite italienne
des années 2000 © Photo : Johan Gulbekian / RésistanceS.
«Il Manifesto» (quotidien
de la gauche radicale intellectuelle diffusé à plus
de 90.000 exemplaires) démontre pour sa part, dans un de ses
récents articles, que le gouvernement de Silvio Berlusconi
ouvre carrément la voie à la réhabilitation du
fascisme italien. Ce gouvernement d'ultradroite populiste est constitué
du parti de Berlusconi, mais également de deux partis aux visions
opposées concernant l'avenir territorial du pays : la Ligue
du Nord, une formation d'ultradroite indépendantiste nordiste
prônant l'implosion de l'Italie, et l'Alliance nationale (AN),
formation hyper nationaliste italienne issue directement en 1994 du
Mouvement social italien (MSI), le parti fasciste officiel de l'époque.
Le MSI avait été fondé directement après
la Deuxième Guerre mondiale pour faire perdurer le programme
du Parti national fasciste de Benito Mussolini. Pour sortir du ghetto
politique dans lequel se trouvaient les partisans de la droite nationaliste
pure et dure, les promoteurs de l'Alliance nationale larguèrent
le vieux style idéologique du MSI pour transformer leur parti
en une formation de droite populiste mais acceptable. Donc aux potentiels
gouvernementaux.
Pour «Il Manifesto» et bien
d'autres médias italiens, le ravalement de façade du
vieux MSI n'a pas empêché la nostalgie du fascisme de
poursuivre son attrait sur la nouvelle génération des
cadres de l'Alliance nationale. «Aggiornamentos, congrès,
changements de nom et abjurations n'y peuvent rien : périodiquement,
des responsables de l'Alliance nationale (AN), héritière
du Mouvement social italien et partenaire de Silvio Berlusconi depuis
son entrée en politique (note de RésistanceS.be : en
1994), se sentent obligés de réévaluer, voire
de réhabiliter le fascisme ». Dernier exemple en
date : le 8 septembre dernier, Ignazio La Russa, le ministre de la
Défense, a rendu sans complexe un vibrant «hommage
aux combattants de la ''république sociale de Salò''
qui restèrent fidèles au Duce et à son allié
nazi».

L'actuel maire «post-fasciste»
de Rome, Gianni Alemanno à l'époque où il dirigeait
le Fronte della Gioventù, l'organisation de jeunesse du Mouvement
social italien (MSI), le parti néofasciste mussolinien. La
nostalgie de ce passé-là est aujourd'hui encore d'actualité
– Photo : Archives RésistanceS.
Fascisme, droite liberticide et mafia
Lors d'une interview accordée au «Corriere della
Sera» (715.000 exemplaires), Gianni Alemanno, le maire de la
ville de Rome et l'un des leaders de la tendance radicale de l'Alliance
nationale, déclara : «Je ne considère pas
et je n'ai jamais considéré le fascisme comme le mal
absolu». Le quotidien de la bourgeoisie industrielle italienne
rappela à l'occasion de cet entretien qu'Alemanno porte toujours
aujourd’hui autour du cou une croix celtique, le «symbole
néofasciste»... comme à l'époque où
il dirigeait le Fronte della Gioventù (Front de la jeunesse),
l'organisation de jeunesse du défunt du Mouvement social italien.
Comme les lecteurs du «Courrier
international» pourront le constater à la lecture de
ce dossier italien : le programme du gouvernement d'ultradroite berlusconien
pratique de manière étatique une politique nostalgique
du passé fasciste du pays (par des opérations révisionnistes,
relativistes et négationnistes), néoconservatrice en
matière socio-économique (provoquant encore de plus
grandes inégalités entre les classes sociales) et liberticides
(un danger pour les libertés fondamentales de tous les Italiens).
Un programme idéologique désormais
d’application, et qui menace directement la liberté du
choix d'alternative économique, de pensée et d'expression.
En Italie, la démocratie est réellement en danger. Danger
accentué également par des coalitions underground entre
des représentants locaux du gouvernement berlusconien et des
barons totalitaires de la mafia...
Manuel Abramowicz
© RésistanceS – web-journal
de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be
– info@resistances.be – Article mis en ligne le samedi
13 septembre 2008.
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Le fascisme de
Mussolini sera-t-il en voie de réhabilitation en Italie berlusconienne
?
Sur
l'Italie, lire sur RésistanceS.be
•
Nicolas Sarkozy : modèle du post-fascisme
?
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derrière les «années de plomb» italiennes
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Gomorra
Le pouvoir, l’argent et le sang. Telles sont les «valeurs»
avec lesquelles les habitants de la province de Naples et de Caserte
doivent se confronter chaque jour. En fait, presque toujours, les
gens n’ont pas le choix, presque toujours ils sont forcés
d’obéir aux règles du système, la Camorra,
et il faut avoir une sacrée chance pour pouvoir seulement penser
à mener une vie «normale». Et, dans ce paysage
de violence, dans ce monde impitoyable, apparemment loin de la réalité
mais en effet profondément ancré dans ce pays, cinq
histoires s’entrecroisent...
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