RésistanceS.be 28-10-2013

EXCLUSIVITÉ Réorganisation de l'extrême droite francophone
(suite et pas fin)



Création d'un nouveau Front wallon pour les élections de 2014


Depuis deux ans, Marine Le Pen a lancé des actions judiciaires pour faire interdire en Belgique l'utilisation du nom et du sigle de son parti. Résultat : le « frontisme national » dans notre pays a implosé totalement. Des fractions survivantes se livrent à une « guerre de clans » sans merci. Issue du FN belge, la Fédération des nationalistes wallons (FNW) vient de créer le Front wallon. But : être présent aux prochaines élections. Ce mardi, une réunion aura lieu, à Liège, avec plusieurs micro-partis d'extrême droite, de droite nationale et populistes pour tenter d'y parvenir.
 
PAR MANUEL ABRAMOWICZ
Rédaction RésistanceS.be

 



La Fédération des nationalistes wallons (FNW), fondée en 2009 en marge du Front national belge, se présentait jusqu'aux élections de 2012 sous les traits du FN wallon © Doc : Archives RésistanceS.be


Dans l'objectif de d'abord se réimposer dans le paysage politique, ensuite de se hisser à la première place de ce dernier et enfin d'arriver au pouvoir, Marine Le Pen , dès sa prise de contrôle total de l'appareil dirigeant du Front national français, en janvier 2011, s'est lancée dans une campagne visant à dédiaboliser son parti politique, à le « dé-jean-marie-lepéniser ». Accusés de sympathies nazies, des membres, des élus et des cadres seront exclus, bien qu’ils soient toujours soutenus par son paternel ; ce dernier porte désormais le titre de « président honorifique » du parti d'extrême droite, qu'il avait cofondé en 1972 sous la houlette du mouvement néofasciste Ordre nouveau, notamment avec des anciens collaborateurs pronazis. Sa fille et ses lieutenants, des bureaucrates aux allures de « commissaires politiques » dignes de l'époque staliniste, se sont lancés dans une véritable et sournoise réécriture révisionniste et négationniste de l'histoire du FN.  


Front wallon : cartel de micro-partis
En Belgique, l'épuration frontiste aura également lieu. Des actions judiciaires seront enclenchées contre ceux qui continuaient dans notre pays à se revendiquer du FN belge, à utiliser le nom, le sigle et l'image du parti de Marine Le Pen. C'est le cas de la Fédération des Nationalistes Wallons (FNW) qui se faisait passer, encore aux dernières élections communales en octobre 2012, pour le FN wallon. C’est pour cette raison que le président-cofondateur de la FNW, l'ancien député frontiste Charles Petitjean, a été condamné, il y a quelques jours, par le tribunal civil de première instance de Liège .

Issue en 2009 du Front national « réformé » (mené par un des « clans frontistes » venant du FN de Daniel Féret qui avait implosé définitivement en 2007), la FNW fondait en mai dernier une ASBL dénommée Rassemblement Bleu Marine (RBM). Une référence explicite au RBM mis en place en France par le parti d'extrême droite de Marine Le Pen pour rassembler dans son giron les transfuges venant d'autres chapelles politiques. C'est le cas, par exemple, de l'avocat Gilbert Collart et du journaliste Robert Ménard .

En prévision d'une condamnation possible leur interdisant l'utilisation du nom Rassemblement Bleu Marine, le président de la Fédérations des nationalistes wallons, Charles Petitjean, et son secrétaire général, Salvatore Russo, ont rebaptisé préventivement leur RBM en Front Wallon (FW). La modification officielle a été actée le 14 octobre dernier par les services administratifs du Moniteur belge, le journal officiel des institutions nationales, des entreprises, des coopératives et des ASBL.





Extrait d'un des sites de la Fédération des nationalistes wallons (FNW) à la base aujourd'hui du Front wallon © Doc : Archives RésistanceS.be


Avec leur nouvelle structure d'extrême droite, les chefs de la FNW ont l'objectif de déposer des listes électorales pour les élections régionales, législatives et européennes du 25 mai prochain. Le Front wallon devrait s'y présenter sous la forme d'un cartel électoral. Pour y parvenir, des négociations auraient déjà été entamées avec des micro-partis de droite nationale, d'extrême droite et populistes ou dans tous les cas avec des « cadres » de ceux-ci à titre individuel.

Sont notamment cités : la branche liégeoise du Nouvel Elan Wallon (NEW), le Parti des Pensionnés (PP), l'Entente Démocratique Belge (EDB) active dans la commune liégeoise de Saint-Nicolas, la Nouvelle Wallonie Alternative (NWA), les animateurs namurois du blog « Citoyenneté et Résistance » (déjà liés à la FNW) et également des membres du Front National belge (« canal historique »). Le web-journal RésistanceS.be a contacté ce week-end plusieurs responsables de ces formations politiques pour avoir une confirmation de leur engagement possible au FW. A l'heure où cet article était bouclé, de leur côté c'était toujours le silence radio.


Le 25 mai : rude concurrence
Ce mardi, une réunion de travail du Front wallon aura néanmoins lieu à Liège. Ses convives seront-ils tous présents ? Cette rencontre débouchera-t-elle sur un accord qui permettra au « nouveau front » en question une présence l'année prochaine aux scrutins ? Les dirigeants de la Fédération des nationalistes wallons sont persuadés de la réussite de leur nouvelle opération. Ils devront cependant faire face à la concurrence. Effectivement, d'autres groupuscules venant du « frontisme national belge » ou de sa périphérie tentent des rassemblements politiques similaires en vue des mêmes élections.

C'est notamment le cas du FN belge « canal historique » qui a annoncé, le 17 octobre dernier, que « des listes seront déposées dans toute la Wallonie et à Bruxelles » avec le ralliement de « plusieurs petits mouvements populistes, de droite radicale ou d'extrême droite » (sic). Pour sa part, le Parti Pour L'Unité et la Solidarité (PPLUS), fondé il y a quelques mois par Pierre Renversez, le « Monsieur anti-Islam » en Belgique et ancien cadre du FN de Daniel Féret, vient de lancer l'Alliance Patriotique (AP), également avec d'autres micro-partis. Pour éviter l’éparpillement des voix aux prochaines élections, ce nouvel avatar à la « droite de la droite » prévoit une répartition des circonscriptions électorales entre ses membres.

En cas de réussite de leur réorganisation et la récolte suffisante de milliers de signatures de citoyens (condition pour les petits partis pas encore représentés de déposer des listes électorales), ces fronts et alliances seront en nombre le 25 mai 2014. La concurrence y sera rude et leur chance de réussite dès lors plus limitée. 


MANUEL ABRAMOWICZ
Rédaction de RésistanceS.be

 

 


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© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 28 octobre 2013.

 


Les deux articles de cette
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