[HOME] [INFOS]

Portrait d’une direction
« politiquement correcte »

Au sommet du mouvement Nation

Lors de sa deuxième « Journée pour la Nation », une sorte de mini-congrès interne tenu le 25 novembre 2000, la centaine d’adeptes de ce groupuscule a élu ses trois secrétaires nationaux, soit sa direction. Son mensuel « Nation-Info » du mois de décembre présentera ceux-ci de manière très « politiquement correcte », occultant notamment les nombreux mouvements extrémistes auxquels ils appartenaient jusqu’à un passé récent. Heureusement, RésistanceS est là pour rétablir la vérité et combattre ce « révisionnisme ». Voici les portraits des principaux responsables et « éminences grises » de Nation, un groupuscule à l’extrême droite de l’extrême droite…

Hervé Van Laethem
Secrétaire national du mouvement Nation, il en est également l’initiateur et le « numéro un ». Condamné en 1997 pour racisme, c’est un dirigeant d’extrême droite de longue date. Il débuta sa carrière militante en 1982 et passa par les directions de plusieurs chapelles nationalistes, ouvertement néonazies, antisémites et négationnistes pour la majorité d’entre elles : le Parti européen (EPE), le Mouvement européen, le Vlaamse militanten orde (VMO), le VMO-Bruxelles, le groupe l’Assaut, le comité Bruxelles-Identité-Sécurité (BIS), le Front nouveau de Belgique (FNB), la rédaction de « Polémique-Info »… Van Laethem, à l’époque où il dirigeait encore les néonazis de l’Assaut, négocia un accord électoral, pour les élections législatives de 1991, avec le Front national du docteur Féret. Nostalgique et fidèle de feu le général SS Léon Degrelle, l’actuel chef de Nation fait encore partie d’un réseau néonazi européen. Il est par exemple, le correspondant belge de l’Unité radicale, un groupuscule préconisant l’unité des nationalistes français et qui vient d’apporter son soutien officiel à Robert Faurisson.

degrelle.jpg (5932 bytes)

Hervé Van Laethem, « créateur » de Nation (sic) fut l’un des derniers « bras-droits » en Belgique de l’ex-Chef SS Léon Degrelle. Jusqu’à sa mort en mars 1994.

Récemment condamné, ce dernier est le gourou principal de la secte politique qui nie l’existence du génocide commis par la dictature nazie. Pour sa part, Nation avait déjà pris la défense d’un autre négationniste. Effectivement, le mouvement d’Hervé Van Laethem apporta son soutien à Roeland Raes, vice-président du Vlaams Blok (de 1978 à février 2001), lorsque celui-ci suscita une polémique après ses propos pro-négationnistes tenus devant les caméras d’une télévision hollandaise. Il faut savoir que depuis le début des années quatre-vingt, Van Laethem et Raes fréquentent la même mouvance politique.

Michel Dumoulin
Deuxième larron du secrétariat national de Nation, ce professeur de néerlandais de Bruxelles est l’un des « créateurs » du mouvement (dixit « Nation-Info » de décembre 2000). Il en est également le responsable de la section d’Anderlecht (Bruxelles), son porte-parole national, le rédacteur en chef de « Nation-Info » (son mensuel officiel) et l’animateur de divers comités d’action. En effet, afin d’avoir une ampleur plus généraliste, Nation a mis sur pied trois groupes thématiques (Résistance verte, comité Nationalistes contre l’OTAN et Comité pour l’expulsion des faux réfugiés). Dans un entretien accordé aux néonazis des Vlaamse jongeren Mechelen (VJM), il affirmera que Nation ne voulait « pas devenir une « armée mexicaine » », faisant sans doute référence à la situation bien connue du FN et du FNB.

nationag.jpg (28213 bytes)

La direction de Nation est liée aux Vlaamse Jongeren Mechelen (VJM) qui édite ce journal. Les VJM, essentiellement constituées de skinheads, scandent « België Barst »… que la Belgique crève !

Auparavant, il fut l’assistant parlementaire de Marguerite Bastien et membre de la tendance du FNB qui rassemblait les purs et durs. Michel Dumoulin est encore un adepte inconditionnel de Daniel Leskens, un poète « identitaire » bruxellois, membre de la direction du Front de la jeunesse dans les années quatre-vingt, ensuite chef du FN d’Anderlecht, fondateur de l’association des Amis de Drieu-La-Rochelle et rendu célèbre quand la RTBF en diffusa des images urinant sur des tombes juives lors d’un rassemblement d’anciens de la SS.

Grégory Bourguignon
C’est le troisième secrétaire national du mouvement Nation et leader de sa section du Hainaut occidental. Comme la majorité des membres de ce groupuscule, Grégory Bourguignon a fait le tour de l’ensemble des tribus de l’extrême droite francophone. Au début des années nonante, il milite dans les rangs d’AGIR et sera l’un de ses candidats pour les élections communales et provinciales de 1994. Après l’implosion de ce parti nationaliste wallon, il rejoint les dissidents du Front national qui mettent en place une nouvelle formation, le Front nouveau de Belgique.

fnblogo.jpg (9491 bytes) La plupart des dirigeant(e)s de Nation sont passés par la direction du Front nouveau de Belgique, un groupuscule de droite nationaliste belge et libéral.

Plus tard, il dénoncera « les immondes tractations (…) entre les deux fronts nationaux belges » qui devaient, selon lui, aboutir « immanquablement à une alliance politico-mafieuse dans la plus stricte tradition belge » (1). C’est pour cette raison et pour « combattre la particratie » ainsi que les « razzias des bandes ethniques » qu’il va rejoindre, vers 1998, le mouvement REF d’Hubert Defourny. Peu de temps après, le conseil général de ce parti-mouvement groupusculaire va nommer Bourguignon responsable de la direction de sa section de Mouscron. Cependant, quelques mois plus tard, il se rapprochera du Front national, qu’il venait de dénoncer pourtant. Aux élections législatives de juin 1999, il récoltera 169 voix sur la liste du FN déposée dans la circonscription de Tournai-Ath-Mouscron. Aujourd’hui, à Nation, il dirige également les comités « Résistance verte », un pseudopode de ce mouvement engagé sur le terrain écologique.

Micheline Gils
Cette ancienne femme de ménage rejoindra, au début des années nonante, le Front national de Daniel Féret. Elue frontiste à Ixelles (Bruxelles), en 1994, elle fit partie du mini-putsch organisé, l’année suivante, par la députée fédérale Marguerite Bastien (ex-PRL). Tout en militant avec les anciens du groupe néonazi l’Assaut, Micheline Gils participa activement à la création du Front nouveau de Belgique. En septembre 1997, à Bruges, elle défilait contre l’immigration avec des nostalgiques flamands, hollandais et français du national-socialisme. Les statuts de l’asbl fondatrice de Nation mentionnent qu’elle fait partie du noyau fondateur de ce nouveau parti. Elle dirige entre autres sa section ixelloise et sa feuille de chou locale, « Racines & Nation », singularisée par des appels réguliers à la discrimination. Dans le cadre du comité Nationalistes contre l’OTAN, elle se chargera de l’opération « SOS civils de Serbie », au moment des raids de l’aviation atlantiste contre les principales villes serbes. Les statuts de Nation stipulent encore que Micheline Gils en est la trésorière.

Antonio Ferrera
Editeur responsable de « Nation-Info » (le mensuel officiel du mouvement), il faisait partie d’un groupe d’extrême droite informel constitué de jeunes portugais de Saint-Gilles (Bruxelles) bien avant la création de Nation. Un groupe habitué des coups de poing contre d’autres jeunes issus de l’immigration. C’est dans un café des environs de son domicile saint-gillois que Nation se réunit tous les jeudis soir.

ferrera03a.jpg (47119 bytes)

Antonio Ferreira (avec la veste beige, à droite, au premier plan et avec un brassard du service d'ordre) à une manifestation néonazie à Bruges en 1998. (photo www.antifa.be)

Didier Hendricx (alias Robert Ervin)
Spécialiste de l’Islam, cet ancien étudiant en journalisme de l’Université libre de Bruxelles procure à l’extrême droite, depuis les années quatre-vingt, des argumentaires servant à justifier leur maladif racisme (la haine des autres pour camoufler leur haine de soi). Didier Hendrick est un auteur prolixe qui cache son vomi littéraire sous des formules codifiées servant à insulter ceux qu’il déteste par-dessus tout. Mais les odeurs restent, depuis qu’il a commencé à écrire dans la presse « identitaire ». Il collaborera à « Vouloir » (une revue dissidente de la Nouvelle Droite), à « L’Anneau » (éditée par le chef d’un groupuscule néonazi contrôlé par des anciens Waffen-SS flamands liés eux-mêmes au Sint-Maartens fonds, la fameuse amicale nazie qui fit démissionner le ministre flamand Johan Sauwens), à « Europe Nouvelle » (héritier du précédent), à « Nation-Europe » (le journal du Parti communautaire national-européen) et au « Bastion » (le mensuel du Front nouveau de Belgique). Lié à Thule-Sodalitas (une secte apologétique de la tendance païenne du parti national-socialiste allemand), dans l’anonymat, il faisait partie de la direction du Front nouveau de Belgique jusqu’aux révélations faites par la revue « RésistanceS » sur sa véritable identité (2). Depuis lors, il est devenu une référence de Nation et l’un des piliers de « Devenir », une « revue d’information européenne » fondée par Hervé Van Laethem, ayant le même titre que le journal de la SS française durant la Deuxième guerre mondiale et lieu de débat idéologique pour Nation. Sous le nom de Robert Ervin, il collabore maintenant aussi à « Renaissance européenne », un petit canard réalisé par des activistes de la bannière wallonne de Terre et Peuple, la tendance néopaïenne et « volkisch » (adepte du racisme biologique) du Mouvement national républicain de Bruno Mégret.

Frédéric Kisters
Il est l’éditeur responsable et l’historien de service de « Devenir », décrite par des « camarades français » comme étant la « revue théorique » du mouvement Nation. Durant ses études en Histoire à l’Université catholique de Louvain (UCL), il dirigeait la section étudiante locale d’AGIR. Partisan de la « révolution européenne », bien avant l’implosion de ce groupuscule wallon d’extrême droite, Frédéric Kisters prit sa carte au Parti communautaire national-européen (PCN), une structure électoraliste d’obédience nationale-bolchévique et radicalement hostile à « l’extrême droite libérale ». Rapidement, il deviendra le bras droit de Luc Michel, le président de ce drôle de parti venant de l’extrême droite classique, se revendiquant du nationalisme-révolutionnaire et qui adopta à la fin du siècle dernier un tournant léniniste).

pcnmilo.jpg (21373 bytes) Couverture de l’un des journaux récemment publiés par le PCN. L’éditeur responsable de « Devenir », la revue théorique de Nation, est l’ancien numéro deux de ce parti européen national-bolchévique lié aux dernières formations staliniennes de l’ex-Bloc soviétique.

Il s’occupera notamment du secrétariat de rédaction de « Nation-Europe », l’organe officiel du PCN. C’est dans ce cadre-là, qu’il côtoiera, en 1994, Robert Ervin, la future « éminence grise » de Nation. Ainsi que David Vercruysse, militant flamand de la Nouvelle Droite néonazie, fils d’un professeur de l’Université libre flamande de Bruxelles (VUB) et qui sera le premier condamné belge pour négationnisme, en novembre 2000. Malgré son ascension fulgurante dans les sphères dirigeantes du PCN, Frédéric Kisters en fut exclu selon ce parti (pour une affaire de mœurs !), le quitta selon lui (suite à une « magouille » financière interne au PCN !). Entre temps, il a rejoint étrangement la mouvance politique animée par Hervé Van Laethem. Ironie du sort, quelques années auparavant, lorsque le PCN avait lancé une campagne énergique pour dénoncer ce « dirigeant néonazi », une contre-campagne de délation avait été enclenchée à l’encontre de Frédéric Kirsters en personne, dans le but de le faire passer pour un néonazi. Des dizaines de tracts affirmant cela avaient d’ailleurs été distribués dans son quartier dans le but qu’il se fasse « accrocher » par ses voisins immigrés.

S.H.
RésistanceS – 7 juillet 2001

Grégory BOURGUIGNON : « Une section REF à Mouscron », in « Refractaire », n° 2, septembre 1998, p. 5.

« Un Ervin à découvert », in « RésistanceS », n° 7, été 1999, pp. 10-12.

A lire également sur Nation :

bol.gif (263 bytes) Persistance des liens entre Nation et le néonazisme (24/03/2005)
bol.gif (263 bytes)
Le « mouvement » Nation: au bord de l’implosion (16/03/2004)
bol.gif (263 bytes) Les liens de l’extrême droite raciste avec l’Islamisme radical… (06/03/2003)
bol.gif (263 bytes) Nation devra répondre de son racisme (24/01/2003)
bol.gif (263 bytes)
Portrait d’une direction « politiquement correcte » (07/07/2001)
bol.gif (263 bytes) Qui ? Où ? Comment ? Carte d’identité du mouvement Nation (07/07/2001)
bol.gif (263 bytes) Le mouvement Nation décapité ? (03/07/2001)
bol.gif (263 bytes) Les réponses politiquements correctes d’Hervé Van Laethem (04/2001)
bol.gif (263 bytes)
Enquête sur Intifada européenne. (02/2001)
bol.gif (263 bytes) Robert Ervin, un idéologue de la « race blanche ». (1999)