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Le mouvement Nation Plusieurs perquisitions ont récemment eu lieu chez les dirigeants de Nation. Des armes et de la propagande racistes furent saisies. Il se pourrait également que ce groupuscule dextrême droite francophone soit au cur dun règlement de compte interne au mouvement nationaliste. Résumé et explication de la situation. Au début de cette année, dimmondes tracts sattaquant aux demandeurs dasile étaient distribués par le jeune mouvement Nation dans plusieurs communes de la capitale et à Liège. Il y a environ un mois, le même groupuscule dextrême droite bruxello-wallon commençait une campagne de propagande de grande ampleur contre le « racisme anti-belge et anti-wallon ». Cette campagne avait un autre but : recruter de nouveaux militants pour renforcer les noyaux de base actuels. « Nation-Info », lorgane de ce groupuscule annonçait que plus 100.000 tracts et 10.000 autocollants avaient été réalisés à cette occasion (chiffre exceptionnel pour un groupe francophone, mais sans doute haussé à des fins de propagande, dans la plus pure tradition de la « guerre psychologique »). Des premières distributions furent entamées, au début du mois de juin, à Bruxelles et dans la région liégeoise. La dénonciation du racisme anti-belge (qui existe aussi, le racisme étant un fléau généralisé, et fut signalé par le Centre pour légalité des chances et la lutte contre le racisme bien avant la campagne de Nation) prenait néanmoins un virulent caractère raciste à légard des principales victimes de ce « sida politique ».
Le Centre pour légalité des chances et la lutte contre le racisme, lorganisme fédéral chargé notamment de faire appliquer la loi antiraciste (qui aura 20 ans le 30 juillet prochain), portera plainte contre les tracts de Nation. La justice passe à laction Pour lheure, cette action de la justice bruxelloise est un véritable coup dur pour Nation. La confiscation de son matériel informatique, de son stock de tracts, de ses documents internes (dont sans doute les fichiers des adhérents de Nation) et adresses de contact vont sérieusement mettre un frein à ses activités qui étaient de plus en plus régulières ces derniers mois. Cest dire que le développement structurel et sur le terrain de ce groupuscule est, aujourdhui, sérieusement remis en cause. Pourquoi Nation ? Le développement et limportance grandissants que Nation prenait sur la scène nationaliste francophone irritait de plus en plus ses concurrents dextrême droite. Ses ennemis au sein de ce petit monde sont bien plus nombreux que ceux quil compte en-dehors de cet univers. Le plus acharné contre Nation est Hubert Defourny, lex-vice-président dAGIR et « fondateur » du mouvement REF. Le dernier numéro de « Réfractaire », le journal intemporel de ce dernier, sen prenait une nouvelle fois personnellement à Hervé Van Laethem. Or, jusquen septembre 1999, lancien militaire de carrière Hervé Van Laethem et lex-gendarme Hubert Defourny étaient inséparables. Ils cultivaient, notamment, la même passion pour certains repères clés de lHistoire de lEurope. Quand AGIR agissait sous les ordres de Hubert Defourny, le groupe néonazi et antisémite lAssaut - mené par Hervé Van Laethem à cette époque - venait souvent lui prêter main forte dans les coups durs.
En juin 1996, lactuel numéro un de Nation soutiendra lorganisation dune rencontre européenne dextrême droite organisée dans lun des sanctuaires de REF. Selon des photographies souvenirs en notre possession, cette rencontre aux accents druidiques avait un style très paramilitaire. Des nervis y portaient des tenues de camouflage et autres accessoires militaristes. De concert, Defourny et Van Laethem planifièrent encore, entre 1995 et 1997, une opération dentrisme dans le Front nouveau de Belgique en vue den prendre les rênes. Sans succès. Règlement de compte contre Nation ? Ce dernier a encore dautres nombreux adversaires au sein de cette famille politique étrange et perturbée. Alain Escada, le directeur-fondateur du journal amateur « Polémique-Info » et ancien porte-parole du FNB, en coulisses, est lun de ceux-ci. Le président-fondateur du Front national, Daniel Féret, et certains de ses derniers acolytes, Marguerite Bastien (la présidente-fondatrice du FNB) ainsi que létat-major bruxellois du Vlaams Blok considèrent Nation comme un danger électoral potentiel. Parce que super bien organisé et séduisant - de jour en jour - certains de leurs cadres. Georges-Pierre Tonnelier, ex-FN et actuel collaborateur de Bastien, plaide depuis des mois, avec son ami Jean-Marie Boland (conseiller communal FNB à Verviers) pour une alliance avec le groupuscule de Van Laethem. Jean-Marie Boland était même défini, par « Le Bastion » (le mensuel du FNB), comme étant un « ami personnel » dHervé Van Laethem. Ses amitiés particulières dérangeaient de façon croissante la fraction majoritaire du nouveau FN. Un mois après la création de Nation, « Le Bastion » se posait, en guise de rappel à lordre, cette question à son propos : « encore un nouveau « machin » pour nous diviser ? ».
La justice, pour mener à bien ses perquisitions contre ce mouvement dérangeant la droite nationaliste « institutionnalisée », aurait donc été tuyautée par dautres nationalistes, selon certaines informations que nous avons recueillies. Cette hypothèse tient la route. Objectif des délateurs : paralyser le mouvement Nation pour plusieurs mois, voire plusieurs années. Jusquaux prochaines élections par exemple. Les règlements de compte chez les nationalistes ne sont pas terminés. Cela se terminera-t-il comme un remake belgo-francophone de la « Nuit des longs couteaux » ? Simon HARYS
RECTIFICATIF
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REMARQUE REACTUALISATION du 31 novembre 2008 : Georges-Pierre Tonnelier n'est plus d'extrême droite CLIQUEZ
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