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Dans les coulisses de l’extrême droite francophone Le
« mouvement » Nation:
Manifestation néonazie flamande à Bruges, en 1998. Grégory Bourguignon, secrétaire général de Nation, jusqu’au 14 mars dernier, y était aussi (à gauche du vieux néonazi en cravate), avec d’autres fondateurs de ce groupuscule bruxello-wallon (photo : www.antifa.be)
Le groupuscule Nation est au bord de la crise interne. Il est en voie de « féretisation ». Afin de maintenir le cap et de sauver les meubles, sa direction vient d’opérer une « purge stalinienne » en remettant à Grégory Bourguignon, le numéro 3 du mouvement, son C4. Les remous internes et les départs ne font que commencer. Le mouvement Nation va rejoindre la catégorie des « groupuscules en voie de disparition ». Cependant, l’exclusion de Grégory Bourguignon pourrait n’être qu’un subterfuge pour « infiltrer » le Front national et permettre demain à Nation d’avoir son premier élu. Explication. Il y a quelques jours, nous avons appris l’exclusion officielle des rangs du mouvement d’extrême droite Nation (fondé en 1999 par des dissidents du Front nouveau de Belgique, des déçus du Front national et les restes du groupuscule néonazi l’Assaut) d’un de ses trois dirigeants, le dénommé Grégory Bourguignon. Son crime ? Avoir entamé des discussion avec le Front national (FN) de Daniel Féret, en vue de le rejoindre. Selon ses « ex-camarades», Grégory Bourguignon aurait l’ambition de passer à « l’ennemi », notamment motivé par le bon score que vient d’obtenir le FN dans le sondage réalisé récemment par la RTBF et le quotidien « Le Soir ». Cette enquête d’opinion crédite le FN de plus de 8 % des voix en Wallonie (il est vrai que par rapport au score microscopique de Nation obtenu, en mai dernier, aux élections législatives, l’attrait du FN est évident pour pas mal de déçus par l’échec électoral cuisant subi par Nation). Par ailleurs, Bourguignon ne serait pas le seul à avoir pris contact avec le FN. D’autres activistes de Nation sont eux aussi désormais en négociation avec Daniel Féret. Un groupuscule en décomposition La crise actuelle qui ravage Nation - qui n’est d’ailleurs par la première (il y a quelque temps, une poignée de militants de Nation avaient déjà été exclus manu militari) - confirme que ce groupuscule est en voie de « féretisation » (du nom de Daniel Féret, le président à vie du FN belge, cette « maladie » est caractérisée par des crises importantes d’atomisation de toutes tentatives de structuration. La majorité des formations de l’extrême droite francophone est atteinte de « féretisation »). C’est-à-dire que comme le FN belge, Nation se vide désormais de l’intérieur. Résultat immédiat : le mouvement « entrée-sortie » ne se fait plus que dans une direction : on prend plus souvent la porte pour quitter Nation que pour y entrer. Bourguignon au FN : un subterfuge
?
Mais attention, il est aussi possible qu’une fois élu, Bourguignon quitte à nouveau le FN pour un autre parti (une habitude chez lui : voir ci-contre, à droite, notre encadré au sujet de son parcours militant)… et, pourquoi pas, Nation ! Il est vrai que certains indices laissent supposer que l’exclusion de Grégory Bourguignon pourrait n’être qu’une opération stratégique visant à permettre à Nation de bénéficier enfin d’un élu, via son élection sur la liste frontiste qui sera déposée dans le Hainaut. Daniel Féret a donc intérêt à ne pas accepter l’affiliation de Grégory Bourguignon, un homme qui a habitué l’extrême droite francophone à ses retournements de veste successifs… Alexandre VICK
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