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Enquête sur des néonazis « politiquement corrects » Persistance des liens entre Nation et le néonazisme
L’extrême droite est négationniste, relativiste et révisionniste. Chacun sait cela depuis belle lurette. Même si l’histoire de ce courant politique multiplie ses tentatives de travestissement de sa présentation publique. Multipliant les appellations, les marques de fabrique et autres labels, l’extrême droite se cache souvent derrière des noms volés à l’adversaire (c’est le cas de « Front national », appellation durant la Deuxième guerre mondiale de l’une des organisations communistes de résistance, ou de « Nouvelle résistance », nom de la branche paramilitaire de la Gauche prolétarienne, groupe maoïste français des années post-68), passe-partout (ainsi existait aux Pays-Bas le « Parti du centre »), « démocratisés » (en Allemagne, l’un des principaux partis néonazis se dénomme « Parti national-démocrate ») ou se revendique de « concepts politiques » vagues et pouvant donner lieu à diverses définitions (« droite nationale », « nationaliste-révolutionnaire », « identitaire »…). L’extrême droite n’aime pas qu’on lui rappelle sa vraie nature. C’est pour cette raison, que mordicus, elle tente de nier, relativiser et réviser sa propre histoire, ses origines et son véritable programme de société.
Les racines nazies de Nation
Lors de sa création, en 1999, Nation tentera de faire croire aux profanes qu’il ambitionne de faire de la « politique autrement » (sic) et se présentera comme étant « l’unique opposition, la seule alternative » (resic), tout en se qualifiant à ses débuts de « nationaliste-révolutionnaire ». Aujourd’hui, il se revendique comme « identitaire ». Et affirme représenter un mouvement démocratique, populaire et social. La réalité est tout autre… Des liens avec le néonazisme
toujours en 2005 En parallèle, Nation poursuit son « chemin du combattant » avec des organisations néonazies. C’est le cas à travers les activités du « comité Nationalistes contre l’Otan ». Le 20 février dernier, ce comité manifestait devant l’ambassade des Etats-Unis contre la visite en Belgique du président George Bush. Le meneur principal de ces « nationalistes » est, encore et toujours, Hervé Van Laethem. Plusieurs compte-rendus de cette petite manifestation ont été diffusés. Et Nation se réjouira de cette mobilisation militante, sans pour autant entrer dans les détails (1). Pour notre part, nous avons consulté un PV de ce rassemblement : le PV établi par « Bloed, Bodem, Eer Trouw », une revue publiée par des néonazis du Nord du pays. Celle-ci mentionne – contrairement aux informations « politiquement correctes » de Nation - qu’à la manifestation du 20 février, « B&H VL », « B&H NL » et la « NVU » étaient présentes aux côtés de Nation. Or, sous le sigle « NVU » se cache la Nederlands volksunie, un parti néonazi hollandais groupusculaire. « B&H » sont les initiales de « Blood and Honour », une organisation nazi-skin internationale, dont est issu un groupe paramilitaire clandestin à vocation terroriste : Combat 18 (1 pour la premier lettre de l’alphabet, 8 pour la huitième, soit AH, c’est-à-dire les initiales d’Adolf Hitler). « VL » et « NL » signifiant qu’il s’agissait des « divisions » flamande et hollandaise de B&H.
En Flandre, Blood and Honour Vlaanderen et la publication « Bloed, Bodem, Eer Trouw » alimentent et animent la « scène néonazie ». Ils participent à la diffusion d’écrits hors-la-loi et soutiennent les activités criminelles des « négateurs-nazis » de VHO. Le 19 mars dernier, ce groupe de skinheads nazis et sa revue organisaient un meeting pro-négationniste près d’Anvers. Parmi les orateurs annoncés, figurent des proches de l’ex-groupe l’Assaut (les néonazis Siegfried Verbeke et Christian Worch) et un dénommé S. Balland, représentant officiel de la « Délégation Wallonie » du Comité d’entraide aux prisonniers européens (CEPE). Le CEPE est une émanation des « Identitaires », l’organisation française modèle de Nation et de son ex-organe théorique « Devenir ». Comme par hasard… Le mouvement Nation, « alternative » autoproclamée au Front national, garde donc son ancrage dans les eaux profondes et peu mouvantes du pur et dur néonazisme. Simon HARYS (1) Lors de la manifestation néonazie contre George Bush du 20 février 2005, une centaine de militants de Nation, de la NVU hollandaise et des divisions néerlandophones de Blood and Honour était présente. Le lendemain, l’extrême gauche et la gauche altermondialistes rassembleront devant l’ambassade des Etats-Unis à Bruxelles entre 4.000 et 5.000 militants.
L’une des couvertures de « Bloed, Bodem, Eer Trouw ». Ce journal néonazi, antisémite, négationniste flamand préconisant des actions armées contre les « ennemis de la race blanche » est réalisé dans la mouvance de Blood and Honour Vlaanderen, l’un des partenaires politiques actuels de Nation (doc : Archives-RésistanceS »).
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