RésistanceS.be 11-11-2009

Dans la galaxie de van Severen


Les solidaristes flamands après 1945


Nationalistes indépendantistes en 1931, nationaux-belgicains monarchistes dès 1934, résistants ou collaborateurs pronazis durant l'occupation nazie, les solidaristes de Flandre vont poursuivre leur combat après 1945. Aujourd'hui, il existe toujours des disciples de Joris van Severen. Des plus «soft» aux plus radicaux.


Image de propagande du Voorpost, un groupe d'action fidèle au nationalisme flamand de van Severen. Les dirigeants-fondateurs de Voorpost sont également membres de la direction du Vlaams Belang.

Après la Deuxième Guerre mondiale, pour éviter d'être diabolisés, les adeptes flamands des théories de Joris van Severen mettront en place une organisation qui prendra une allure intellectuelle, sous le nom de Nationaal studie-en documentatiecentrum Joris van Severen (NSDC/JvS). Fondé officiellement en 1951 et localisé à Aartselaar, ce centre national d'étude et de documentation ne cachera pas son but : récupérer, développer et populariser à nouveau le corpus doctrinal du leader de l'ancien Verdinaso. Chaque année, au mois de mai, le NSDC/JvS organisera un pèlerinage à Abbeville pour commémorer son «assassinat». Parmi les collaborateurs du centre, figureront des proches ou des cadres du courant d'extrême droite qui donnera naissance en 1978 au Vlaams Blok, le nom d'origine du Vlaams Belang, l'actuel parti d'extrême droite indépendantiste flamand.


Adeptes «soft» et Nouvelle Droite
Le centre «van severeniste» collaborera aussi occasionnellement avec le Borms documentatie en aktie centrum (BDAC), un centre de documentation et d'action visant à cultiver la mémoire politique d'August Borms, un des plus illustres collaborateurs pronazis flamands, toujours honoré aujourd'hui par des dirigeants du Vlaams Belang. Outre ses contacts avec les ultras de la cause flamande, le NSDC/JvS entretiendra également des relations avec des groupes nationaux-solidaristes plus «soft» : la Oranjejeugd (Jeunesse orangiste), le groupement thiois Delta (fondé en 1964) et le mensuel bilingue «Kenmerk/L'Accent». En plus de ces groupes, notons qu'il existait et existera encore dans la «galaxie national-solidariste» d'autres mouvements, comme le Verbond Recht en Orde (apparu en juin 1960) ou le Dietse Solidaristische beweweging (créé en 1969).

Le NSDC/JvS fera place en 1996 au Studiecentrum Joris van Severen, une association sans but lucratif (ASBL) ayant le même objectif. Localisée à Ypres, en Flandre occidentale, ce centre d'étude organise chaque année un colloque et réalise un livre collectif en l'honneur du chef du Verdinaso, de son corpus doctrinal et des bienfaits de son organisation pour le «mouvement flamand» en général. Lors des colloques du Studiecentrum Joris van Severen prennent la parole des spécialistes, des amis, des membres de l'ASBL et d'autres partisans du leader historique de l'extrême droite flamande. C'est le cas de Luc Pauwels, ex-néonazi dans les années soixante devenu depuis un intellectuel de la cause national-flamande, meneur de la Nouvelle Droite en partie néerlandophone du pays et membre-dirigeant de l'ASBL Studiecentrum Joris van Severen.

Nouvelle Droite ?

Courant intellectuel d'extrême droite, né en France en 1969, sous l'égide du GRECE, le Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne. But : proposer une nouvelle stratégie aux nationalistes de la droite radicale pour arriver au pouvoir, en s'adaptant au contexte politique, social et culturel de l'époque. Depuis les années septante, Luc Pauwels est le correspondant officiel du GRECE en Flandre. Il y dirige la revue «TeKoS» («Teksten, Kommentaren en Studies») et l'institut qui l'édite, Deltapers.

Pauwels s'est chargé de mieux faire connaître en France, via le GRECE, le corpus idéologique élaboré dans l'entre-deux-guerres par Joris van Severen.

 

van Severen sans pincettes
Le Studiecentrum Joris van Severen continue de prendre des allures respectables et intellectuelles pour faire perdurer une idéologie qui fut en connexion avec le fascisme et qui se développa jadis sur le modèle nazi. D'autres néo-nationaux-solidaristes, encore actifs en 2009, abordent les thèses de van Severen sans pincettes. C'est le cas des dirigeants de la Nieuw solidaristisch alternatief (N-SA).

 


Sur Internet, le Studiecentrum Joris van Severen entretient et popularise toujours, en 2009, le corpus idéologique du dirigeant-fondateur du Verdinaso.

La N-SA est un tout petit mouvement qui rassemble les plus fanatiques de l'extrême droite flamande et quelques transfuges du Vlaams Belang. (un article de notre «dossier National-Solidarisme» est entièrement consacré à la N-SA, voir notre colonne de droite).

Comme nous venons de le montrer, le dirigeant du Verdinaso est resté une référence pour une majorité de l'extrême droite flamande, de son aile «modérée» à ses plus radicaux représentants. Considéré comme une erreur, son tournant «belgicain-monarchiste» est, lui, savamment occulté par ses disciples contemporains. Connus aussi comme étant des experts en révisions historiques.

Manuel Abramowicz



Joris van Severen à la Une de la presse nationaliste flamande.
En haut, de gauche à droite : couverture de l'organe du Vlaamse militanten orde (VMO) de 1974, une brochure éditée en 1983 par Were Di, un groupe de réflexion idéologique à la base du Vlaams Blok, et «TeKoS» (1996), le périodique de la Nouvelle Droite en Flandre.
En bas, de gauche à droite : les couvertures d'un numéro de «Branding» de 1997 (le bulletin de liaison du NSV, l'association d'étudiants d'extrême droite liée au Vlaams Belang), de «Breuklijn» en 2001 (le journal des VBJ, la section des jeunes du Vlaams Belang), et de l'édition 2009 de l'ouvrage annuel du Studiecentrum Joris van Severen.

 

© RésistanceS – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 11 novembre 2009.


 



En 1931, en Flandre, le national-solidarisme voyait le jour autour de Joris van Severen. Cette idéologie d'Ordre nouveau reste de nos jours exploitée par une partie de l'extrême droite flamande et francophone.

Ce nouveau dossier de RésistanceS.be vous présente le corpus, l'histoire, le développement et les partisans du national-solidarisme, de 1931 à nos jours.


Un dossier réalisé par Alexandre VICK, Wim HAELSTERMAN (correspondant en Flandre de RésistanceS.be) et Manuel ABRAMOWICZ.


Sommaire de ce dossier :

Au cœur de l'idéologie national-solidariste de van Severen

Au source du vrai solidarisme : Léon Bourgeois

Les solidaristes flamands après 1945

Les disciples francophones de van Severen

Autonome et national-solidariste : portrait de la Nieuw-solidaristisch alternatief (N-SA)



Le symbole du Verdinaso



Pour poursuivre ce dossier
lire aussi sur RésistanceS.be :

Le national-socialisme contre le socialisme

Were Di, Vlaams Blok,même combat !

Le VMO, toujours un exemple pour le Vlaams Belang


Sources et références de notre dossier

Pour réaliser ce dossier sur l'histoire, le développement et la survivance du national-solidarisme de Joris van Severen, RésistanceS.be s'est référé aux sources suivantes :

• Divers documents internes ou publics de mouvements solidaristes ou influencés par les thèses politiques de van Severen.

• «Les mouvements solidaristes», in «L'Extrême droite en Belgique (III)» d'Etienne Verhoeyen, «Cahier Hebdomadaire» n°715-716, du 26 mars 1976, Centre de recherche et d'information socio-politiques (CRISP), Bruxelles, 36 pages.

• «L'Ordre nouveau en Flandre : le Verdinaso», texte extrait du livre «Le Vlaams Blok» (édition française) de Hugo Gijsels, éditions Luc Pire, Bruxelles, 1994.

• «Le solidarisme : Léon Bourgeois» (page 887 à 891), notice de l'ouvrage «Histoire des idées politiques» de Marcel Prélot et Georges Lescuyer, éditions Dalloz, Paris, 1990 (dixième édition), 954 pages.

• «Les rats noirs – L'extrême droite en Belgique francophone» de Manuel Abramowicz, éditions Luc Pire, 1996, Bruxelles, 239 pages.

«Dictionnaire de l'extrême droite néerlandophone», RésistanceS.be


L'extrême droite en Flandre ?

Vous souhaitez plus d'informations sur le Vlaams Belang et les organisations d'extrême droite flamandes, consultez alors nos articles en français sur notre site, mais également les sites et blog des antifascistes flamands :

Site avec des articles d'analyse et d'actualité sur l'extrême droite en général, sur celle active en Flandre en particulier: Verzet.org


Blog actualisé quasi quotidiennement de l'Antifascistische front (AFF), organisation militante active à Anvers et dans d'autres villes flamandes depuis la fin des années 1970, animé par le responsable de notre rédaction en Région flamande, Wim Haelsterman.

Blokwatch n'est plus actualisé depuis la fin de l'année 2007, mais il est toujours en ligne. Vous y retrouverez une excellente «banque d'informations détaillées» sur l'extrême droite du Nord du pays. Avec en plus de superbes visuels antifascistes. Pour tout comprendre sur l'histoire du mouvement nationaliste d'ultra droite en Flandre, consultez donc Blokwatch.


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Affiche de RésistanceS, le web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite © asbl RésistanceS 2008