Portrait
de la Nieuw-solidaristisch alternatief (N-SA)
Autonome et national-solidariste
En Flandre, depuis 2007, des radicaux de l'extrême droite
se rassemblent à la N-SA. Objectif : construire un mouvement
d'action nationaliste, autonome et révolutionnaire. Opposée
à l'«évolution capitaliste» du Vlaams Belang,
la N-SA prône le retour au national-solidarisme. Mais, les lapsus
sont réguliers. Le national-socialisme d'Adolf Hitler est ainsi
cité...
Par Wim HAELSTERMAN
Responsable de la rédaction flamande de RésistanceS.be

Drapeau et militants de la Nieuw-solidaristisch
alternatief (N-SA), lors d'une manifestation néonazie aux Pays-Bas
qui se déroula, en été dernier, sur le modèle
«black bloc» de l'extrême gauche autonome.
La Nieuw-solidaristisch alternatief (N-SA), qui signifie en français
Nouvelle alternative solidariste, se profile comme une «fédération»
de groupes et d'individus partageant le même projet politique.
La N-SA est apparue en octobre 2007,
lors d'un congrès de fondation organisé dans la commune
de Hamme. A son origine, se trouve la Vlaamse Jongeren Westland (VJW),
une petite organisation d'extrême droite regroupant des jeunes
nationalistes radicaux, encore plus extrémistes que ceux du
Vlaams Belang (VB, anciennement : Vlaams Blok), le parti d'extrême
droite flamand. Sous sa forme fédérative, la N-SA attirera
d'autres groupuscules : la Vlaamse Jongeren Noordland (VJN, qui était
déjà liée à la VJW), l'association Eurorus
de Kris Roman (ex-Vlaams Blok qui passa ensuite au Front national,
puis au Front nouveau de Belgique), les éco-fascistes de Groen
rechts et les derniers adhérents des JongerenAktief (JA), issus
du Vlaams Blok.

A gauche, Eddy Hermy, stratège de la
N-SA, lors d'une récente manifestation de ce mouvement ©
TV VRT «Eén».
Son idéologue : un ex-mao !
Constituée de déçus, d'exclus ou d'opposants
du VB, la N-SA s'est offert les services d'un pensionné qui
lui sert d'idéologue, Edouard, dit «Eddy», Hermy.
Dans sa jeunesse, celui-ci milita à Amada (Tout le pouvoir
aux ouvriers), l'organisation maoïste à la base en 1979
du Parti du Travail de Belgique (marxiste-léniniste). Mais
très vite, Eddy Hermy franchit le Rubicon pour rejoindre l'extrême
droite radicale de l'époque, le VMO et le Vlaams Blok. Les
actions musclées des néonazis contre les adversaires
du «mouvement nationaliste» lui sont familières.
Considéré comme trop bavard, il fut exclu du VB. Hermy
y sera réintégré en 1998, avant d'être
à nouveau mis hors du parti d'extrême droite flamand.
En 2000, aux élections communales, il déposera, à
Ostende, sa propre liste électorale «Burgerinitiatief»
(Initiative Citoyenne). Elle récoltera un résultat ridicule.
C'est ce Eddy Hermy qui encadre désormais
le développement idéologique et stratégique de
la Nieuw-solidaristisch alternatief.
Nationalistes autonomes et «Black blocs»
La N-SA agit comme un groupe d'action nationaliste. Elle
s'intègre dans la mouvance «nationaliste autonome»,
très active en Allemagne, en Hollande, en Italie et dans plusieurs
pays de l'Europe de l'Est. Cette mouvance d'extrême droite s'inspire
directement de la stratégie «Black Bloc» des groupes
révolutionnaires d'ultragauche ou libertaires, agissant actuellement
dans les manifestations altermondialiste. Certains slogans de la N-SA
sont populistes et visent à la faire passer pour un mouvement
rebelle : «Voor ons volk, tegen het kapitaal!» (Pour notre
peuple, contre le capital), «Het identitair en revolutionair
verzet!» (La résistance identitaire et révolutionnaire),
«Weg van de Wetstraat, op naar de Volksstaat !» (Contre
le rue de la loi [siège du gouvernement fédéral],
en route pour l’Etat populaire)... Mais, fidèle à
son héritage politique, elle reprend des slogans qui furent
jadis également ceux du Vlaams Blok ou de l'extrême droite
classique : «Eigen Volk Eerst!» (Notre peuple d'abord),
«Europa aan de Europeanen!» (L'Europe aux Européens)...
Fort active sur le terrain militant,
la Nieuw-solidaristisch alternatief ne regroupe cependant que quelques
dizaines d'adhérents au maximum. Lors d'une manifestation qu'elle
organisa à Gand, en décembre 2008, ils étaient
moins de 70 manifestants à être présents. Malgré
cet échec patent de mobilisation, la N-SA brandit officiellement
le chiffre de 120 participants. Signalons tout de même qu'il
se trouve souvent des «camarades» d'autres organisations
dans les rangs de ses manifestations, les grossissant ainsi. Parmi
ces «compagnons de route» de la N-SA : des activistes
du NSV (association corporatiste d'étudiants, liée au
Vlaams Belang), des naziskins «indépendants», les
francophones belges du mouvement Nation et les Lillois des Jeunesses
Identitaires.
Malgré une présence visible
sur le terrain (en réalité surtout sur Internet), le
recrutement de nouveaux militants est faible. Le turn-over est important
entre les adhésions et les départs de membres. Bien
qu'elle se présente comme une nouvelle organisation, avec des
bases fondatrices décrites comme solides, la N-SA connaitra
très vite des dissensions internes. Groupusculaire, l'organisation
nationale-solidariste reste fort isolée dans le paysage politique
flamand.

Quelques exemples de la propagande, de slogans
et du logo de la Nieuw-solidaristisch alternatief.
Opposés aux «nationaux-capitalistes» du
Belang
La N-SA défend officiellement l'idéologie national-solidariste,
en référence à Joris van Severen, un des plus
importants théoriciens et leaders de l'extrême droite
flamande des années trente. Les orientations politique et idéologique
de la Nouvelle alternative solidariste sont résumées
dans son manifeste «Wat zijn en wat willen de Nieuw-Solidaristen»
(Qui sont et que veulent les nouveaux-solidaristes).
Adoptant et utilisant encore des termes
en vogue dans son milieu politique - «nationalisme-révolutionnaire»
ou «Troisième voie» par exemple -, la N-SA a la
prétention d'affirmer qu'elle représente une alternative
aux mouvements et partis dits «nationaux-capitalistes»
(sic). Pour elle, le Vlaams Belang fait entièrement partie
de cette catégorie politique. Dès lors, la N-SA se profile
comme étant de nature rebelle, affirme préférer
le solidarisme au capitalisme, pour le bien du peuple contre celui
du capital.
Lapsus : national-solidariste
ou national-socialiste ?
Dans ce jeune mouvement, le naturel revient bien vite au
galop. L’un des dirigeants la N-SA, un an avant la création
de cette dernière, figurait sur la liste des candidats du Vlaams
Belang aux élections communales de 2006. Jusqu’au jour
où son nom fut cité comme étant l'organisateur
d’un concert néonazi. La même année, sur
le forum Politicsinfo.net, il avait posté le message suivant
: «En 1940, les Allemands nous ont libérés».
Au cours d’une manifestation, à Bruges le 21 octobre
2007, le même coordinateur de la N-SA, à trois reprises,
dans son discours, au lieu de «national-solidariste»,
pour parler de la nature politique de son organisation, utilisera
le terme de «national-socialiste»...
Une chose est sûre : la confusion
politico-identitaire règne au sein de la N-SA. Chez ces disciples
du national-solidarisme, s'empêcher d'exprimer au grand jour
leur attachement pour le national-socialisme semble un exercice des
plus difficiles.
Wim HAELSTERMAN
Responsable de la rédaction flamande de RésistanceS.be,
membre également de la rédaction de «Verzet»,
le web-journal des antifascistes en Flandre.

La Nieuw-solidaristisch alternatief invite
les anciens militants du Vlaamse militanten orde (VMO) à rejoindre
ses rangs. Dans les années septante et quatre-vingt, le VMO
a été un groupe paramilitaire néonazi flamand
de référence. Il sera finalement dissout par la justice.
La milice du Verdinaso de Joris van Severen s'appelait Dinaso militanten
orde (DMO)...
© RésistanceS –
web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite –
www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis
en ligne le 11 novembre 2009.
|

En 1931, en Flandre, le national-solidarisme voyait le jour autour
de Joris van Severen. Cette idéologie d'Ordre nouveau reste
de nos jours exploitée par une partie de l'extrême droite
flamande et francophone.
Ce nouveau dossier
de RésistanceS.be vous présente le corpus, l'histoire,
le développement et les partisans du national-solidarisme,
de 1931 à nos jours.
Un dossier réalisé par Alexandre VICK, Wim HAELSTERMAN
(correspondant en Flandre de RésistanceS.be) et Manuel ABRAMOWICZ.
Sommaire de ce dossier :
Lourde condamnation pour l’extrême droite flamande : trois mois de prison pour le chef de la N-SA (NOUVEAU 12/12/2011)
• Au
cœur de l'idéologie national-solidariste de van Severen
• Au
source du vrai solidarisme : Léon Bourgeois
• Les
solidaristes flamands après 1945
• Les
disciples francophones de van Severen
• Autonome
et national-solidariste : portrait de la Nieuw-solidaristisch alternatief
(N-SA)
Le symbole
du Verdinaso
Pour
poursuivre ce dossier
lire aussi sur RésistanceS.be : •
Le national-socialisme contre le socialisme
• Were
Di, Vlaams Blok,même combat !
•
Le VMO, toujours un exemple pour le Vlaams Belang
Sources
et références de notre dossier
Pour
réaliser ce dossier sur l'histoire, le développement
et la survivance du national-solidarisme de Joris van Severen, RésistanceS.be
s'est référé aux sources suivantes :
• Divers documents
internes ou publics de mouvements solidaristes ou influencés
par les thèses politiques de van Severen.
• «Les mouvements
solidaristes», in «L'Extrême droite en Belgique
(III)» d'Etienne Verhoeyen, «Cahier Hebdomadaire»
n°715-716, du 26 mars 1976, Centre de recherche et d'information
socio-politiques (CRISP), Bruxelles, 36 pages.
• «L'Ordre
nouveau en Flandre : le Verdinaso», texte extrait du livre «Le
Vlaams Blok» (édition française) de Hugo Gijsels,
éditions Luc Pire, Bruxelles, 1994.
• «Le solidarisme
: Léon Bourgeois» (page 887 à 891), notice de
l'ouvrage «Histoire des idées politiques» de Marcel
Prélot et Georges Lescuyer, éditions Dalloz, Paris,
1990 (dixième édition), 954 pages.
• «Les rats
noirs – L'extrême droite en Belgique francophone»
de Manuel Abramowicz, éditions Luc Pire, 1996, Bruxelles, 239
pages.
• «Dictionnaire
de l'extrême droite néerlandophone», RésistanceS.be
L'extrême
droite en Flandre ?
Vous
souhaitez plus d'informations sur le Vlaams Belang et les organisations
d'extrême droite flamandes, consultez alors nos articles en
français sur notre site, mais également les sites et
blog des antifascistes flamands :
Site
avec des articles d'analyse et d'actualité sur l'extrême
droite en général, sur celle active en Flandre en particulier:
Verzet.org
Blog actualisé quasi quotidiennement de l'Antifascistische
front (AFF), organisation militante active à Anvers et
dans d'autres villes flamandes depuis la fin des années 1970,
animé par le responsable de notre rédaction en Région
flamande, Wim Haelsterman.
Blokwatch n'est plus actualisé depuis la fin de l'année
2007, mais il est toujours en ligne. Vous y retrouverez une excellente
«banque d'informations détaillées» sur l'extrême
droite du Nord du pays. Avec en plus de superbes visuels antifascistes.
Pour tout comprendre sur l'histoire du mouvement nationaliste d'ultra
droite en Flandre, consultez donc Blokwatch.
Comité
de soutien de RésistanceS
POUR
BENEFICIER DE NOS SERVICES : QUE FAIRE ?
Soutenez vous aussi RésistanceS...
Média gratuit proposé par l'Observatoire
belge de l'extrême droite, RésistanceS se réalise
uniquement grâce à l'apport financier de son équipe
et de certains lecteurs qui lui font des dons.
Vous lisez gratuitement
les articles de RésistanceS !
Soutenez financièrement
ce service exceptionnel en versant un don sur son compte bancaire
:
n° 310-1618732-82
IBAN : BE25 3101 6187 3282
Avec en communication : «don 2009»
... et abonnez-vous gratuitement
à sa Newsletter !
Vous souhaitez recevoir des informations sur l'Observatoire de l'extrême
droite, le journal RésistanceS et les réactualisations
de son site Internet :
=> Abonnez-vous (c'est en plus gratuit, mais cela n'empêche
pas de faire un don : revoir ci-dessus) à sa Newsletter : CLIQUEZ
ICI

Affiche de RésistanceS,
le web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite
© asbl RésistanceS 2008
|