RésistanceS.be 20-01-2013

INFO EXCLUSIVE de RésistanceS.be
avec l'AFF-Verzet

Sur Twitter, une photo rappelle ses liens avec l’extrême droite radicale


Filip Dewinter maintient ses liens avec ses « camarades » francophones, purs et durs 


Le parlementaire flamand Filip Dewinter a diffusé une photo inédite sur son compte Twitter. Véritable patron du Vlaams Belang, il signale aux « modérés » de son parti que rien n'a changé. Une occasion de rappeler les contacts de Dewinter avec l’extrême droite belge francophone.



Capture d’écran par l'AFF-Verzet de la page Twitter de Filip Dewinter.


Tout récemment, le député flamand Filip Dewinter a diffusé sur son compte Twitter une photographie très intéressante. Sur celle-ci,  ce dirigeant du Vlaams Belang de premier plan figure en compagnie de trois autres personnes. Juste derrière eux, se trouve une signalisation d'alarme avec une tête de mort bien illustrative. Il s’agit certainement d’un clin d’œil provocateur au sujet d’un emblème bien connu à tête de mort.

Le commentaire de Filip Dewinter accompagnant cette photo était le suivant :

« Oudstrijdersbal 'extreem-rechts' in Luik: Pieter Kerstens (PFN), Daniel Gilson (FJ), fdw-vb en Hubert Defourny (Agir). »

Renseignement pris, ce « bal d’anciens combattants d’’’extrême droite’’ à Liège » était en réalité un simple repas choucroute entre amis qui se déroula chez Hubert Defourny, l’un des quatre figurants de cette photographie.


Dans quel but ?
Comme le rappelle lui-même Dewinter, Hubert Defourny, Pieter Kerstens et Daniel Gilson ont été des membres de l’extrême droite belge francophone. Ils en furent même des dirigeants. Respectivement du PFN (Parti des forces nouvelles), du FJ (Front de la jeunesse) ainsi que du PFN aussi et d’Agir, trois mouvements politiques des années septante (le FJ), quatre-vingt et nonante (pour le PFN et Agir).

Depuis, Hubert Defourny et Daniel Gilson ne sont plus actifs en politique, à l’exception de leur fréquentation du rassemblement annuel organisé par le Dernier Carré, l’amicale des anciens combattants wallons et bruxellois partis avec Léon Degrelle sous l’uniforme allemand combattre les soviétiques sur le front de l’Est durant la Seconde Guerre mondiale. A l’heure actuelle, seul Pieter Kerstens poursuit un combat politique. Depuis plusieurs années, il anime l’Alliance bruxelloise contre le déclin (ABCD), un groupuscule rassemblant des francophones partisans du parti nationaliste flamand de Filip Dewinter Comme ce dernier, Kerstens est également lié à la Nouvelle droite populaire (NDP), un mouvement de l’extrême droite radicale française issu d’une dissidence du Front national lepéniste

Au sujet de la photo de Filip Dewinter avec ces trois « anciens combattants », la question est de savoir pourquoi le dirigeant du VB l’a posté sur son compte Twitter.

Hypothèses : par pur « exhibitionnisme » (ce qui est une des caractéristiques des réseaux sociaux) ou pour envoyer un signal direct aux « modérés » du VB (qui préconisent un rapprochement avec les autres nationalistes flamands : de la N-VA, de l’aille conservatrice du CD&V…) en leur signifiant qu'il reste le dirigeant de la ligne radicale du parti… et que donc le Vlaams Belang poursuivra sans complexe son ancrage à l’extrême droite pure et dure. Sans pouvoir répondre à sa place, cette photographie est néanmoins l’occasion de faire le rappel des liens de Filip Dewinter avec l’extrême droite francophone.

Dewinter au Front de la jeunesse !
Ces liens remontent à plus de trente ans. La première adhésion politique de Dewinter fut faite à la fin des années 1970 au Jongerenfront, la branche néerlandophone du Front de la jeunesse (FJ). D’autres futurs responsables du Vlaams Blok (le nom du Vlaams Belang de 1978 à 2004) proviennent également de ce mouvement d’extrême droite essentiellement francophone et marqué alors par son « belgicanisme ». Après la condamnation en 1982 de son « noyau dur », le FJ lancera un parti politique national : Forces Nouvelles-Nieuwe Krachten (FNK). Le FNK changera ensuite de nom pour devenir le Parti des forces nouvelles (PFN). Sur le FJ et le PFN

Filip Dewinter après son arrivée au VB, au début des années 1980, gardera des contacts avec ses « camarades » francophones. Accompagné de Karel Dillen, le président-fondateur du Vlaams Blok, il ira par exemple en 1989 à la Foire du livre de Bruxelles saluer les tenanciers du stand « Libertés 89 ». Un stand tenu par le Parti des forces nouvelles pour y diffuser des ouvrages négationnistes et à la gloire de l’Allemagne nazie. Quelques semaines plus tard, à l’occasion des élections européennes, le PFN appellera à voter pour le Vlaams Blok. Suite à cela, dans un courrier adressé à la direction du parti néofasciste francophone, Dewinter écrira :

« Je tiens aussi tout particulièrement à vous remercier pour l’appel paru dans votre mensuel ‘’Forces Nouvelles’’ qui invitait les Bruxellois à voter pour le Vlaams Blok aux élections européennes. C’est grâce entre autres à ce soutien que le Vlaams Blok a réussi à obtenir de justesse un siège au Parlement européen. Plus que jamais, vous pouvez compter sur ma sympathie et mon soutien » (extrait publié dans Forces Nouvelles, organe du PFN, n°74, été 1989).

En 1990, Filip Dewinter manifestera, dans une « tribune libre » (réservée aux parlementaires de tous les partis) publiée dans le quotidien francophone le Soir, son soutien indéfectible à Jean-Marie Le Pen. Le président-fondateur du Front national français devait alors faire face à une nouvelle procédure judiciaire à son encontre. Le parlementaire nationaliste flamand affirma dans son texte :

« Face à ce déchaînement d’intolérance et de haine à l’égard de Jean-Marie Le Pen, je me déclare totalement solidaire de lui » (extrait du Soir du 26 mars 1990).

Modèle politique pour l’extrême droite belge francophone, Jean-Marie le Pen exercera également en Flandre une influence sur la jeune génération militante du Vlaams Blok de l’époque. Chez Dewinter en premier lieu.

 



Jean-Marie Le Pen en 1977 dans les locaux bruxellois du Front de la jeunesse – Doc. photographique : Archives RésistanceS.be


Le Bloc flamand soutient le Bloc wallon
Filip Dewinter restera fidèle à son engagement fait, en 1989, à ses amis des Forces nouvelles. A plusieurs reprises dans les années nonante, le VB allait accueillir à bras ouverts des ex-cadres du PFN, après leur passage éphémère au Front national belge. Existant de 1989 à 1995, la formation Agir, elle aussi, recevra le soutien de Filip Dewinter et d’autres responsables du VB. En 2000, lorsque les principaux anciens dirigeants d’Agir lanceront, avec des dissidents du FN, un nouveau parti d’extrême droite, le Bloc wallon (), une fois de plus Dewinter manifestera sa sympathie et son soutien pour ses alliés francophones.

En octobre dernier, Patrick Sessler, un ancien cadre du PFN, puis secrétaire-général et ex-député régional du Front national, était de retour au Vlaams Belang. Lors de son premier passage au VB, de 1995 à 2004, Sessler avait été formé au marketing politique, notamment sous la houlette de Filip Dewinter. Vieille connaissance de ce dernier, c'est le même Sessler qui s'occupait en 1989 à la Foire du livre de Bruxelles du stand négationniste du Parti des forces nouvelles... 

En France, les contacts politiques du dirigeant Vlaams Belang se font également avec l’extrême droite la plus radicale, celle trouvant désormais le FN de Marine Le Pen comme étant trop modéré. Ce qui démontre que Filip Dewinter comme son parti restent fidèles à leur héritage idéologique.

Alexandre VICK


Dewinter leader de l’aile radicale


« Filip Dewinter et Gerolf Annemans (NDLR : le nouveau président du Vlaams Belang) s'alignent sur l'héritage idéologique historique du parti, comme l'a fait lors de la campagne présidentielle du Front national français en janvier 2011 Bruno Gollnisch, alors vice-président frontiste et meneur de l'aile radicale du FN. A la différence qu'en France, cette ligne est minoritaire. En Flandre, elle est celle de l'actuelle direction du Vlaams Belang ! »

Eric Corijn
Sociologue de l’Université flamande libre Bruxelles (VUB). Extrait de l’interview qu’il accorda le 6 avril 2011 à RésistanceS.be CLIQUEZ ICI


Cet article est une production de RésistanceS.be avec le soutien de l’AFF-Verzet, le web-média des antifascistes flamands. Pour lire sa version en néerlandais

 

© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 20 janvier 2013.



Bruxelles, lors d'une manifestation nationaliste flamande, au début des années nonante, Filip Dewinter avec son mentor politique, Karel Dillen, le président-fondateur du Vlaams Blok (le nom de l'époque du Vlaams Belang) © Photo Manuel Abramowicz

 



L'article ci-contre est une production de RésistanceS.be avec le soutien de l’AFF-Verzet, le web-média des antifascistes flamands. Pour lire sa version en néerlandais CLIQUEZ ICI

CITATION
« Filip Dewinter et Gerolf Annemans (NDLR : le nouveau président du Vlaams Belang) s'alignent sur l'héritage idéologique historique du parti, comme l'a fait lors de la campagne présidentielle du Front national français en janvier 2011 Bruno Gollnisch, alors vice-président frontiste et meneur de l'aile radicale du FN. A la différence qu'en France, cette ligne est minoritaire. En Flandre, elle est celle de l'actuelle direction du Vlaams Belang ! »

Eric Corijn
Sociologue de l’Université flamande libre Bruxelles (VUB). Extrait de l’interview qu’il accorda le 6 avril 2011 à RésistanceS.be CLIQUEZ ICI

 


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