RésistanceS 26-11-2008

Reportage de RésistanceS.be chez les purs et durs...


Après le Front national, la Nouvelle droite populaire ?


Sous le thème de la «Renaissance européenne», le 23 novembre dernier se tenait dans de cossus salons parisiens la deuxième journée de «Synthèse Nationale». Cette revue d'extrême droite est à l'initiative de la Nouvelle droite populaire (NDP). Fondée il y a quelques mois, la NDP à l'ambition de participer à l'«après-Front national» de Jean-Marie Le Pen, un parti désormais en voie d'implosion. A ce rendez-vous de la «droite nationaliste et identitaire», les purs et durs, les nostalgiques de l'Ordre nouveau, étaient au rendez-vous : des racialistes de Terre & Peuple à la revue négationniste «Révision». Filip Dewinter, le dirigeant des radicaux du Vlaams Belang y était également présent. Comme RésistanceS.be !

Voici un compte rendu exceptionnel de cette journée particulière de «Synthèse Nationale» réalisé par Antoine Sindelar, un des correspondants de RésistanceS.be en France.


Même style et même discours. Photo en noir et blanc : meeting du mouvement Ordre nouveau, à Paris le 13 mai 1970. Photo en couleur : rassemblement, en octobre 2007, du noyau militant qui fondera quelques mois plus tard la Nouvelle droite populaire (NDP). Le premier mouvement a été à la base, en 1972, du Front national qui passera ensuite sous le contrôle de Jean-Marie Le Pen. Le second, la NDP, est un mouvement fondé par des dissidents frontistes, qui prend pour modèle... Ordre nouveau.


En entrant dans la salle, allégé de 7 euros, on sent que ça ne va pas être le grand rassemblement. Malgré le chauffage à fond, on est tout de même loin des meetings d'extrême droite d'antan, ceux d'Ordre nouveau par exemple. Le lettrage des trois banderoles - «Synthèse Nationale», «Nouvelle Droite Populaire» et «Renaissance Européenne» -, qui accueillent les participants, est pourtant une référence directe aux plus belles heures d’Ordre nouveau ou du Parti des forces nouvelles (PFN), des mouvements néofascistes historiques des années 1970, d'où proviennent plusieurs dirigeants de la revue «Synthèse Nationale» et du mouvement Nouvelle Droite Populaire (NDP). Cela tombe bien, le premier stand de cette journée organisée par ladite revue, nous propose justement de décorer nos intérieurs avec des affiches d'époque éditées par les feus Groupe Union Défense (le fameux GUD) et PFN. Voilà qui ne rajeunit pas les militants présents. Un coup d’œil dans la salle nous prouve qu’on n’est pas les seuls à avoir pris un coup de vieux. On se dit qu’il doit y avoir une autre salle pour les moins de 50 ans… Ah non : on voit deux «jeunots» qui discutent là-bas ! Moyenne d’âge très élevée, classe sociale plutôt aisée, trentenaires qui se comptent sur les doigts d’une main, 80 % d’hommes... Un bilan qui permettra pourtant à Roland Hélié, le grand organisateur de cette journée de «Synthèse Nationale», de parler de succès. Il ira jusqu’à revendiquer 400 entrées là où nous n’aurons vu qu’une petite centaine de visiteurs, en comptant même la quinzaine d’intervenants et les tenanciers des stands...

Le tour de ces derniers, ramassis de rebuts de la fête frontiste des «BBR» (Bleus-Blancs-Rouges), finit d’ailleurs de nous confirmer que nous avons à faire à un regroupement, certes présentable, mais plus cohérent et radical que ceux du Front national de Jean-Marie Le Pen : une frange racialiste, judéophobe, antisémite, anti-islam, identitaire européenne et régionaliste blanche. D’un point de vue religieux, on sent majoritairement la tendance païenne, mais cela ne constitue pas un point de désaccord fondamental entre les présents à ce «meeting nationaliste et identitaire».

Stands et matos
Les têtes d’enterrement ou de vieilles ganaches d’Algérie française, nous confirment également qu’on ne va pas s’amuser. L’ambiance est morose : certains constatent, dépités, la baisse de fréquentation d’année en année (par grandeur d’âme, nous ne les dénoncerons pas dans ces colonnes), et sur chaque stand, on déplore la dispersion de la «famille nationaliste», on se désole sur ce qu’il faudrait faire et n’est pas fait. Surtout, on ne manque pas de jeter l’anathème sur «les autres», y compris des gens présents dans la même salle.

Même le bar ne parvient pas à remonter le moral des troupes: accueil désagréable, sandwiches rachitiques, de la Kro ou du faux jus de fruit à bulles discount. Cela ne fait pas très «enraciné et bons produits» tout ça.

Nous croiserons le mouvement Terre & Peuple (où on débat de l’opportunité du passage à l’action terroriste… mmh réjouissant), les journaux dits «non-conformistes» et «Fromage Blanc», l'association France Résistance et le Cercle franco-hispanique (CFH). Sur le stand de ces dernières, on vend du «matos» pour tous les nostalgiques de la dictature franquiste, mais aussi quelques publications de l’Agrif... l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne !

Le stand le plus fourni - en livres d’occasion surtout - est celui de la librairie parisienne Primatice. Tenue par le publiciste Philippe Randa, le même qui avait vu sa librairie liégeoise fermée en ce début d’année . Seuls stands étrangers: le stand «pro-München» et celui de la campagne «Villes contre l’islamisation». Aucune activité sectorielle. Sur le stand de Randa, quelques prospectus en vrac pour des associations centrées sur la mauvaise utilisation de nos impôts en matière de justice et sécurité.


Lors de la journée de «Synthèse Nationale» consacrée à la «Renaissance européenne», le 23 novembre dernier, de gauche à droite : André Gandillon (rédacteur en chef de la revue néofasciste «Militant», fondée par des anciens de la Waffen SS française !), Jean-Claude Rolinat (secrétariat général de la NDP), Pierre Descaves (ancien député, conseiller régional de Picardie, président de France Résistance) et Pieter Kerstens (responsable de l'Alliance bruxelloise contre le déclin, un mouvement francophone au service du Vlaams Belang).


Flash et propos pro-négationnistes
On trouve aussi «Flash», le nouveau journal du même Randa et de ses amis nationaux-sociaux, Alain Soral et Christian Bouchet. C'est deux-là sont pourtant des proches de Marine Le Pen, la «normalisatrice» du Front national de son papa ! Une personnalité détestée chez les piliers de «Synthèse nationale». Insupportable sur le fond mais aussi sur la forme tellement les couleurs et la charte graphique font mal à la tête : «Flash», est un journal qui porte bien son nom. Les éditions du Lore sont également présentes. Cette maison d'édition est très versée dans tout ce qui touche aux SS (les troupes d'élite du nazisme, pour rappel), à «Mein Kampf», à l'occultisme, à l'ésotérisme, aux indo-européens... Egalement là, un stand aménagé pour la pathologique revue négationniste «Révision». Mais c’est à la Librairie du Savoir (sise à Paris XIVème) que l’on se répand ouvertement en propos négationnistes abjects, que l’on fait l’apologie de Vincent Reynouard, le propagateur négationniste français exilé en Belgique et condamné en juin à un an de prison ferme (). Reynouard vit aujourd'hui en clandestinité. A ce stand, des conseils sont donnés aux petits jeunes présents pour naviguer sans peine sur les sites voués à la négation du génocide des Juifs commis par les nazis.

Curieusement, dans son compte-rendu, Hélié oubliera de préciser la présence de ces idées et publications...

Parmi les tendances présentes, la seule formation officiellement présente est la NDP, dont «Synthèse Nationale» est un peu devenu l’organe officiel, ce qui est révélateur de la vitalité du parti. On notera tout de même la présence de Claude Hermant, ancien barbouzard et leader de Terre Celtique. Cette association du Nord de la France s’est alliée aux Jeunesses Identitaires et a ouvert en 2008, dans la banlieue riche de Lille, un local identitaire, la «Maison du Peuple Flamand» (Het Vlaams Huis). Véritable base arrière de formation politique et sportive d’extrême droite, elle est aussi fréquentée par les Belges du mouvement Nation.

La journée de «Synthèse nationale»/Nouvelle droite populaire (SN/NDP), sous le label de la «Renaissance européenne», est découpée en trois conférences sur les thèmes de «la crise», de «l’identité» et du «nouvel ordre mondial». Consistant à trois à quatre prises de parole à la tribune, par de piètres orateurs (dont seulement deux femmes sur les trois conférences !) lisant leur texte, ne laissant que peu de débat avec la salle, ces conférences ressemblent plus à des exposés sur la situation qu’à de véritables réflexions théoriques et stratégiques. Les discours sont anxiogènes («ça va mal»), sans solutions concrètes (juste des «y’a qu’à») et surtout sans réelle perspective politique claire. Le fond consiste en une version radicale de l’«identité européenne» et des supposées «races», agrémentée de slogans antimusulmans et d’un antisémitisme toujours bien présent. De l’aveu d’un intervenant, son discours a été lu au préalable et on lui a demandé de l’édulcorer. Sûrement pour éviter le scandale qui avait suivi jadis une envolée douteuse de Pierre Vial. Le dérapage de ce théoricien racialiste, ex-FN, ex-MNR et aujourd'hui proche de SN/NDP, s'était produit lors de la deuxième «Fête de l’identité et des libertés» en 2003. Les proposes scandaleux de Vial avait alors été captés par une caméra cachée.

Les rares applaudissements qui ponctuent les prises de parole de cette journée sont suscité par les phrases les plus clairement racistes, comme lorsqu’un papy en surchauffe dans le public s’exclame : «Le mondialisme US organise le mélange des races !!». Au cas où on aurait oublié qui organise la journée, Hélié vient faire de la retape à chaque conférence pour glaner des abonnements à sa revue confidentielle. Pathétique...


L'Anverois Filip Dewinter, le dirigeant des radicaux du Vlaams Belang, et le Bruxellois Pieter Kerstens, ancien dirigeant du PFN néonazi, sont les contacts en Belgique de la Nouvelle droite populaire française. Photos prises lors de la journée de «Synthèse Nationale» consacrée à la «Renaissance européenne», le 23 novembre 2008 à Paris.


Invités de Belgique : l'ABCD et Dewinter
Lors de la conférence sur la crise, les intervenants sont incohérents et faiblards idéologiquement. Ils n’arrivent pas à choisir si le système peut être réformé, ou renversé, et dans ce cas, s’ils doivent participer à son effondrement. Les intervenants se retrouvent par contre sur la nécessité d’une crise encore plus forte, une sorte de décroissance d’extrême droite. Pierre Descaves, vieille baderne de l'association France Résistance dira qu’«il n’y a pas de sursaut de la population parce que les assiettes sont pleines», ce à quoi Pieter Kerstens rajoutera : «Il faut abandonner l’Etat-providence et se serrer la ceinture». Invité de Belgique, Pieter Kerstens est le leader de l'Alliance bruxelloise contre le déclin (ABCD, sur celle-ci ) et l'«agent de liaison» entre le Vlaams Belang et l'extrême droite ultra française. Le même Kersten est lui aussi un disciple d'Ordre nouveau, il était en effet membre jusqu'en 1991 de la direction du Parti des forces nouvelles, version belge...

Comme on pouvait s’y attendre de la part d’un mouvement d’extrême droite, le discours est antimatérialiste : antimarxiste et antilibéral à la fois. Leurs réponses économiques reposent sur une critique antilibérale de la mondialisation (sans être anticapitaliste : en effet la droite nationaliste est favorable au capitalisme, de type national, et préconise des mesures ultralibérales en matière sociale !), assimilée à une «hégémonie étasunienne». Ils prônent des régulations, la souveraineté des Etats (abandon de l’Euro, une «monnaie d’occupation» (sic)) et la création d’une «Europe de la puissance», y compris sur le plan militaire.

La conférence centrée sur l’identité sera l’occasion de diatribes contre l’Islam, les «lobbies antiracistes», «liberticides» ou «pro-immigration ». Orateur directement sorti des actualités des années 1940, Arnaud Raffard de Brienne dira ainsi que «L’immigration n’est pas une chance pour la France, c’est LA malchance».

Face aux antiracistes «qui-font-rien-qu’à-les-embêter-à-dire-la-vérité», Anne Kling, l'une des conférencières, place son espoir sur le plan européen où «l’espace de liberté pour les valeurs identitaires est plus fort». Un exemple ? La Flandre qui représente un modèle du genre pour la liberté d'expression des nationalistes identitaires, selon cette leader d'extrême droite, notamment auteure de «La France Licratisée», référence directe à la Licra... la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme, une organisation juive. Frédéric Pichon, du cercle Europae Gentes, conclut son sermon - truffé de citations bibliques - par «Le fléau, c’est les droits de l’Homme ; la référence, la Reconquista».

Enseignement intéressant, les prises de parole sont placées sur le plan non pas seulement national mais systématiquement rattachées à la dimension européenne et pro-russe. Un intérêt européen manifesté par la présence du mouvement Pro-München, du bruxellois déjà cité Pieter Kerstens et de Filip Dewinter, invité d’honneur de la journée de SN/NDP. Dewinter, chef des radicaux du Vlaams Belang, reprendra son discours alarmiste habituel sur l’islam, un «coucou qui pond ses œufs dans le nid européen», et anti-immigration. Pour le dirigeant VBiste, la réthorique est simple : «L’immigration précède le multiculturalisme, et le multiculturalisme précède l’islamisation». Il confiera par ailleurs ne pas être très optimiste pour les élections de 2009, à cause de la concurrence de la Lijst Dedecker, conduit par le populiste Jean-Marie Dedecker, ex-parlementaire du parti libéral flamand. S’il se félicite de sondages effectués en Belgique, très favorables aux idées séparatistes, il a peur de la concurrence électorale faite à son parti, existant depuis 1978, par celui de Jean-Marie Dedecker, un tout nouveau parti. Pas abattu pour autant, Filip Dewinter trouvera de la ressource pour discuter de manière décomplexée des Waffen SS avec le français Philippe Randa. Il profitera de l'occasion pour lui raconter une blague raciste sur Bruxelles : «La première communauté à Bruxelles, c’est pas les francophones, c’est les maghrébins». Hahaha... c'est l'humour classique des grandes messes d'extrême droite.


En 1990, plusieurs des initiateurs de la Nouvelle droite populaire avaient déjà tenté de fonder une alternative au Front national de Jean-Marie Le Pen. Celle-ci avait pris le nom d'Espace nouveau, toujours sur le modèle d'Ordre nouveau (ce n'est donc pas un hasard : les deux noms sont très proches). La photo ci-dessus a été prise lors du «deuxième colloque» proposé par Espace nouveau, le 8 décembre 1990, sur le thème «Au-delà de l'Occident, l'indépendance nationale». A la tribune se trouvent notamment Jean-François Touzé et Roland Helie, deux des fondateurs en 2008 de la NDP. Mais aussi le Belge Robert Steuckers, un idéologue aujourd'hui proche du mouvement Nation - Photo : Archives RésistanceS.be


Plat de lasagnes trop cuites
Les enseignements les plus intéressants seront les messages communiqués de la part de deux invités n'ayant pas pu être présents. Le désormais scissionniste du Front national nordiste, Carl Lang, qui fut l'un des bras-droit de Jean-Marie Le Pen durant près de vingt ans. Dans un message lu, Lang apportera son soutien à la journée de «Synthèse nationale». Le message de son «camarade» Pierre Vial, chefaillon du mouvement racialiste Terre & Peuple, proclamera : «Désormais, la ligne de front est clairement dessinée entre ceux qui se battent pour faire vivre notre identité ethnique et ceux qui veulent la détruire. Il faut choisir son camp».

Au final, le spectacle de cette petite fraction de la «communauté nationaliste et identitaire» ne laisse pas le sentiment d’un mouvement de masse capable de renouer avec les succès frontistes des années 1980. On a l’impression d’assister au redémarrage du Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Mégret, la dissidence frontiste de 1998, avec une autre équipe, dix ans plus tard. Avec peu de cadres, encore moins de jeunes, une faible implantation nationale, sans moyens, ignorés des médias et inconnus du grand public, et avec des leaders au charisme digne d’un plat de lasagnes trop cuites, l’expérience semble vouée à la confidentialité. Cependant, «Synthèse nationale» et la Nouvelle droite populaire maintiennent en place un courant nationaliste radical. On voit se dessiner, en effet, d’un point de vue sémantique, programmatique et structurel, des convergences entre la NDP, SN, la nébuleuse de l'ex-frontiste Carl Lang, celle du racialiste Pierre Vial et des antisémites de l'Oeuvre française (voir notre encadré ci-dessous).

Le programme de ce courant de la «droite nationale» est clair sur les questions d’identité et d’Islam. Ils sont des purs et durs à côté d'un FN qui a été obligé de composer entre ses différentes tendances, ses tentatives de banalisation et un nouvel électorat, composé aussi de Nord-Africains assimilés.

Depuis dix ans, le contexte a changé et le discours de la Nouvelle droite populaire et de sa revue de réflexion est en phase avec les questions d’identité et d’enracinement que se pose depuis belle lurette l'extrême droite française. L’autre atout de la NDP et de SN est la portée directement européenne de la mouvance politique qu'ils tentent de diriger. Une opération que le FN avait jadis réalisée avec beaucoup de difficultés. Dans une période de radicalisation, leur antilibéralisme assumé et leur antiatlantisme (contre l'impérialisme des USA) peut trouver un nouvel écho. La véritable inconnue réside dans les réactions des autres sous-groupes de la famille nationaliste, notamment du Bloc identitaire, ce mouvement très actif chez les jeunes nationalistes était absent – exclu ? - de la journée du 23 novembre dernier.

Assistera-t-on à une convergence de ces sous-groupes, à l'occasion des élections européennes de juin prochain ? Si tel était le cas, il s'agirait d'un coup d’essai pour mesurer l'état des forces des radicaux de l'ultradroite française. Une présence à ce scrutin pourrait aussi donner lieu à une marginalisation définitive de ce courant nationaliste...


Une reportage d'Antoine Sindelar
Correspondant de RésistanceS.be en France

 

Who's who


La mouvance de la Nouvelle droite populaire


La NDP, initales de la Nouvelle droite populaire, n'est qu'un des héritiers possibles du Front national de Jean-Marie Le Pen. La publication confidentielle «Synthèse nationale» joue un rôle pivot dans les ambitions de la NDP. Portrait radioscopique de cette mouvance radicale de la «droite nationaliste et identitaire».


A gauche, une affiche d'Ordre nouveau, le mouvement historique de référence de l'extrême droite française. La Nouvelle droite populaire, sa revue «Synthèse nationale» et sa dissidence, la Nouvelle droite républicaine (NDR), restent nostalgiques de l'époque d'Ordre nouveau – Doc. RésistanceS.be


«Synthèse nationale»
Apparue en 2006, elle se définit comme une «revue nationale et identitaire» qui se donne l'objectif de reprendre le flambeau de la droite nationaliste sur les ruines du Front ntaional lepéniste. Adoptant le style d'une publication de réflexion, son modèle est feue la publication «Défense de l’Occident», édité par Maurice Bardèche, un des principaux théoriciens de l'extrême droite fasciste de l'après-Guerre, et auteur en 1948 du premier ouvrage niant l'existence du génocide des Juifs commis par les nazis (1). Rassemblant des anciens, des dissidents et des opposants nationalistes au Front national de Jean-Marie Le Pen, le principal animateur de la «mouvance Synthèse nationale» est Roland Hélie. C'est un ancien de la direction du Parti des forces nouvelles, une dissidence du FN née en 1974. Hélie rejoindra pour finir le FN, avant de le quitter à nouveau pour fonder le comité Espace nouveau.

A «Synthèse nationale», on trouve également Robert Spieler, ancien du FN et fondateur du mouvement Alsace d'Abord, et Philippe Randa, le directeur des éditions d'extrême droite Dualpha. Des Belges collaborent également à cette revue, comme Pieter Kerstens, ex-dirigeant du Parti des forces nouvelles (PFN, d'obédience néonazie) et actuel responsable de l'Alliance bruxelloise contre le déclin (ABCD), regroupant notamment des Bruxellois francophones partisans du Vlaams Belang.

«Synthèse nationale» revendique sur son blog des liens avec les partis et mouvements d'extrême droite les plus ultras en Europe: le BNP en Grande-Bretagne, le BZOe en Autriche (le parti fondé par feu Jörg Haïder), Europa nacion, Fondation Francisco Franco et la Phalange en Espagne, Fiamma tricolore et Forza Nuova en Italie, le Vlaams Belang...


Nouvelle droite populaire (NDP)
Issu du «Comité d’initiative pour la refondation», lancé le 29 mars de cette année par les responsables de la publication «Synthèse nationale», ce nouveau mouvement politique est apparu le 1er juin dernier à Paris. Son objectif est de rassembler les différentes courants de l'extrême droite française en vue de préparer l'après-Le Pen et le remplacement du Front national par un nouveau parti politique «nationaliste et identitaire». Les principaux initiateurs de la NDP proviennent du MNR de Bruno Mégret, du FN et du mouvement régionaliste Alsace d’Abord.

L'objectif numéro un de la NDP est le «refus de l’immigration extra européenne et de l’islamisation». A ce sujet, elle précise : «Notre Europe est envahie par des masses venues d’ailleurs. Avec la meilleure volonté, nous ne pouvons pas accueillir toute la misère de la terre. Cette immigration, souvent synonyme d’islamisation, est une menace pour notre identité européenne : il est temps de réagir !».

Depuis son apparition, la NDP et sa revue «Synthèse nationale» multiplient les contacts avec d'autres structures de l'extrême droite française actives en dehors de la sphère du FN: l'OEuvre française, Terre & Peuple, la revue «Militant»... But : réorganiser, refonder et relancer la «droite nationaliste et identitaire».

Caractérisée par le syndrome de l'exclusion aiguë, la direction de la Nouvelle droite populaire a exclu Jean-François Touzé, l'un de ses fondateurs, en septembre 2008 ! En réaction, il fondera une nouvelle formation politique : la Nouvelle droite républicaine (NDR).

 


Nouvelle droite républicaine (NDR)
La NDR a été mise sur pied, en septembre 2008, par Jean-François Touzé, le dirigeant-fondateur de la Nouvelle droite populaire, qui venait de se faire exclure de ce mouvement. Le 26 septembre dernier, sur le blog de «Ligne droite», le club de réflexion nationaliste de Jean-François Touzé, il était mentionné au sujet de la NDR : «Ni parti politique, ni simple club de pensée, la NDR doit être un rassemblement. Rassemblement d’associations, de comités locaux, d’élus, de personnalités, d’énergies. Rassemblement de tous ceux qui veulent mener l’action politique dans une perspective nouvelle au sein d’un courant droitiste, occidentaliste et conservateur au sens noble du terme».

Alexandre Vick

(1) Extrait d'un passage de l'interview publiée ce mois-ci sur le site Internet monarchiste «GénérationFA8» de Roland Hélie, l'un des responsables de «Synthèse nationale» : «Ayant gardé tous mes contacts au sein de la famille nationale, en 2006 je décidais de me relancer dans l’aventure. Comme je vous l’indiquais au début de cette présentation, Défense de l’Occident, la revue de Maurice Bardèche, avait contribué à ma formation politique, ainsi qu’à celle d’un grand nombre de mes camarades. Or, en 2006, ce type de revue n’existait plus. D’où notre idée, avec quelques amis parmi lesquels Robert Spieler, de créer la Synthèse nationale».

 

© RésistanceS – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 26 novembre 2008.


 

La Nouvelle droite populaire (NDP) veut proposer une alternative au Front national de Le Pen. Ce fut le cas à la tribune de son meeting du 23 novembre dernier.


Sur l'un des leaders de la mouvance NDP, lire sur RésistanceS.be :

Philippe Randa, un éditeur au service de l'Ordre nouveau


Sur le Front national français
lire notamment sur RésistanceS.be :

Nicolas Sarkozy sur le terreau du Front national?

Campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen Voyage en «lepénie»

Portrait de François Duprat, le premier «numéro 2» du FN

Au coeur du FN, la « question israélienne » en débat

Jean-Marie Le Pen à Anvers

Création en Belgique d’un comité pro-Le Pen

Les lepénistes belges de 1972 à nos jours

Elu du FN français devant les tribunaux


Sélection d'articles de RésistanceS.be
sur l'extrême droite française
(liste non-exhaustive) :

L'Ordre nouveau déstabilisé face à Mai 68

L'extrême droite française s'installe à Liège

Les « Identitaires » laminés !

L'extrême droite bientôt battue par la gauche rebelle

Le who's who des éditions Dualpha et Déterna

Sarkozy et l'UMP récupérés par l'extrême droite belge ?

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«Rivarol», Chard et leurs amis n'aiment pas les juifs