Reportage
de RésistanceS.be chez les purs et durs...
Après le Front national,
la Nouvelle droite populaire ?
Sous le thème de la «Renaissance européenne»,
le 23 novembre dernier se tenait dans de cossus salons parisiens la
deuxième journée de «Synthèse Nationale».
Cette revue d'extrême droite est à l'initiative de la
Nouvelle droite populaire (NDP). Fondée il y a quelques mois,
la NDP à l'ambition de participer à l'«après-Front
national» de Jean-Marie Le Pen, un parti désormais en
voie d'implosion. A ce rendez-vous de la «droite nationaliste
et identitaire», les purs et durs, les nostalgiques de l'Ordre
nouveau, étaient au rendez-vous : des racialistes de Terre
& Peuple à la revue négationniste «Révision».
Filip Dewinter, le dirigeant des radicaux du Vlaams Belang y était
également présent. Comme RésistanceS.be !
Voici un compte rendu exceptionnel de
cette journée particulière de «Synthèse
Nationale» réalisé par Antoine Sindelar, un des
correspondants de RésistanceS.be en France.

Même style et même discours. Photo
en noir et blanc : meeting du mouvement Ordre nouveau, à Paris
le 13 mai 1970. Photo en couleur : rassemblement, en octobre 2007,
du noyau militant qui fondera quelques mois plus tard la Nouvelle
droite populaire (NDP). Le premier mouvement a été à
la base, en 1972, du Front national qui passera ensuite sous le contrôle
de Jean-Marie Le Pen. Le second, la NDP, est un mouvement fondé
par des dissidents frontistes, qui prend pour modèle... Ordre
nouveau.
En entrant dans la salle, allégé de 7 euros, on sent
que ça ne va pas être le grand rassemblement. Malgré
le chauffage à fond, on est tout de même loin des meetings
d'extrême droite d'antan, ceux d'Ordre nouveau par exemple.
Le lettrage des trois banderoles - «Synthèse Nationale»,
«Nouvelle Droite Populaire» et «Renaissance Européenne»
-, qui accueillent les participants, est pourtant une référence
directe aux plus belles heures d’Ordre nouveau ou du Parti des
forces nouvelles (PFN), des mouvements néofascistes historiques
des années 1970, d'où proviennent plusieurs dirigeants
de la revue «Synthèse Nationale» et du mouvement
Nouvelle Droite Populaire (NDP). Cela tombe bien, le premier stand
de cette journée organisée par ladite revue, nous propose
justement de décorer nos intérieurs avec des affiches
d'époque éditées par les feus Groupe Union Défense
(le fameux GUD) et PFN. Voilà qui ne rajeunit pas les militants
présents. Un coup d’œil dans la salle nous prouve
qu’on n’est pas les seuls à avoir pris un coup
de vieux. On se dit qu’il doit y avoir une autre salle pour
les moins de 50 ans… Ah non : on voit deux «jeunots»
qui discutent là-bas ! Moyenne d’âge très
élevée, classe sociale plutôt aisée, trentenaires
qui se comptent sur les doigts d’une main, 80 % d’hommes...
Un bilan qui permettra pourtant à Roland Hélié,
le grand organisateur de cette journée de «Synthèse
Nationale», de parler de succès. Il ira jusqu’à
revendiquer 400 entrées là où nous n’aurons
vu qu’une petite centaine de visiteurs, en comptant même
la quinzaine d’intervenants et les tenanciers des stands...
Le tour de ces derniers, ramassis de
rebuts de la fête frontiste des «BBR» (Bleus-Blancs-Rouges),
finit d’ailleurs de nous confirmer que nous avons à faire
à un regroupement, certes présentable, mais plus cohérent
et radical que ceux du Front national de Jean-Marie Le Pen : une frange
racialiste, judéophobe, antisémite, anti-islam, identitaire
européenne et régionaliste blanche. D’un point
de vue religieux, on sent majoritairement la tendance païenne,
mais cela ne constitue pas un point de désaccord fondamental
entre les présents à ce «meeting nationaliste
et identitaire».
Stands et matos
Les têtes d’enterrement ou de vieilles ganaches
d’Algérie française, nous confirment également
qu’on ne va pas s’amuser. L’ambiance est morose
: certains constatent, dépités, la baisse de fréquentation
d’année en année (par grandeur d’âme,
nous ne les dénoncerons pas dans ces colonnes), et sur chaque
stand, on déplore la dispersion de la «famille nationaliste»,
on se désole sur ce qu’il faudrait faire et n’est
pas fait. Surtout, on ne manque pas de jeter l’anathème
sur «les autres», y compris des gens présents dans
la même salle.
Même le bar ne parvient pas à
remonter le moral des troupes: accueil désagréable,
sandwiches rachitiques, de la Kro ou du faux jus de fruit à
bulles discount. Cela ne fait pas très «enraciné
et bons produits» tout ça.
Nous croiserons le mouvement Terre & Peuple (où on débat
de l’opportunité du passage à l’action terroriste…
mmh réjouissant), les journaux dits «non-conformistes»
et «Fromage Blanc», l'association France Résistance
et le Cercle franco-hispanique (CFH). Sur le stand de ces dernières,
on vend du «matos» pour tous les nostalgiques de la dictature
franquiste, mais aussi quelques publications de l’Agrif... l'Alliance
générale contre le racisme et pour le respect de l'identité
française et chrétienne !
Le stand le plus fourni - en livres d’occasion surtout - est
celui de la librairie parisienne Primatice. Tenue par le publiciste
Philippe Randa, le même qui avait vu sa librairie liégeoise
fermée en ce début d’année .
Seuls stands étrangers: le stand «pro-München»
et celui de la campagne «Villes contre l’islamisation».
Aucune activité sectorielle. Sur le stand de Randa, quelques
prospectus en vrac pour des associations centrées sur la mauvaise
utilisation de nos impôts en matière de justice et sécurité.

Lors de la journée de «Synthèse
Nationale» consacrée à la «Renaissance européenne»,
le 23 novembre dernier, de gauche à droite : André Gandillon
(rédacteur en chef de la revue néofasciste «Militant»,
fondée par des anciens de la Waffen SS française !),
Jean-Claude Rolinat (secrétariat général de la
NDP), Pierre Descaves (ancien député, conseiller régional
de Picardie, président de France Résistance) et Pieter
Kerstens (responsable de l'Alliance bruxelloise contre le déclin,
un mouvement francophone au service du Vlaams Belang).
Flash et propos pro-négationnistes
On trouve aussi «Flash», le nouveau journal du
même Randa et de ses amis nationaux-sociaux, Alain Soral et
Christian Bouchet. C'est deux-là sont pourtant des proches
de Marine Le Pen, la «normalisatrice» du Front national
de son papa ! Une personnalité détestée chez
les piliers de «Synthèse nationale». Insupportable
sur le fond mais aussi sur la forme tellement les couleurs et la charte
graphique font mal à la tête : «Flash», est
un journal qui porte bien son nom. Les éditions du Lore sont
également présentes. Cette maison d'édition est
très versée dans tout ce qui touche aux SS (les troupes
d'élite du nazisme, pour rappel), à «Mein Kampf»,
à l'occultisme, à l'ésotérisme, aux indo-européens...
Egalement là, un stand aménagé pour la pathologique
revue négationniste «Révision». Mais c’est
à la Librairie du Savoir (sise à Paris XIVème)
que l’on se répand ouvertement en propos négationnistes
abjects, que l’on fait l’apologie de Vincent Reynouard,
le propagateur négationniste français exilé en
Belgique et condamné en juin à un an de prison ferme
( ).
Reynouard vit aujourd'hui en clandestinité. A ce stand, des
conseils sont donnés aux petits jeunes présents pour
naviguer sans peine sur les sites voués à la négation
du génocide des Juifs commis par les nazis.
Curieusement, dans son compte-rendu,
Hélié oubliera de préciser la présence
de ces idées et publications...
Parmi les tendances présentes, la seule formation officiellement
présente est la NDP, dont «Synthèse Nationale»
est un peu devenu l’organe officiel, ce qui est révélateur
de la vitalité du parti. On notera tout de même la présence
de Claude Hermant, ancien barbouzard et leader de Terre Celtique.
Cette association du Nord de la France s’est alliée aux
Jeunesses Identitaires et a ouvert en 2008, dans la banlieue riche
de Lille, un local identitaire, la «Maison du Peuple Flamand»
(Het Vlaams Huis). Véritable base arrière de formation
politique et sportive d’extrême droite, elle est aussi
fréquentée par les Belges du mouvement Nation.
La journée de «Synthèse
nationale»/Nouvelle droite populaire (SN/NDP), sous le label
de la «Renaissance européenne», est découpée
en trois conférences sur les thèmes de «la crise»,
de «l’identité» et du «nouvel ordre
mondial». Consistant à trois à quatre prises de
parole à la tribune, par de piètres orateurs (dont seulement
deux femmes sur les trois conférences !) lisant leur texte,
ne laissant que peu de débat avec la salle, ces conférences
ressemblent plus à des exposés sur la situation qu’à
de véritables réflexions théoriques et stratégiques.
Les discours sont anxiogènes («ça va mal»),
sans solutions concrètes (juste des «y’a qu’à»)
et surtout sans réelle perspective politique claire. Le fond
consiste en une version radicale de l’«identité
européenne» et des supposées «races»,
agrémentée de slogans antimusulmans et d’un antisémitisme
toujours bien présent. De l’aveu d’un intervenant,
son discours a été lu au préalable et on lui
a demandé de l’édulcorer. Sûrement pour
éviter le scandale qui avait suivi jadis une envolée
douteuse de Pierre Vial. Le dérapage de ce théoricien
racialiste, ex-FN, ex-MNR et aujourd'hui proche de SN/NDP, s'était
produit lors de la deuxième «Fête de l’identité
et des libertés» en 2003. Les proposes scandaleux de
Vial avait alors été captés par une caméra
cachée.
Les rares applaudissements qui ponctuent
les prises de parole de cette journée sont suscité par
les phrases les plus clairement racistes, comme lorsqu’un papy
en surchauffe dans le public s’exclame : «Le mondialisme
US organise le mélange des races !!». Au cas où
on aurait oublié qui organise la journée, Hélié
vient faire de la retape à chaque conférence pour glaner
des abonnements à sa revue confidentielle. Pathétique...

L'Anverois Filip Dewinter, le dirigeant des
radicaux du Vlaams Belang, et le Bruxellois Pieter Kerstens, ancien
dirigeant du PFN néonazi, sont les contacts en Belgique de
la Nouvelle droite populaire française. Photos prises lors
de la journée de «Synthèse Nationale» consacrée
à la «Renaissance européenne», le 23 novembre
2008 à Paris.
Invités de Belgique : l'ABCD et Dewinter
Lors de la conférence sur la crise, les intervenants
sont incohérents et faiblards idéologiquement. Ils n’arrivent
pas à choisir si le système peut être réformé,
ou renversé, et dans ce cas, s’ils doivent participer
à son effondrement. Les intervenants se retrouvent par contre
sur la nécessité d’une crise encore plus forte,
une sorte de décroissance d’extrême droite. Pierre
Descaves, vieille baderne de l'association France Résistance
dira qu’«il n’y a pas de sursaut de la population
parce que les assiettes sont pleines», ce à quoi Pieter
Kerstens rajoutera : «Il faut abandonner l’Etat-providence
et se serrer la ceinture». Invité de Belgique, Pieter
Kerstens est le leader de l'Alliance bruxelloise contre le déclin
(ABCD, sur celle-ci )
et l'«agent de liaison» entre le Vlaams Belang et l'extrême
droite ultra française. Le même Kersten est lui aussi
un disciple d'Ordre nouveau, il était en effet membre jusqu'en
1991 de la direction du Parti des forces nouvelles, version belge...
Comme on pouvait s’y attendre de
la part d’un mouvement d’extrême droite, le discours
est antimatérialiste : antimarxiste et antilibéral à
la fois. Leurs réponses économiques reposent sur une
critique antilibérale de la mondialisation (sans être
anticapitaliste : en effet la droite nationaliste est favorable au
capitalisme, de type national, et préconise des mesures ultralibérales
en matière sociale !), assimilée à une «hégémonie
étasunienne». Ils prônent des régulations,
la souveraineté des Etats (abandon de l’Euro, une «monnaie
d’occupation» (sic)) et la création d’une
«Europe de la puissance», y compris sur le plan militaire.
La conférence centrée sur
l’identité sera l’occasion de diatribes contre
l’Islam, les «lobbies antiracistes», «liberticides»
ou «pro-immigration ». Orateur directement sorti des actualités
des années 1940, Arnaud Raffard de Brienne dira ainsi que «L’immigration
n’est pas une chance pour la France, c’est LA malchance».
Face aux antiracistes «qui-font-rien-qu’à-les-embêter-à-dire-la-vérité»,
Anne Kling, l'une des conférencières, place son espoir
sur le plan européen où «l’espace de liberté
pour les valeurs identitaires est plus fort». Un exemple ? La
Flandre qui représente un modèle du genre pour la liberté
d'expression des nationalistes identitaires, selon cette leader d'extrême
droite, notamment auteure de «La France Licratisée»,
référence directe à la Licra... la Ligue contre
le racisme et l'antisémitisme, une organisation juive. Frédéric
Pichon, du cercle Europae Gentes, conclut son sermon - truffé
de citations bibliques - par «Le fléau, c’est les
droits de l’Homme ; la référence, la Reconquista».
Enseignement intéressant, les prises de parole sont placées
sur le plan non pas seulement national mais systématiquement
rattachées à la dimension européenne et pro-russe.
Un intérêt européen manifesté par la présence
du mouvement Pro-München, du bruxellois déjà cité
Pieter Kerstens et de Filip Dewinter, invité d’honneur
de la journée de SN/NDP. Dewinter, chef des radicaux du Vlaams
Belang, reprendra son discours alarmiste habituel sur l’islam,
un «coucou qui pond ses œufs dans le nid européen»,
et anti-immigration. Pour le dirigeant VBiste, la réthorique
est simple : «L’immigration précède le multiculturalisme,
et le multiculturalisme précède l’islamisation».
Il confiera par ailleurs ne pas être très optimiste pour
les élections de 2009, à cause de la concurrence de
la Lijst Dedecker, conduit par le populiste Jean-Marie Dedecker, ex-parlementaire
du parti libéral flamand. S’il se félicite de
sondages effectués en Belgique, très favorables aux
idées séparatistes, il a peur de la concurrence électorale
faite à son parti, existant depuis 1978, par celui de Jean-Marie
Dedecker, un tout nouveau parti. Pas abattu pour autant, Filip Dewinter
trouvera de la ressource pour discuter de manière décomplexée
des Waffen SS avec le français Philippe Randa. Il profitera
de l'occasion pour lui raconter une blague raciste sur Bruxelles :
«La première communauté à Bruxelles, c’est
pas les francophones, c’est les maghrébins». Hahaha...
c'est l'humour classique des grandes messes d'extrême droite.

En 1990, plusieurs des initiateurs de la Nouvelle
droite populaire avaient déjà tenté de fonder
une alternative au Front national de Jean-Marie Le Pen. Celle-ci avait
pris le nom d'Espace nouveau, toujours sur le modèle d'Ordre
nouveau (ce n'est donc pas un hasard : les deux noms sont très
proches). La photo ci-dessus a été prise lors du «deuxième
colloque» proposé par Espace nouveau, le 8 décembre
1990, sur le thème «Au-delà de l'Occident, l'indépendance
nationale». A la tribune se trouvent notamment Jean-François
Touzé et Roland Helie, deux des fondateurs en 2008 de la NDP.
Mais aussi le Belge Robert Steuckers, un idéologue aujourd'hui
proche du mouvement Nation - Photo : Archives RésistanceS.be
Plat de lasagnes trop cuites
Les enseignements les plus intéressants seront les
messages communiqués de la part de deux invités n'ayant
pas pu être présents. Le désormais scissionniste
du Front national nordiste, Carl Lang, qui fut l'un des bras-droit
de Jean-Marie Le Pen durant près de vingt ans. Dans un message
lu, Lang apportera son soutien à la journée de «Synthèse
nationale». Le message de son «camarade» Pierre
Vial, chefaillon du mouvement racialiste Terre & Peuple, proclamera
: «Désormais, la ligne de front est clairement dessinée
entre ceux qui se battent pour faire vivre notre identité ethnique
et ceux qui veulent la détruire. Il faut choisir son camp».
Au final, le spectacle de cette petite fraction de la «communauté
nationaliste et identitaire» ne laisse pas le sentiment d’un
mouvement de masse capable de renouer avec les succès frontistes
des années 1980. On a l’impression d’assister au
redémarrage du Mouvement national républicain (MNR)
de Bruno Mégret, la dissidence frontiste de 1998, avec une
autre équipe, dix ans plus tard. Avec peu de cadres, encore
moins de jeunes, une faible implantation nationale, sans moyens, ignorés
des médias et inconnus du grand public, et avec des leaders
au charisme digne d’un plat de lasagnes trop cuites, l’expérience
semble vouée à la confidentialité. Cependant,
«Synthèse nationale» et la Nouvelle droite populaire
maintiennent en place un courant nationaliste radical. On voit se
dessiner, en effet, d’un point de vue sémantique, programmatique
et structurel, des convergences entre la NDP, SN, la nébuleuse
de l'ex-frontiste Carl Lang, celle du racialiste Pierre Vial et des
antisémites de l'Oeuvre française (voir notre encadré
ci-dessous).
Le programme de ce courant de la «droite
nationale» est clair sur les questions d’identité
et d’Islam. Ils sont des purs et durs à côté
d'un FN qui a été obligé de composer entre ses
différentes tendances, ses tentatives de banalisation et un
nouvel électorat, composé aussi de Nord-Africains assimilés.
Depuis dix ans, le contexte a changé
et le discours de la Nouvelle droite populaire et de sa revue de réflexion
est en phase avec les questions d’identité et d’enracinement
que se pose depuis belle lurette l'extrême droite française.
L’autre atout de la NDP et de SN est la portée directement
européenne de la mouvance politique qu'ils tentent de diriger.
Une opération que le FN avait jadis réalisée
avec beaucoup de difficultés. Dans une période de radicalisation,
leur antilibéralisme assumé et leur antiatlantisme (contre
l'impérialisme des USA) peut trouver un nouvel écho.
La véritable inconnue réside dans les réactions
des autres sous-groupes de la famille nationaliste, notamment du Bloc
identitaire, ce mouvement très actif chez les jeunes nationalistes
était absent – exclu ? - de la journée du 23 novembre
dernier.
Assistera-t-on à une convergence
de ces sous-groupes, à l'occasion des élections européennes
de juin prochain ? Si tel était le cas, il s'agirait d'un
coup d’essai pour mesurer l'état des forces des radicaux
de l'ultradroite française. Une présence à ce
scrutin pourrait aussi donner lieu à une marginalisation définitive
de ce courant nationaliste...
Une reportage d'Antoine Sindelar
Correspondant de RésistanceS.be en France
Who's
who
La mouvance de la Nouvelle droite populaire
La NDP, initales de la Nouvelle droite populaire, n'est qu'un
des héritiers possibles du Front national de Jean-Marie
Le Pen. La publication confidentielle «Synthèse
nationale» joue un rôle pivot dans les ambitions
de la NDP. Portrait radioscopique de cette mouvance radicale
de la «droite nationaliste et identitaire».

A gauche, une affiche d'Ordre nouveau, le mouvement
historique de référence de l'extrême droite
française. La Nouvelle droite populaire, sa revue «Synthèse
nationale» et sa dissidence, la Nouvelle droite républicaine
(NDR), restent nostalgiques de l'époque d'Ordre nouveau
– Doc. RésistanceS.be
«Synthèse
nationale»
Apparue en 2006, elle se définit comme une «revue
nationale et identitaire» qui se donne l'objectif de reprendre
le flambeau de la droite nationaliste sur les ruines du Front
ntaional lepéniste. Adoptant le style d'une publication
de réflexion, son modèle est feue la publication
«Défense de l’Occident», édité
par Maurice Bardèche, un des principaux théoriciens
de l'extrême droite fasciste de l'après-Guerre, et
auteur en 1948 du premier ouvrage niant l'existence du génocide
des Juifs commis par les nazis (1). Rassemblant des anciens, des
dissidents et des opposants nationalistes au Front national de
Jean-Marie Le Pen, le principal animateur de la «mouvance
Synthèse nationale» est Roland Hélie. C'est
un ancien de la direction du Parti des forces nouvelles, une dissidence
du FN née en 1974. Hélie rejoindra pour finir le
FN, avant de le quitter à nouveau pour fonder le comité
Espace nouveau.
A «Synthèse
nationale», on trouve également Robert Spieler,
ancien du FN et fondateur du mouvement Alsace d'Abord, et Philippe
Randa, le directeur des éditions d'extrême droite
Dualpha. Des Belges collaborent également à cette
revue, comme Pieter Kerstens, ex-dirigeant du Parti des forces
nouvelles (PFN, d'obédience néonazie) et actuel
responsable de l'Alliance bruxelloise contre le déclin
(ABCD), regroupant notamment des Bruxellois francophones partisans
du Vlaams Belang.
«Synthèse
nationale» revendique sur son blog des liens avec les
partis et mouvements d'extrême droite les plus ultras
en Europe: le BNP en Grande-Bretagne, le BZOe en Autriche (le
parti fondé par feu Jörg Haïder), Europa nacion,
Fondation Francisco Franco et la Phalange en Espagne, Fiamma
tricolore et Forza Nuova en Italie, le Vlaams Belang...
Nouvelle droite populaire
(NDP)
Issu du «Comité d’initiative pour la refondation»,
lancé le 29 mars de cette année par les responsables
de la publication «Synthèse nationale», ce
nouveau mouvement politique est apparu le 1er juin dernier à
Paris. Son objectif est de rassembler les différentes courants
de l'extrême droite française en vue de préparer
l'après-Le Pen et le remplacement du Front national par
un nouveau parti politique «nationaliste et identitaire».
Les principaux initiateurs de la NDP proviennent du MNR de Bruno
Mégret, du FN et du mouvement régionaliste Alsace
d’Abord.
L'objectif
numéro un de la NDP est le «refus de l’immigration
extra européenne et de l’islamisation». A
ce sujet, elle précise : «Notre Europe est envahie
par des masses venues d’ailleurs. Avec la meilleure volonté,
nous ne pouvons pas accueillir toute la misère de la
terre. Cette immigration, souvent synonyme d’islamisation,
est une menace pour notre identité européenne
: il est temps de réagir !».
Depuis
son apparition, la NDP et sa revue «Synthèse nationale»
multiplient les contacts avec d'autres structures de l'extrême
droite française actives en dehors de la sphère
du FN: l'OEuvre française, Terre & Peuple, la revue
«Militant»... But : réorganiser, refonder
et relancer la «droite nationaliste et identitaire».
Caractérisée
par le syndrome de l'exclusion aiguë, la direction de la
Nouvelle droite populaire a exclu Jean-François Touzé,
l'un de ses fondateurs, en septembre 2008 ! En réaction,
il fondera une nouvelle formation politique : la Nouvelle droite
républicaine (NDR).
Nouvelle droite républicaine
(NDR)
La NDR a été mise sur pied, en septembre 2008, par
Jean-François Touzé, le dirigeant-fondateur de la
Nouvelle droite populaire, qui venait de se faire exclure de ce
mouvement. Le 26 septembre dernier, sur le blog de «Ligne
droite», le club de réflexion nationaliste de Jean-François
Touzé, il était mentionné au sujet de la
NDR : «Ni parti politique, ni simple club de pensée,
la NDR doit être un rassemblement. Rassemblement d’associations,
de comités locaux, d’élus, de personnalités,
d’énergies. Rassemblement de tous ceux qui veulent
mener l’action politique dans une perspective nouvelle au
sein d’un courant droitiste, occidentaliste et conservateur
au sens noble du terme».
Alexandre
Vick
(1) Extrait d'un
passage de l'interview publiée ce mois-ci sur le site
Internet monarchiste «GénérationFA8»
de Roland Hélie, l'un des responsables de «Synthèse
nationale» : «Ayant gardé tous mes contacts
au sein de la famille nationale, en 2006 je décidais
de me relancer dans l’aventure. Comme je vous l’indiquais
au début de cette présentation, Défense
de l’Occident, la revue de Maurice Bardèche, avait
contribué à ma formation politique, ainsi qu’à
celle d’un grand nombre de mes camarades. Or, en 2006,
ce type de revue n’existait plus. D’où notre
idée, avec quelques amis parmi lesquels Robert Spieler,
de créer la Synthèse nationale».
|
© RésistanceS –
web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite –
www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis
en ligne le 26 novembre 2008.
|
La
Nouvelle droite populaire (NDP) veut proposer une alternative au Front
national de Le Pen. Ce fut le cas à la tribune de son meeting
du 23 novembre dernier.
Sur l'un des leaders de la mouvance NDP, lire
sur RésistanceS.be :
•
Philippe Randa, un éditeur au service
de l'Ordre nouveau
Sur le Front national français
lire notamment sur RésistanceS.be :
•
Nicolas Sarkozy sur le terreau du Front national?
• Campagne
présidentielle de Jean-Marie Le Pen •
Voyage en «lepénie»
• Portrait
de François Duprat, le premier «numéro 2»
du FN
• Au
coeur du FN, la « question israélienne » en débat
• Jean-Marie
Le Pen à Anvers
• Création
en Belgique d’un comité pro-Le Pen
• Les
lepénistes belges de 1972 à nos jours
• Elu
du FN français devant les tribunaux
Sélection d'articles de RésistanceS.be
sur l'extrême droite française
(liste non-exhaustive) :
• L'Ordre
nouveau déstabilisé face à Mai 68
• L'extrême
droite française s'installe à Liège
• Les
« Identitaires » laminés !
• L'extrême
droite bientôt battue par la gauche rebelle
•
Le who's who des éditions Dualpha et Déterna
• Sarkozy
et l'UMP récupérés par l'extrême droite
belge ?
• Les
liens belges de «Réfléchir & Agir»
• «Rivarol»,
Chard et leurs amis n'aiment pas les juifs
|