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En marge de l'élection
présidentielle
Etat des lieux de l'extrême droite américaine
Le 24 août dernier, trois nervis racistes d'extrême
droite furent arrêtés aux Etats-Unis, à Denvers.
Ils avaient le projet d'y assassiner Barack Obama, le candidat du
parti démocrate (gauche libérale) pour l'élection
présidentielle du mois de novembre prochain. L'occasion pour
l'hebdomadaire belge Télémoustique de proposer à
ses lecteurs une radioscopie de l'ultra droite raciste, nationaliste
et terroriste d'outre-Atlantique. Avec l’éclairage de
ResistanceS.be, le web-média de l'Observatoire de l'extrême
droite. Voici des extraits de l'entretien que Manuel Abramowicz accorda
sur ce sujet au journaliste Pascal De Gendt de Télémoustique.

Avec l'aide notamment de ResistanceS.be, l'hebdomadaire
belge Télémoustique a récemment proposé
à ses lecteurs un voyage dans l'Amérique fasciste, suite
au projet d'assassinat du premier possible président afro-américain
de l'Histoire des Etats-Unis © Télémoustique.
Aux Etats-Unis, l'image incarnée de l'extrême droite
est celle des cagoules et des tuniques blanches du Ku Klux Klan (KKK).
«Il existe une multitude de branches, de chapelles qui se
réclament du KKK. Mais il n'y a plus d'organisation klaniste
unifiée», explique Manuel Abramowicz, coordinateur
de l'Observatoire belge de l'extrême droite.
«Certaines chapelles du KKK
continuent le ''folklore" d'antan qui caractérisait cette
vieille organisation raciste et violente : port de cagoules et cérémonie
de la croix brûlée. D'autres branches klanistes se sont
transformées en organisations néonazies pures et dures.
Ces groupuscules prônent la violence armée contre les
Noirs et les Juifs. Ces derniers, dans leur ''mythologie'', se cachent
sous le vocable du ZOG (Zionist Occupation Government). Une partie
des mouvements d'extrême droite aux Etats-Unis ont par ailleurs,
légalement, pris la forme de milices paramilitaires».
«Les activistes de l'extrême
droite américaine vivent souvent reclus, de manière
sectaire, dans des propriétés privées transformées
en camps retranchés. C'est de là que venait Tim McVeigh,
l'auteur de l'attentat à Oklahoma City», continue Manuel
Abramowicz. «Le 19 avril 1995, veille de la célébration
de la naissance du ''Führer'' Adolf Hitler, ce terroriste d'extrême
droite faisait exploser un bâtiment fédéral, provoquant
la mort de 168 victimes innocentes. Tim McVeigh a agi seul. Mais,
pour avoir été fourni en armes et explosifs, il devait
faire partie d'une organisation dont il n'a été que
le bras armé. Il a été idéologiquement
formé pour commettre ce type d'attentats».
Pour le raciste qui rêve de passer
à l'action, les Etats-Unis sont en tout cas un vrai paradis
au regard de ce que connaît l'Europe. On y trouve beaucoup plus
facilement des groupuscules violents, parfois folkloriques mais souvent
bien structurés, et armés...
Guerre ethnique
«La progression démographique inquiète obsessionnellement
l'ultradroite blanche américaine. Les mouvements néofascistes
états-uniens craignent que les Blancs ne deviennent qu'une
minorité parmi les autres minorités. La thèse
de la guerre ethnique aux USA traverse toute l'extrême droite
américaine, comme en Europe d'ailleurs», explique
Manuel Abramowicz. «Un de leurs ouvrages de référence
est "Les Carnets de Turner", écrits dans les années
70 par William Pierce, sous le pseudonyme d'Andrew Macdonald, leader
du groupuscule Alliance nationale. Les récits d'attentats et
de meurtres de Noirs constituent le corps de cet ouvrage qui trouve
également un écho jusque chez nous. A Bruxelles, des
exemplaires de ce livre appelant à la haine raciale étaient
vendus sous le manteau, dans un restaurant de la rue Blaes »
(Note de RésistanceS.be : voir notre encadré ci-dessous).
Cette idéologie séduit
plutôt les laissés-pour-compte de l'ultralibéralisme,
une population généralement rurale qui trouve dans cette
haine raciale un exutoire à ses propres problèmes. Si
de nombreux conflits idéologiques ou de personnes empêchent
heureusement une unification de cette extrême droite violente,
les différents courants partagent tous des idées «suprémacistes»,
antisémites et antiétatiques. «Adeptes de
la théorie du complot et traversés de courants paranoïaques,
les militants de l'ultradroite raciste nationaliste doivent paniquer
à l'idée d'avoir un jour un président noir. Cette
perspective peut être un facteur de redynamisation pour l'ultradroite
raciste blanche».

Aux Etats-Unis, il y a une myriade d'organisations,
souvent groupusculaires, se revendiquant ouvertement – et légalement
! - du nazisme. C'est le cas du NSDAP-AO. S'auto-désignant
comme le parti hitlérien allemand reconstitué outre-Atlantique,
le NSDAP-AO bénéficie de «sections» ou de
correspondants en Europe. En France, il s'agit du Mouvement national-socialiste
français (MNSF). Ce groupuscule est lié en Belgique
au Front Eolh-Belgica, formé des nazis-skins de Konflikto 28.
Ces derniers avaient apporté leur soutien au mouvement Nation.
Désormais, ils semblent soutenir le nouveau Front national...
- Document : ResistanceS.be – Observatoire de l'extrême
droite (www.resistances.be).
Danger relatif
Un de plus. Ces dernières années, la guerre contre le
terrorisme islamique et l'afflux d'immigrés mexicains et sud-américains
leur ont en effet déjà servi. Sans oublier les tonalités
très religieuses qu'a pu prendre, à certains moments,
la politique des années Bush. «C'est vrai qu'une
organisation comme l'Eglise mondiale du Créateur, par exemple,
exerce une réelle influence sur les skinheads néonazis.
Jusqu'en Belgique d'ailleurs, où une ''section'' de cette secte
politico-religieuse néonazie a existé. Mais comme c'est
souvent le cas en Europe, l'extrême droite américaine
est une armée mexicaine: il y a plus de personnes qui veulent
devenir général que de troupes et de soldats. Les divisions
entre les différents courants nationalistes américains
sont profondes, datent parfois de plusieurs dizaines d'années,
et sont donc presque impossibles à gommer. Mais ceci n'exclut
pas une possible répétition d'actions aveugles et terroristes
visant Barak Obama, à l’instar du projet de l'assassiner
lors de la convention démocrate de Denver, à la fin
du mois d'août», conclut Manuel Abramowicz.
Roger Martin, auteur du livre de référence
«AmeriKKKa, voyage en Amérique fasciste», ne se
dit pas trop inquiet. «Des tentatives de paumés sont
toujours possibles, mais les gens vraiment dangereux sont surveillés.
De plus, pour être un peu iconoclaste, je rappellerai d'abord
que tout le discours d'Obama ne déplaît pas à
l'ultradroite. Il s'est, par exemple, fait le chantre de la NRA, le
puissant lobby des armes, et a attaqué Hillary Clinton sur
son idée de contrôler la vente d'armes».
Si Obama remporte l'élection,
Roger Martin est d'ailleurs persuadé que les partisans du mouvement
pour les droits civiques ne seront pas les seuls à crier victoire:
«Pour les extrémistes, l'élection d'Obama
serait du pain bénit. Elle serait une opportunité formidable
de mobilisation».
Ce paradoxe suffira-t-il à l'immuniser
contre ces balles qui ont déjà fauché quelques-uns
de ses prédécesseurs?
[extrait de l'article-entretien de Pascal
De Gendt, publié dans l'hebdomadaire belge Télémoustique,
du 3 septembre 2008, pages 30 à 34]
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«The
Turner Diaries»... vendu à Bruxelles !
Aux
Etats-Unis, les extrémistes de l'Amérique fasciste
et raciste ont leur livre de chevet. Il s'agit d'un roman intitulé
«The Turner Diaries». Il a été écrit
il y a trente ans déjà, en 1978 (certaines sources
parlent de l'année 1976). Son auteur est un certain Andrew
Macdonald, un nom derrière lequel se cachait le docteur
William L. Pierce (1933-2002). En 1974, cette personnalité
de la politique nord-américaine de l'ombre fonda la National
Alliance, un groupuscule nationaliste radical peu avare de témoignages
de sympathie envers le nazisme d'Adolf Hitler. Cette alliance
nationale existe toujours de nos jours pour défendre
la «race blanche».
Le roman de son dirigeant-fondateur
relate l'histoire d'un «résistant blanc»,
Earl Turner, dans un pays sous la coupe du multiculturalisme.
Turner, un ingénieur électricien sans histoire,
va pourtant un jour prendre les armes contre le gouvernement
américain vendu au «cosmopolitisme». C'est
sa haine de l'oligarchie et de la démocratie qui sera
le moteur de sa croisade contre les ennemis désignés
de l'Amérique blanche : les progressistes, les Noirs
et les Juifs. La guerre d'Earl Turner sera totale. Terroriste
et sans pitié, ce voyage au cœur de la guerre ethnique
est guidé par le journal de bord de ce Turner.
Le roman politique de Pierce est
devenu depuis la référence des militants de base
du néonazisme et de l'antisémitisme nord-américain.
Il a été vendu à plus de 500.000 exemplaires.
Plus qu'une histoire romancée, il est considéré
comme un «Manuel de survie» à l'invasion
étrangère du sol national américain sous
le contrôle des Juifs. Tous les adeptes du «terrorisme
noir» utilisent «The Turner Diaries» comme
référence pour endoctriner les futurs guerriers
blancs de la lutte armée. L'extrême droite des
USA n'est pas la seule du globe à avoir pris pour argent
comptant l'histoire d'Earl Turner. Même si ce livre a
été interdit dans de nombreux pays.
Le livre de William
Pierce a été traduit et édité voici
déjà plusieurs années en langue française
par Henri de Fersan, un publiciste d'extrême droite français.
Connu sous le titre «Les Carnets de Turner» (parfois
référencé comme «Le Journal de Turner»),
cette édition est illustrée par Chard, la caricaturiste
vedette de l'extrême droite française, du journal
national-catholique Présent à l'hebdomadaire Rivarol
(sur Chard, lire sur ResistanceS.be l'article «Rivarol,
Chard et leurs amis n'aiment pas les Juifs»).
Depuis lors, la version française
se lit abondamment chez les partisans de l'Ordre nouveau. En
2003, «Les Carnets de Turner» pouvaient s'acheter,
pour la somme de 20 euros et avec une dédicace d'Henri
de Fersan, dans un restaurant bruxellois de la rue Blaes, dont
le propriétaire était alors connu pour ses sympathies
pour l'extrême droite. La diffusion en Belgique de l'édition
française du roman raciste préconisant le terrorisme
était alors prise en charge par un vieux propagandiste
d'écrivains fascistes, comme le prouve un document de
promotion en possession de la rédaction de ResistanceS.be.
Cet individu est toujours actuellement actif, notamment en soutenant
le mouvement Nation. Un mouvement d'extrême droite qui,
sans doute converti au politiquement correct par opportunisme,
dit rejeter pourtant toutes références trop «guerrières».
[Alexandre
Vick / ResistanceS.be]
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© RésistanceS
– web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite
– www.resistances.be – info@resistances.be – Article
mis en ligne le 30 septembre 2008 / 23 h 39.
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Le Ku Klux Klan,
l'organisation raciste historique des Etats-Unis, reste de nos jours
une référence pour l'extrême droite, y compris
en Europe.
Sur l'extrême droite américaine,
lire sur ResistanceS.be
• Aux
Etats-Unis, l'extrême droite demeure menaçante
• Les
liens des nationalistes flamandes avec l'extrême droite des
Etats-Unis
• Le
Vlaams Belang drague les néoconservateurs nord-américains
• Attentats
aux Etats-Unis : des amis du Vlaams Belang crient victoire
• Les
USA derrière les «années de plomb»
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Condor, un terrorisme international au service de la dictature chilienne
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droite turque ?
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devant les tribunaux contre l'extrême droite
• Mai
68 : l'inhibition de l'extrême droite
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