Amère victoire Dimanche 5 mai, 21h31. Drôle dambiance, dans la salle où lon projette sur grand écran les résultats de ce second tour des élections présidentielles : bien sûr, on sattendait à ce que Super Menteur soit réélu. Mais labsence dexplosions de joie montre autre chose. Cest une amère victoire, en vérité. Une victoire faute de mieux, une victoire du moindre mal. On est loin du triomphe éclatant, personne ne songerait à déboucher le champagne ni à sauter de joie ; on prend acte, simplement. Le Pen, le premier moment de surprise passé, se ressaisit vite, pour oser parler, sans rire, de vote stalinien, délections totalitaires et de violations des règles démocratiques. On aimerait rire, mais on sent bien que ce type-là est dangereux, et que près dun Français sur cinq, tout de même, laurait volontiers propulsé dans le fauteuil présidentiel. Nausée. Chirac, quant à lui, ratisse large : cest quil lui faut à la fois marquer la distance qui le sépare de Super Facho, et en même temps rassurer ses électeurs de droite. Alors, il a la bouche pleine à la fois de démocratie, de liberté, dégalité et de fraternité, mais aussi de sécurité, de France et de Français. Scepticisme. Allez, là-dessus, bonne nuit. Rideau.
Lundi 6 mai 2002, 10 h 48. Et puis, surtout, Super Menteur devient paradoxalement le président français le mieux élu, lui qui, pourtant, était loin de faire lunanimité, et au premier tour, et pour sa politique lors de son premier mandat. Maintenant, rien nest gagné. Le Pen est toujours là, le fascisme rampant aussi. Et ce nest pas en proposant à ses téléspectateurs des débats sur le thème fondamentalement pervers et racoleur de « Comment parler de linsécurité et de limmigration ? », comme le faisait encore hier midi une chaîne populaire dorigine luxembourgeoise, que lon contribuera à lutter contre les amalgames, réductions et simplifications, mais aussi contre la peur et la haine qui font le lit de lextrême droite. Nos médias, cest sûr, ont une responsabilité écrasante dans la manière dont nous percevons le monde qui nous entoure et dans lequel nous vivons. Informer, ça nest pas, ça ne peut pas être courtiser laudimat en flirtant avec le caniveau. Comme lhomme politique, le journaliste se doit dêtre un éveilleur. Pas un racoleur. Au boulot ! Nadia GEERTS
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Nadia a publié récemment un livre chez Labor: "L'ecole à l'epreuve du voile" Plus... (15/9/2006)
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