Quelques considérations sur l’antiracisme
Or, rien n’est plus faux. L’idée fondatrice de l’antiracisme, ce n’est pas « Touche pas à mon pote » au sens simpliste de « Touche-pas-à-mon-pote, car-dès-lors-qu’il-est-d’origine-étrangère, il-ne-peut-être-que-sympathique, honnête-et-tolérant », mais au sens « Touche pas à mon pote sous le prétexte qu’il est d’origine étrangère ». Autrement dit : une revendication d’égalité absolue de traitement des uns et des autres, d’où qu’ils viennent ou d’où que viennent leurs ancêtres, dès lors que vivant dans le même espace, ils sont soumis aux mêmes lois et doivent bénéficier des mêmes droits. Alors oui, il y a aussi, au sein de la population d’origine immigrée, du racisme. De la violence. De l’intolérance. Du fanatisme. De la misogynie et du machisme imbécile. Et nous devons pouvoir les dénoncer, comme nous dénonçons les agissements des petites crapules d’extrême droite qui se gargarisent de racisme, de violence, d’intolérance, de fanatisme, de misogynie et de machisme imbécile. Mais être antiraciste, c’est reconnaître qu’à l’évidence, et partout dans le monde, les actes de racisme sont principalement le fait du groupe majoritaire sur un groupe minoritaire. Être antiraciste, c’est avoir conscience du fait qu’une démocratie se mesure à la manière dont elle protège ses minorités, et non à la manière dont elle les contraint à se conformer à la majorité. Être antiraciste, c’est refuser de restreindre le bilan de l’immigration à la seule somme des indéniables questions et problèmes qu’elle suscite. Être antiraciste, c’est choisir de relever ce défi de la société multiculturelle, plutôt que de camper dans des positions régressives. Être antiraciste, enfin, c’est persister à voir avant tout des hommes et des femmes derrière les catégories ethniques dans lesquelles l’extrême droite les enferme. C’est prendre la ferme résolution de juger chacun sur ses actes, et non en fonction de son appartenance réelle ou supposée à une communauté. C’est donner à chacun sa chance. Nadia Geerts © RésistanceS – Bruxelles –
Belgique – 13 mai 2004. |
Nadia a publié récemment un livre chez Labor: "L'ecole à l'epreuve du voile" Plus... (15/9/2006)
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