Sommet de Séville : cherchez l'humain Vendredi 21 juin. Premier jour de l'été. Premier jour, aussi, du sommet européen de Séville, lequel se consacre tout particulièrement à la lutte contre l'immigration clandestine. Et revoilà donc l'Europe que je crains, celle que j'abhorre : celle qui, frileuse, se retranche derrière dix mille policiers pour parler de contrôle des flux migratoires, de sanctions à l'encontre des pays par trop pourvoyeurs de clandestins et de police européenne des frontières ; le tout, bien sûr, non sans avant avoir d'abord suivi le match Angleterre-Brésil, que Tony Blair n'aurait pas envisagé un seul instant de rater. Je rêvais d'une Europe-étape : étape vers une mondialisation humaniste et non économique -, étape vers une citoyenneté mondiale, vers un abolissement des frontières et vers un triomphe du droit des gens à vivre autant que faire se peut libres et égaux. Pas d'une Europe-forteresse, se protégeant pour se maintenir dans le peloton de tête au hit-parade des pays riches, et se retranchant vertueusement derrière la nécessité impérative de réagir, face aux récents succès électoraux d'une extrême droite toujours populiste et xénophobe, par un meilleur contrôle des flux migratoires. Cherchez l'humain. Mais je sais. Je suis une indécrottable idéaliste, je dois voir les choses en face, mes rêves n'ont rien à voir avec la realpolitik que le bon sens recommande d'appliquer face à ces hordes de candidats à une vie décente qui se bousculent à nos frontières. Pourtant, les précurseurs de l'Europe d'aujourd'hui n'étaient-ils pas, eux aussi, d'incorrigibles rêveurs ?
Nadia GEERTS
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Nadia a publié récemment un livre chez Labor: "L'ecole à l'epreuve du voile" Plus... (15/9/2006)
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