Fachos,
machos and Co(ns) : Ça commence à se savoir, mais on ne le dira jamais assez: les partis dextrême droite ne souffrent pas seulement didentitarisme obsessionnel : ils sont, aussi, partisans du retour aux sacro-saintes valeurs dantan : celles qui prévalaient au temps béni où la femme ne prétendait pas marcher sur les plates-bandes des hommes, et se satisfaisait gentiment dastiquer la cuisine, un oeil sur son pot-au-feu, lautre sur sa marmaille, toute une vie durant. Sil subsistait encore un doute à ce sujet, un simple coup doeil aux courriels vindicatifs que reçoit de temps en temps la rédaction de RésistanceS suffirait à nous convaincre que légalité pose décidément problème à ces énergumènes qui éructent leur haine à longueur de tracts électoraux : si les destinataires mâles de ces missives musclées sont, sans surprise hélas, régulièrement qualifiés de Juifs;, et bien évidemment de vilains gauchistes; les messages qui sont destinés à ma modeste personne nen ont, eux, quà mon degré de satisfaction sexuelle et autres considérations sur mon anatomie. Comme si, décidément, il était impossible à ces individus non seulement dentamer avec un opposant une discussion, fût-elle animée, mais encore de considérer les femmes autrement que comme une panoplie dorganes reproducteurs en plus ou moins bon état de marche. Le phénomène est hélas banal. Et on sait que les insultes aux femmes politiques françaises, par exemple, empruntent elles aussi régulièrement à la sphère du salace, tandis quon se borne à mettre en doute les qualités intellectuelles ou la probité de leurs collègues mâles. Mais dans leur opération de politiquement correct, les gourous de lextrême droite feraient bien de dire à leurs sympathisants que linsulte, la vulgarité et le mépris, ça fait mauvais genre. Ça saccorde mal avec laura de respectabilité que certains cherchent à acquérir, tout en continuant à proférer les mêmes horreurs en comité restreint dinitiés. Et pourtant, ce sont ces gens-là qui viennent encore daugmenter leur score électoral, aux élections législatives de ce 18 mai. Il y a décidément quelque chose de pourri dans le royaume de Belgique.
Nadia Geerts |
Nadia a publié récemment un livre chez Labor: "L'ecole à l'epreuve du voile" Plus... (15/9/2006)
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