Lâche agression antisémite à Wilrijk Repli communautaire : attention danger ! Wilrijk (Anvers), 24 juin 2004, onze heures du soir. Quatre jeunes étudiants juifs sortent d’une école talmudique. Non loin de là, une dizaine de jeunes d’origine maghrébine les attendent, armés de couteaux et autres objets tranchants. Trois des quatre étudiants juifs parviennent à s’enfuir, mais le quatrième, âgé de 16 ans, est grièvement blessé d’un coup de couteau dans le dos. Les agresseurs prennent la fuite, tandis que le blessé est hospitalisé. En 1998, Amin Maalouf dénonçait, dans son livre du même nom, les identités meurtrières. Insistant sur le danger qu’il y avait à se déterminer en fonction d’une identité, d’une origine, d’une religion, bref d’une communauté, de manière exclusive de toute autre appartenance. Le communautarisme, aujourd’hui, a encore frappé. Les agresseurs de Wilrijk ont, selon toute probabilité, voulu frapper des Juifs. Et ils l’ont vraisemblablement fait en tant qu’Arabes – ou que musulmans. Oubliant, ou n’ayant jamais compris, que les uns et les autres étaient bien sûr cela, mais qu’ils étaient tout autant jeunes et Anversois, partageant donc un même espace et, jusqu’à un certain point, une même culture. Sans doute faut-il voir dans leur lâche agression une manière à la fois naïve et criminelle d’exporter le conflit israëlo-palestinien. Un conflit dont on sait qu’il suscite une radicalisation des points de vue, chacun se sentant solidaire de ses lointains « frères » opprimés. On ne dira jamais assez combien cette radicalisation est dangereuse et absurde, combien elle repose sur un fantasme d’identité bien plus que sur une quelconque réalité. Qu’ont en commun, en effet, un adolescent belge d’origine marocaine, né ici, baigné de culture occidentale, et un jeune Palestinien ayant grandi en territoire occupé ? A moins de verser dans l’idéologie raciste en affirmant l’existence d’une « nature » arabe, on ne pourra qu’admettre que ces gens-là ne partagent guère qu’une vague origine commune – et encore. Il est urgent qu’en Belgique, on lutte activement contre cette communautarisation à outrance, qui sous couvert de tolérance, produit son exact contraire. Il est urgent que les différentes communautés apprennent à vivre les unes avec les autres, et plus les unes à côté des autres. Il est urgent qu’on encourage celles-ci à laisser grandir en chacun différents sentiments d’appartenance, sans les considérer comme exclusifs les uns des autres. Comme si on ne pouvait être arabe et juif, belge et musulman, juif et pro-palestinien… Il ne s’agit pas de faire taire, au nom de l’ « intégration », son origine nationale, sa religion ou sa culture. Il s’agit de laisser vivre en soi d’autres identités, des identités qui existent bel et bien, mais sont aujourd’hui trop souvent étouffées au nom d’une chimérique fidélité. L’humanité est un bien beau mot, et qui recouvre une bien belle chose. Mais manifestement, ce mot reste une totale abstraction dans l’esprit de ceux qui, armés de couteaux, ont frappé dans le dos un jeune qui avait pour seul tort d’être Juif.
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Nadia a publié récemment un livre chez Labor: "L'ecole à l'epreuve du voile" Plus... (15/9/2006)
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