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Concert de la Hammerskin Nation: suite et pas fin
Concert néonazi en Lorraine: il a eu lieu mais personne ne l'a vu
Le 18 juin dernier, RésistanceS.be, le web-journal de l'Observatoire
de l'extrême droite, avec le réseau flamand AFF-Verzet, dévoilait
l'organisation d'un nouveau concert néonazi. Initialement prévu dans
le «sud de la Belgique», il eut pour finir lieu en Lorraine ( ).
Le politologue Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême droite et
correspondant de RésistanceS.be en France, a publié un article sur
ce sujet pour le web-journal français Rue 89. Dans cet article, il
explique comment les néonazis de la Hammerskin Nation (HSN) ont tenu
en toute liberté leur concert NS... «national-socialiste». Jean-Yves
Camus détaille également son public. Il y avait des Français, des
Allemands, des Hollandais et des Belges. Voici son article qui décrit
aussi les coulisses des Hammerskins.

Concert de naziskins : un style bien particulier.
Cela devait se passer en Wallonie et a
finalement eu lieu en France : quelques centaines de skinheads nazis
se sont retrouvés en Meurthe-et-Moselle, le 20 juin, à l'occasion
de la «European Hammerfest» organisé par la Hammerskin Nation, un
mouvement transnational de crânes rasés dont la progression inquiète
actuellement les autorités de plusieurs pays, est-européens notamment.
Pourtant, bien que largement relayé dans l'ensemble des media belges
francophones, ce rassemblement est passé totalement inaperçu en France.
Ce qui serait, certes, peu grave tant les skinheads nazis sont un
mouvement underground très minoritaire, si la multiplication des profanations
anti-musulmanes et antisémites et les agressions racistes n'étaient
pas en hausse dans le Nord et l'Est de la France. Retour sur l'événement.
Eviter la surveillance policière
Le 18 juin, RésistanceS.be,
le web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite, annonce
en exclusivité la tenue, quelque part «dans le sud de la Belgique»,
d'un rassemblement de skinheads nazis. Comme cette revue est une source
très fiable et qu'un tel concert serait une « première » en Wallonie,
l'information est immédiatement reprise dans tous les grands medias
télévisuels et écrits belges francophones.
Avec ce résultat que les organisateurs décident dans l'urgence de
déplacer leur réunion vers la partie de la France la plus proche de
la Belgique et de l'Allemagne, afin d'attirer un public le plus large
possible. Il s'agit aussi pour eux d'éviter à tout prix l'annulation
d'un concert qui doit leur rapporter de l'argent et non leur en coûter,
une partie des groupes invités venant des Etats-Unis occasionnant
des frais conséquents.
Comme d'habitude, le mode opératoire de ce genre de concert reposait
sur une semi-clandestinité, afin d'éviter la surveillance policière
et les éventuelles mobilisations des anti-fascistes : le lieu précis
était tenu secret (il existe en général un «lieu de repli» si le lieu
principal devient indisponible) et les spectateurs potentiels avaient
rendez-vous entre 17 heures et 19 heures, sur l'aire de repos Toul-Dommartin,
de l'autoroute A31 Paris-Nancy, d'où ils étaient acheminés vers le
concert proprement dit.
«White Power music»
Pour avoir une idée de la teneur idéologique de ce rassemblement,
il n'y a qu'à s'intéresser aux groupes musicaux qui ont joué et qui
tous, appartiennent à la scène de la «White Power music».
Selon un témoin, le public a commencé à arriver dans la salle vers
19h30. Le concert a débuté avec les death-métalleux slovaques de Before
the War et leur vindicte anti-chrétienne : dans leur album «Les Flammes
de la haine», leur chanson «Barbare», s'adresse à Jésus en lui disant
: «Ma vie, c'est ta mort».
Les allemands de Rotte Charlotte ont pris la suite, jouant des morceaux
de leur album «Vol 1488», un chiffre qui fait référence aux quatorze
mots de la devise des nazis américains («Nous devons garantir l'existence
de notre peuple et un futur pour (les) enfants blancs»), le nombre
88 signifiant «Heil Hitler» (deux fois la huitième lettre de l'alphabet).
Ont joué ensuite les allemands de Ü Band et de Gigi, les hollandais
de Carpe Diem qui ont assuré la partie musicale de la manifestation
du 1er mai organisée à Dortmund par le NPD et enfin, vedettes de la
soirée les américains Bully Boys dont les «hits» ont des titres aussi
explicites que «Six millions more» (référence au nombre des victimes
juives au génocide nazi)ou «Sieg Heil», et dont un des CD porte en
jaquette la photo d'un four crématoire avec la mention «Over six millions
served» («Déjà six millions de servis»). Le batteur du groupe a été
condamné en 1990 à dix ans de prison pour sa participation à la vandalisation
d'une mosquée et d'un centre communautaire au Texas.

Le 18 avril dernier, Crew 38, la branche française de la Hammerskin Nation, organisait un concert en hommage à Adolf Hitler. C'est elle qui est à l'initiative du concert du 20 juin dernier de la HSN.
Et en guise de protestation ? Silence radio
Avec un programme pareil, on aurait pu penser que l'événement aurait
suscité des protestations, des compte-rendus outrés, voire une tentative
d'interdiction. Or, rien de tout cela : silence radio, personne n'a
rien vu ni entendu. Au point que dans la région, certains doutent
que le concert ait bien eu lieu. En Belgique, le parti politique démocrate
chrétien, le CDH, a publié un communiqué de presse indiquant que «de
tels rassemblements antidémocratiques, véhiculant des idéologies antisémites
et racistes, doivent à tout prix être interdits.» Cette déclaration
aurait sans doute déclenché une mesure d'interdiction si le rassemblement
avait eu lieu en Belgique, elle devenait évidemment inopérante une
fois le concert transporté en France.
Pourtant, les spécialistes de la violence politique savent que la
Hammerskin Nation possède une section française nommée Crew 38, et
un noyau de militants confirmés en Meurthe-et-Moselle, notamment dans
la région de Toul. Ils constatent aussi que ce genre d'événement rassemble
des néonazis venus de plusieurs pays : des témoins ont ainsi reconnu,
en plus des Français, Belges et Allemands, des Néerlandais appartenant
à la Nationaal Socialistische Actie et aux Dietse Kameraden.
Jean-Yves Camus
Spécialiste de l'extrême droite, rédacteur au web-journal français
Rue 89 et correspondant de RésistanceS.be en France

Article publié initialement par le site d'informations
français Rue 89, le 28 juin 2009. Republié, avec un titre modifié
et des illustrations rajoutées sur le site de RésistanceS.be le 6
juillet 2009.
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Les néonazis de la Hammerskin Nation arrivent en Wallonie
ce 20 juin...
INFO
de ce 20 juin (9h30) : Le concert néonazi de la HSN aura lieu
en France CLIQUEZ
ICI
Comment
interdire
les concerts nazis ?
• L'AFF-Verzet, réseau flamand d'information
contre l'extrême droite (et partenaire de RésistanceS.be),
propose un «Mode d'emploi» où sont repris les démarches
légales pour interdire les concerts et autres meetings néonazis
dans une commune.
Pour consulter celui-ci
CLIQUEZ
ICI
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and Honour !
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