|
RésistanceS.be 12-07-2010 |
|
Retour dans l'Histoire belge
En Flandre, en Wallonie et à Bruxelles, les «collabos» se regroupaient dans des partis, mouvements et organisations : la Vlaams nationaal verbond (VNV) de Staf De Clercq, De Vlag, le mouvement Rex de Léon Degrelle, l'Union des travailleurs manuels et intellectuels (UTMI) d'Henri De Man (ex-dirigeant du parti socialiste de l'époque), les Amis du Grand Reich allemand (Agra), la Communauté culturelle wallonne (CCW), le Mouvement national populaire wallon (MNPW)... Ces partis et organisations furent initiés, soutenus et/ou financés par diverses structures des autorités d'occupation allemande. Épuration, condamnation,
exécution et liberté Mais rapidement, au bout d'une courte période d'emprisonnement, et ce même s'ils furent condamnés à de lourdes peines, nombreux furent les inciviques qui retrouvèrent la liberté. Si la répression a été appliquée de façon massive et sévère, ce sont surtout des lampistes qui furent ciblés par la justice de l'Après Guerre. Des collaborateurs importants furent épargnés ou très vite réintégrés dans la société civile et politique. Au début des années 1950, il n'y avait quasi plus de dirigeants de la collaboration en prison. Seuls Hendrik Elias et Franz Hellebaut restèrent en prison jusqu'à la Noël 1959 (voir l'article de ce dossier les concernant). Fuite et exil pour les autres Pour éviter la justice, des collaborateurs,
parmi ceux qui risquaient de sévères condamnations,
prirent donc le chemin de l'exil, grâce au soutien de filières
d'évasion clandestines, parfois avec la complicité d'organismes
internationaux, comme la Croix rouge, de réseaux catholiques
directement liés au Vatican et de services secrets occidentaux
(anglais, américains...). En Espagne, l'ex-chef de Rex aura de nombreux contact avec Otto Skorzeny, un officier SS qui avait dirigé le commando qui alla en 1943 libérer le dictateur italien Benito Mussoloni. Dans son exil espagnol, Otto Skorzeny avait fondé la «Bruderschaft» (la Fraternité), une organisation d'aide aux nazis en fuite. Cette Bruderschaft prit ensuite le nom d'ODESSA, le plus important et célèbre réseau d'évasion des anciens membres de la SS et d'autres dignitaires du IIIè Reich. Jusqu'à son décès d'un cancer, en 1975, l'ami allemand de Degrelle resta actif au niveau politique dans l'objectif de poursuivre le combat d'Adolf Hitler, avec une phalange noire constituée de nazis allemands, français, espagnols, italiens, roumains... et belges. Services de renseignements de
l'armée belge A Paris, Robert Poulet, un intellectuel belge qui collabora durant l'occupation nazie, s'y installa pour éviter de devoir répondre de ses faits politiques durant la Guerre 40-45. Jusqu'à sa disparition en 1989, Poulet écrira dans l'hebdomadaire «Rivarol», fondé par des anciens collaborateurs français. Un journal qui est toujours aujourd'hui la tribune médiatique de l'extrême droite la plus radicale. Henri De Man, le leader socialiste belge qui, avec la complicité du Palais royal, s'engagea dans l'Ordre nouveau durant la guerre, prit le chemin de la Suisse où il mourut tranquillement en 1953. Dans le cadre de la guerre froide, certains ex-responsables de la collaboration furent recrutés par des services secrets occidentaux. C'est le cas de Robert Verbelen. Chef important d'organisations de répression nazies flamandes, responsable de crimes en Belgique, ce Verbelen s'installa après la chute du nazisme à Vienne, en Autriche. Condamné à mort par contumace en 1947 et resté un authentique nazi, cet ex-SS flamand travailla dès la Libération pour le compte des services de renseignements de l'armée belge.
Vlaams Blok, le maillon En Belgique, les anciens collaborateurs, surtout flamands, ont bénéficié d'un appui important au sein de l'opinion publique du nord du pays. Quelques années après la guerre 40-45, le quotidien catholique «De Standaard» revendiquait ouvertement la réhabilitation des anciens combattants flamands du front de l'Est. A partir de 1951, plusieurs milliers d'anciens collaborateurs profitèrent de mesures clémentes à leur égard, sous le gouvernement catholique de l'époque (PSC-CVP) : leurs restrictions à la vie publique furent éliminées, leurs condamnations révisées. De nombreuses grâces furent accordées par le roi. Les fonctionnaires qui avaient collaboré et qui avaient été suspendus furent pour leur part rétablis pour la majorité d'entre eux dans leur fonction. Droite catholique et nationaliste
pour l'amnistie Des responsables du parti social-chrétien et du parti nationaliste flamands apporteront, jusqu'à récemment encore, leur soutien à des amicales d'anciens combattants flamands engagés sous l'uniforme allemand, dont les dirigeants revendiquaient toujours leur engagement en faveur du nazisme ! La collaboration et l'amnistie sont restées, dans les relations entre le nord et le sud de la Belgique, l'objet de tensions intenses. Depuis la fin de la Guerre 40-45, au sein du mouvement nationaliste flamand, de l'extrême droite à la droite catholique, le combat pour imposer une «réconciliation nationale», dans le but de réhabiliter ceux qui dès 1940 se mirent au service d'un régime dictatorial et criminel, a toujours été à l'ordre du jour. Manuel Abramowicz
! Note de la rédaction
!
© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 12 juillet 2010.
|
• Les collabos belges vont-ils être amnistiés ? • Épuration et répression des collaborateurs en chiffres • Répression et réhabilitation des inciviques : Retour dans l'Histoire belge • A la Libération déjà, ils prônaient l'amnistie • Les cas Elias et Hellebaut : chefs des nazis flamands et des SS wallons • Les liens entre la droite catholique et l'extrême droite flamandes (interview d'Hugo Gijsels) • Les liaisons dangereuses entre le CD&V et le Vlaams Belang A lire également sur ce thème, les précédents articles de RésistanceS.be : • La récupération des «anciens» nazis par les services secrets occidentaux • Rues
nazies flamandes... sans complexes • Staf De Clercq : un collabo nazi de référence pour le Vlaams Blok • Au cœur de l'idéologie national-solidariste • Were Di, un cercle à la base du Vlaams Blok et du combat pour l'amnistie • Léon Degrelle : Itinéraire d’un chef nazi wallon • Le
dernier chef du rexisme est décédé • Le racisme organisé au cœur de l’Histoire politique belge • Assassinat de Julien Lahaut : le gouvernement fédéral dit stop ! Le Palais royal impliqué ? • A l'Est, les nazis de hier sont réhabilités
Consultez aussi notre rubrique «Retour vers l'Histoire» ! Note de la rédaction ! Nous acceptons volontiers que nos informations soient reproduites. Nous souhaitons cependant que vous en citiez la source, en indiquant clairement qu'elles proviennent de ResistanceS.be, l'Observatoire belge de l'extrême droite. Pour la reprise de nos informations sur des sites Internet, veuillez faire un hyperlien vers notre site : www.resistances.be
Depuis le mois d'août 2008, RésistanceS.be, le web-journal de l'Observatoire de l'extrême droite, anime une campagne d'information pédagogique en direction des électeurs et des militants d'extrême droite ! Pour plus d'information
et la soutenir CLIQUEZ
ICI Comité
de soutien de l'asbl RésistanceS Pour
bénéficier de nos services : Soutenez vous aussi
RésistanceS.be ! ... et abonnez-vous gratuitement
à sa Newsletter !
|