RésistanceS 24-06-2007

Analyse d'une stratégie d'intoxication


RésistanceS : un « nid de gauchistes » ?


Dans le cadre du procès intenté contre RésistanceS, l'asbl Belgique & Chrétienté, pour se défendre des informations publiées sur elle, développa une stratégie visant à décrire son adversaire sous les attraits habituellement véhiculés par l'extrême droite traditionnelle. La nature même de RésistanceS, un média d'information sur l'extrême droite, sera remplacée par la description d'une officine rassemblant « des militants d’extrême gauche, tendance trotskyste, farouchement anti-catholiques, internationalistes et anti-royalistes »... avec à leur tête Nadia Geerts et Manuel Abramowicz.
Et pourquoi pas aussi, une officine juive et franc-maçonne, tant qu'on y était ?

 


Depuis sa création, en 1997, RésistanceS dérange... l'extrême droite. Pour répondre aux enquêtes d'investigation journalistique de RésistanceS sur sa vraie nature idéologique, quelle meilleure stratégie que d’ « idéologiser » sa défense ? La meilleure défense étant l'attaque, elle va dénoncer RésistanceS ! Ce qui lui évitera de répondre point par point aux informations la concernant.

Affirmation : « L'extrême droite a des liens avec le nazisme ». Réponse de celle-ci: « RésistanceS est constitué de militants d’extrême gauche, tendance trotskyste, farouchement anti-catholiques, internationalistes et anti-royalistes ». Méthode : jeter un caillou dans le sens opposé à l'affirmation, pour détourner le public de cette dernière. Les regards sont alors détournés et la réponse à l'information diffusée n'est pas donnée. Cette stratégie consiste à noyer le poisson. Et surtout à utiliser de la contre-information pour transformer une situation défavorable en situation favorable. D'accusé, ont se transforme en victime.

Le numéro zéro-bis de RésistanceS (papier), sorti en été 1997, propose une présentation de chaque membre de l'équipe fondatrice : parmi eux, on trouve des militants issus de la gauche marxiste, mais également du parti socialiste (social-démocrate), comme du Mouvement ouvrier chrétien. On y trouve encore un dirigeant des jeunesses libérales (organisation des jeunes du Parti réformateur libéral) et une ancienne conseillère CPAS (durant 25 ans) du FDF.

Certains membres de RésistanceS ont suivi l'enseignement officiel, d'autres catholique. Les universitaires de la rédaction sont diplômés de l'Université libre de Bruxelles (Nadia Geerts, par exemple) comme de l'Université catholique de Louvain-la-Neuve (Manuel Abramowicz). Il y en a même qui se sont mariés à l'Eglise. Peut-on dès lors raisonnablement qualifier RésistanceS de « nid de gauchistes » anti-catholiques primaires ?



Belgique & Chrétienté est également proche de Chrétienté - Solidarité, une organisation qui animait jusqu'il y a peu la tendance « national-catholique » du Front national français et qui luttait, comme le montre notre document ci-dessus, contre l'Europe sous la couple du dollar, des socialistes, du communisme, de la franc-maçonnerie, de l'Islam et des Juifs. Un vieux thème des adeptes des théories conspirationnistes...


Théorie du complot
Accuser RésistanceS d'être une officine « trotskiste, communiste, internationaliste, anti-monarchiste et anti-chrétien[ne] » relève de la « théorie du complot » jadis si chère à Henri Coston et autres théoriciens ciblant la « haute finance anonyme et vagabonde ». Un proche d'Alain Escada, Jean Solé, ose quant à lui décrire sans détour ses ennemis sous les traits qui excitent sans doute ses « fantasmes complotistes ». En effet, Jean Solé est l'auteur d'une « liste noire » diffusée sur Internet et épinglant les ennemis de la « droite nationale ». Dans celle-ci, Nadia Geerts est personnellement désigné comme une « communiste » – alors que son seul engagement politique, désormais révolu, a été au sein du parti Ecolo – et moi-même comme un « communiste juif ». Pendant de très nombreuses années, Jean Solé a animé une rubrique dans Polémique, le journal d'Alain Escada.

Ces « arguments » de défense traduisent donc la vraie nature idéologique de ceux qui les évoquent. Et prouvent une nouvelle fois la justesse des informations de RésistanceS.

 

Manuel ABRAMOWICZ

© RésistanceS – Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 23 juin 2007.

 

Un dossier réalisé par Nadia GEERTS
Mis en ligne le : 24 juin 2007


Sommaire de ce dossier

Belgique & Chrétienté joue et perd : victoire judiciaire contre l'extrême droite (introduction)

Chronologie du procès Belgique & Chrétienté

Belgique & Chrétienté perd contre RésistanceS

Polémique, organe de diffusion d’écrits pronazis ?

RésistanceS-Belgique & Chrétienté, une simple incompatibilité d’humeur ?

La « collusion des ennemis de Dieu » ?

RésistanceS un « nid de gauchistes »

• Article de la revue anglais Searchlight sur ce procès : Christian ''fundis'' lose case against RésistanceS - Wim Haelsterman for AFF-Verzet/ RésistanceS reports from Brussels (27-06-2007)

 


Le jugement du 23 janvier
Pour prendre connaissance, lire et télécharger le jugement rendu contre Belgique & Chrétienté : Cliquez ici .


Lire nos articles que B&C contestait :

Un cardinal chez les fachos

Le cardinal Joos n'a finalement pas participé à la conférence dans les milieux d'extrême droite



Sur B&C, lire également :

Le retour des fous de Dieu…

Droite chrétienne-extrême droite, une longue romance

Belgique & Chrétienté, le rendez-vous de la ''vraie droite belge''

Plainte contre Belgique & Chrétienté et Nation

Vers de nouvelles structures pour l’extrême droite francophone

Who's who de la ''mouvance identitaire''

Les dissidents du FNB

Un Laquay monte au ''Front''

Un Belge membre du Comité de soutien à Le Pen

''Rivarol'', Chard et leurs amis n'aiment pas les juifs

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