Le front des anti-Féret s'organise en marge du FN
Au sein de l'extrême droite belge francophone et dans l'ombre du Front national de Daniel Féret, une dite ''mouvance identitaire'' a vu le jour. Elle est désormais composée des adversaires les plus hostiles du président-fondateur du ''frontisme à la Belge''. Malgré ce point commun, elle n'en demeure pas moins extrêmement hétéroclite. Pêle-mêle, on y retrouve des partisans acharnés de l'ultradroite libérale antisociale, des ''nationalistes anti-Système'' prônant la ''Troisième voie'' (ni gauche ni droite), des catholiques intégristes opposés au Vatican, des néopaïens antichrétiens, des nationaux-belgicains (attachés à la ''Belgique de papa'') et même des indépendantistes wallons. Un vrai panier de crabes qui prévoit néanmoins de se présenter ensemble aux prochaines élections communales, en octobre de cette année. Les piliers de cette nébuleuse d'extrême droite sont deux partis politiques (le mouvement Nation et le Front nouveau de Belgique) et deux associations militantes (Belgique & Chrétienté et Terre & Peuple Wallonie). Mouvement Nation Se revendiquant comme "le premier mouvement de Belgique francophone sur le plan militant", Nation va organiser des formations afin d'"armer politiquement" les futurs cadres du "mouvement nationaliste". Essentiellement implanté dans la capitale, ce mouvement va mettre sur pied des sections locales dans plusieurs villes de Wallonie (essentiellement dans la province du Hainaut). Pour se donner de l'importance, plusieurs structures thématiques vont apparaître mais n'auront jamais de réelle existence. Dès ses premiers pas, le mouvement Nation va agir contre les "faux nationalistes" de son propre camp, actifs, d'après lui, au sein du Bloc wallon, du Front national, du Front nouveau de Belgique, du Vlaams Blok... En 2003, ce mouvement s'est présenté aux élections législatives. Son résultat fut microscopique. Depuis, il recherche coûte que coûte de nouveaux débouchés électoraux. Front nouveau de Belgique (FNB) Depuis le début des années 2000, sa présidente-fondatrice, Marguerite Bastien, a quitté les rangs du FNB suite à des conflits internes. Selon certaines informations, il se pourrait qu'elle se présente sur une liste communale du Vlaams Blok-Belang aux communales d'octobre 2006. C'est son ex-bras droit, François-Xavier Robert (un ancien membre du Parti réformateur libéral), qui dirige aujourd'hui le FNB. Comme d'autres meneurs d'extrême droite, celui-ci est à l'heure actuelle poursuivi devant les tribunaux pour racisme. Annoncé en 1996 comme le successeur du FN de
Féret, dix ans plus tard, le Front nouveau de Belgique s'est
complètement lézardé pour devenir un groupuscule
parmi les nombreux autres formant l'extrême droite belge francophone.
Cependant, dans un objectif opportuniste, des listes aux initiales
''FNB'', pourraient être déposées aux élections
communales du 8 octobre 2006 par la ''mouvance identitaire'', rassemblant
désormais le FNB, le mouvement Nation, Belgique & Chrétienté
et l'association Terre & Peuple-Wallonie (voir à ce sujet
notre article : Des listes unitaires FNB pour la ''mouvance identitaire''
Cette association s’est très vite intégrée dans les rangs de l’extrême droite classique. Proche de la droite ultra, catholique et intégriste française (active au sein du Front national de Jean-Marie Le Pen), en 1996, Belgique & Chrétienté soutiendra la création du Front nouveau de Belgique. Le dirigeant de cette association intégriste, Alain Escada (par ailleurs directeur-fondateur au même moment du journal ''Polémique'') rejoindra la direction du FNB, comme porte-parole officiel. Comme Escada, une bonne partie des membres de B&C proviennent de la Fraternité Saint-Pie X, le mouvement religieux de feu monseigneur Lefebvre hostile à la modernisation de l'Eglise catholique. Cette église parallèle intégriste voue un culte de la personnalité au dictateur Pétain et exploite les théories nationales-catholiques de Charles Maurras pour galvaniser ses troupes. En avril 2004, B&C va lancer une campagne de soutien
au film ''La Passion du Christ'', jugé par beaucoup comme étant
un film de propagande antisémite. Au cours d'une projection
privée de ce film, qui se déroula au cinéma Kinépolis
de Bruxelles, les plus ultra de l'intégrisme belge se donnèrent
rendez-vous. Outre les militants de Belgique & Chrétienté,
il y avait aussi des fidèles de la Fraternité Saint-Pie
X, des Légionnaires du Christ et de l’Opus Dei. Les dirigeants de cette tendance sont le sénateur
frontiste Michel Delacroix et Patrick Sessler. Le premier militait
dans les années 80 au Parti libéral chrétien
(une survivance du Cepic, feue l'aile droite du Parti social chrétien),
le second provient de la direction du Parti des forces nouvelles,
un groupuscule néonazi, et fut le bras droit de Johan Demol,
le président bruxellois du Vlaams Blok-Belang. T&P se revendique de la tradition, défend les thèses ''volkischs'' (un nationalisme basé sur une Communauté ethniquement homogène), comme jadis les nazis ou aujourd'hui encore le Vlaams Blok-Belang (VB). La mission que s'est donnée le groupe sectaire de Pierre Vial est de préparer "intellectuellement, politiquement et physiquement" les "Européens blancs" à la "guerre ethnique" qui devrait selon lui déboucher incessamment. En Belgique, diverses organisations d'extrême
droite belge ont manifesté leur soutien à Terre &
Peuple. A plusieurs reprises, Pierre Vial fut invité par le
groupe néopaïen Thule-Sodalitas (alors dirigé par
un cadre du VB qui passa par la suite au FNB). Plusieurs dirigeants
du VB soutiennent encore T&P, comme par exemple Roland Raes, son
vice-président et idéologue de 1978 à 2001. Quant
à la "bannière wallonne" de T&P, elle
est dirigée depuis sa création par Georges Hupin. C'est
dans les années 70, lorsqu'il dirigeait le Grece-Belgique,
qu'il connut Pierre Vial. Après un retrait politique suite
à la disparition de la section belge du Groupement de recherche
et d'études pour la civilisation européenne, Georges
Hupin reprit du service au milieu des années 90 au sein du
Front national. En 2000, avec d'autres dissidents frontistes, il a
participé à la fondation du Bloc wallon
Lié au mouvement Nation, T&P se présente maintenant comme l'une des composantes de la ''mouvance identitaire'' qui prévoit aujourd’hui le dépôt de listes électorales sous le label du FNB. Seulement voilà : ce projet est loin de faire l’unanimité au sein de T&P. En effet, il faut savoir que l'un des adeptes les plus acharnés de ce groupe néopaïen en Belgique francophone est Patrick Cocriamont, député fédéral du Front national et ''lieutenant'' fidèle de Daniel Féret. Les partisans de T&P de Pierre Vial se recrutent donc aussi au sein du FN de Féret. Ainsi, en septembre 2005, une page entière en couleur était publiée dans ''Le National'' , le mensuel du FN féretiste, pour faire la promotion du journal de T&P. Il y était mentionné : ''Terre & Peuple Magazine est un trimestriel indispensable à la formation de chaque militant identitaire'' (1). Pour le contact de T&P en Belgique , une adresse e-mail figurait... celle de Patrick Cocriamont. Ce dernier, son fidèle mentor (Daniel Leskens) et d'autres partisans de Féret agissent désormais pour faire capoter les projets électoraux de la ''mouvance identitaire''. Suite donc au prochain épisode... Alexandre VICK
© RésistanceS – www.resistances.be – info@resistances – Belgique – 26 avril 2006
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Après les élections du 8 octobre 2006 Un dossier de RésistanceS.be coordonné par manuel Abramowicz et mis en ligne le 21 octobre 2006.
Sommaire de notre dossier Un dossier de RésistanceS coordonné par Manuel ABRAMOWICZ Dossier mis en ligne
le : 29 août 2006
Toujours en ligne sur RésistanceS.be En plus de notre présent dossier, nous vous invitons à consulter nos articles suivants :
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