| RésistanceS - 29 août 2006 Informations exclusives de RésistanceS Où l’extrême droite sera-t-elle présente le 8 octobre prochain ?
En région flamande, la présence
généralisée du Vlaams Blok/Belang est annoncée.
Tous les regards sont fixés sur la ville d’Anvers où
le VB pourrait arriver au pouvoir en coalition. De plus, il garde
toujours en Flandre son monopole sur l'extrême droite. L'absence
de listes dissidentes significatives - qui pourraient séduire
les mêmes électeurs - est une nouvelle fois annoncée.
Outre celles du VB, le FN de Daniel Féret va devoir aussi faire face à des listes francophones qui vont lui disputer son ''électorat'' bruxellois : celles du Front nouveau de Belgique (FNB), de Force nationale (FNationale) et du nouveau venu le Front des Bruxellois (FDB). En Wallonie, l’extrême droite restera également – et comme à son habitude - divisée. Des listes du FN, du FNB, de FNationale ou du Front des Wallons (FDW, branche wallonne du FDB) seront en concurrence dans au moins 8 communes wallonne pour se disputer les voix des électeurs protestataires et de ceux séduits par un discours de droite nationaliste populiste. En plus des listes du FN, de FNationale, du FNB et du FDB-FDW, d’autres listes, indépendantes de ces partis, pourraient encore être présentes dans plusieurs petites communes wallonnes et bruxelloises. Leurs meneurs potentiels : des dissidents du FN féretiste ou des nouveaux venus dans les rangs nationalistes. Force est donc de constater que l’extrême droite francophone reste lézardée et que sa présence sera limitée en Wallonie et à Bruxelles, en comparaison notamment avec les élections de 1994. Lors de ce scrutin, le FN avait été capable de déposer 53 listes différentes (36 dans des communes wallonnes et 17 dans la capitale). Il faut se rappeler qu'à cette époque, le ''clone belge'' du FN de Jean-Marie Le Pen était au meilleur de sa forme sur le plan structurel. Aujourd'hui, la situation des frontistes est totalement à l'opposé. A Bruxelles, leurs listes seront par exemple bien moins nombreuses que celles du Front des Bruxellois, un nouveau parti fondé il n'y a pourtant que quelques mois par Paul Arku, député régional dissident du FN. La représentativité de Force nationale, une autre scission, menée par le sénateur ex-FN Francis Detraux et une dizaine d'anciens responsables de sections du parti de Féret (dont trois députés régionaux), est également bien plus importante que celle du Front national. A Bruxelles et en Wallonie, FNationale a déjà réussi à implanter une bonne dizaine de sections locales. Cette présence lui permet dorénavant de pouvoir déposer plus de listes électorales que son ennemi juré. Une humiliation de plus pour ce dernier. Par ailleurs, dans plusieurs communes où l'extrême droite n'avait jamais réussi auparavant à déposer des listes, le FN, le FNB, FNationale ou FDW pourront cette fois-ci être présents. Il s’agit des communes suivantes : Watermael-Boitsfort (FNB), Binche (FNB), Châtelet (FN, FNationale et FDW), Dinant (FN et FNB), Pont-à-Celles (FN), Quaregnon (FN), Seraing (FNationale), Sombreffe (FNB) et Tournai (FN). Ces nouvelles ''implantations'' communales signifient que l'extrême droite francophone, malgré sa situation actuelle caractérisée par sa division interne et son inorganisation, garde toutefois un potentiel de développement qui pourrait un jour devenir des plus inquiétants pour les autorités politiques.
Le VB sera présent en masse, en octobre prochain, dans la majorité des grandes villes, mais aussi dans de très nombreuses petites communes. Contrairement à ses ''homologues'' francophones, cette formation possède une structure politique efficace. Le système de hiérarchisation interne, l’écolage politique de ses actuels élus et de ses candidats, ainsi que les très nombreuses sections locales VBistes permettent une implantation de proximité et la popularisation du programme du parti sur l'ensemble de la Région flamande. De plus, toujours à la différence du Front national, le VB n'est pas concurrencé et fragilisé sur son propre terrain par des formations politiques dissidentes. Seule la ''branche flamande'' du Front national, le Nieuwe partij-Fervent nationaal (NP-FN), pourrait déposer l'une ou l'autre liste. Mais la représentativité de ce NP-FN est totalement nulle. Le VB n'a donc rien à craindre de lui.
Front national (FN) ''A quelques semaines des élections communales du 8 octobre 2006, il faut constater que rien n’est fait, que rien n’est prêt. Il n’y a pas de budget de campagne déterminé. Il n’y a pas de tract prévu sur l’ensemble du territoire francophone et rien n’a été fait pour trouver un mode alternatif de distribution (Ndlr : des tracts électoraux)''. Ce constat est issu d’une lettre ouverte adressée le 20 juillet dernier aux membres du bureau politique du FN par Patrick Sessler, le responsable du service ''Organisation'' du parti d'extrême droite. Englué dans une crise interne et littéralement divisé en deux clans, celui de Daniel Féret et celui des ''Réformateurs'', le Front national sera présent, mais chichement, aux élections du mois d'octobre. En 1994, il avait réussi à déposer de nombreuses listes en Wallonie et dans la région bruxelloise. Aujourd'hui, le constat est simple : ce sera pire qu'aux élections communales de 2000, scrutin où les ''frontistes'' vécurent pourtant déjà un terrible ''Waterloo électoral''. Outre les tensions entre ses clans, l'explication de la situation désastreuse des frontistes sur le plan organisationnel réside dans le fait que le FN est un parti très faible, au niveau de son taux d'adhésion. La ''qualité'' militante de ses rares affiliés laisse quant à elle à désirer. De l'aveu même de dirigeants, très peu de ses militants sont capables de récolter les signatures requises pour déposer une liste et entamer les démarches administratives nécessaires pour la valider auprès des autorités compétentes. A la date d'aujourd'hui, il est bien possible que la formation de Daniel Féret ne soit capable de déposer que 5 listes dans la capitale : à Bruxelles-ville, à Molenbeek-Saint-Jean, à Schaerbeek, à Woluwe-Saint-Lambert et à Woluwe-Saint-Pierre (contre 8 en 2000 et 17 en 1994). Dans des communes qui avaient donné de très bons résultats jadis (Anderlecht, Ixelles, Forest, Saint-Gilles…), le FN sera cette fois-ci absent. En Région wallonne, une liste sera bien entendu présente à Charleroi, l'Eldorado électoral du FN (qui pourrait y recueillir plus de 20 %, un record historique). A Liège-ville, à Dinant, à Mons, à Mouscron, à Namur, à Pont-à-Celles, à Quaregnon, ainsi que dans quelques petites communes rurales, des listes labellisées FN pourraient figurer sur les bulletins de vote du 8 octobre. Lors des communales de 2000, le parti de Daniel Féret était présent dans 10 communes wallonnes, contre 36 aux élections de 1994. Malgré des tentatives avortées dans le passé, le Front national pourrait encore être présent au Flandre, avec une ou deux listes déposées par sa ''branche flamande'', active de manière groupusculaire sous le nom de Nieuwe partij-Fervent nationaal (NP-FN). Résumons : à Bruxelles, le parti nationaliste xénophobe serait présent dans 5 communes et en Wallonie dans une quinzaine. Un chiffre dérisoire et ridicule pour un parti dont le taux d’intentions de vote lui est, hélas, des plus favorables. Ces élections sont aussi l'occasion de constater le retour au ''Front'' de plusieurs ex-frontistes passés jadis à la dissidence. Michel Leurquin, chef de file des frontistes dans le namurois dans les années 90, mènerait désormais sa liste à Namur. Willy Fréson (ex-Parti des forces nouvelles, cofondateur d'Agir, au FN de 1996 à 2000, puis cofondateur du Bloc wallon) s'est lui aussi réintégré dans les rangs ''féretistes'' ; grâce au soutien du député fédéral Patrick Cocriamont, un ex-activiste, comme lui, du Front de la jeunesse, une organisation néonazie des années 70-80. Willy Fréson sera présent sur la liste liégeoise. Par ailleurs, Daniel Féret aurait d’ores et déjà proposé à ce ''vieux'' militant nationaliste la tête de liste pour les élections législatives de 2007.
Force nationale (FNationale) Fondé en décembre 2004 par des dissident du Front national de Daniel Féret, le choix du nom de ce nouveau parti est évident : ressembler le plus possible au parti d'origine, parce que son sigle est, sur le plan électoral, extrêmement porteur. S'adressant à un identique électorat, les fondateurs de Force nationale espéraient pouvoir utiliser eux aussi les initiales ''FN'' aux élections communales, mais durent renoncer à leur projet pour des raisons de protection légale du sigle. Les initiales ''FN'' restent, heureusement pour Daniel Féret, un ''label'' protégé. Force nationale se présentera dès lors au scrutin du 8 octobre sous le nom de ''FNationale''. Avec un logo ressemblant néanmoins à celui du FN. La plupart de ses dirigeants et responsables de sections locales sont des anciens du Front national de Daniel Féret. On y retrouve ainsi des ex-députés régionaux (Alain Sadaune, Roland Frippiat et Juan Lemmens), des anciens conseillers communaux frontistes (l’abbé Christian Haudegand...) et des ex-chefs de sections communales et candidats aux dernières élections législatives (Joseph Franz, Jean-Pierre Stalpaert, Simon Daniel, Philippe Terwagne...). Quant au président-fondateur de Force nationale, Francis Detraux, il fut le leader pendant près de dix ans du FN dans la région namuroise. En 2003, il est élu sénateur pour le compte du parti de Daniel Féret. Aujourd'hui, il siège toujours au Sénat... pour les intérêts de FNationale. La structure logistique et intellectuelle de cette dissidence frontiste est assurée par Juan Lemmens, un ancien député régional bruxellois du FN (1995-1999) qui passa un moment par la direction du Front nouveau de Belgique, alors présidé par la députée fédérale Marguerite Bastien, avant de cofonder, à l'occasion des élections régionales de 2004, l'éphémère formation électorale ''Bloc national''. Bien qu’elle ait réussi à récupérer une bonne dizaine de ''cadres'' du Front national, Force nationale a dû très vite faire face, à son tour, à des tensions internes. Elles déboucheront sur des départs : le député régional bruxellois Paul Arku partira fonder sa propre formation (le Front des Bruxellois : voir plus loin) et le député régional wallon Charles Pire retournera finalement au Front national.
Front nouveau de Belgique (FNB) Pour obtenir des élus, la stratégie du FNB est de présenter des listes là où le FN en sera incapable. Histoire d’éviter la concurrence. Comme aux dernières élections, cette dissidence du parti de Daniel Féret a eu les plus grandes difficultés à trouver des candidats. Ce qui traduit une implantation locale extrêmement limitée. De plus, des pressions auraient été exercées contre des candidats FNB pour qu’ils ne se présentent pas aux élections. Ajoutons à cela que le FNB est pauvre, ses moyens financiers étant dérisoires. Dans la région bruxelloise, il déposerait 2 ou 3 listes : à Watermael-Boitsfort et à Woluwe-Saint-Pierre, et peut-être à Anderlecht, le fief électoral bruxellois de l’extrême droite, avec Molenbeek-Saint-Jean. En Région wallonne, le FNB devrait être présent à Charleroi, Châtelet, Herstal, Namur… Des listes pourraient encore être déposée à Binche, Dinant, La Louvière, Mouscron, Sombreffe…
Le FNB sera donc incapable de déposer un nombre significatif de listes. Pourtant, à l’occasion de ces élections communales, il a reçu le soutien actif de la ''mouvance identitaire'', ce qu’avait déjà révélé RésistanceS en avril dernier (relire notre article : Des listes unitaires FNB pour la ''mouvance identitaire''). Cette mouvance est constituée de trois mouvements politiques : Terre & Peuple – Wallonie (d’obédience néopaïenne et racialiste), le mouvement Nation (ultradroite radicale) et Belgique & Chrétienté (un cercle nationaliste-catholique intégriste). Au moins deux listes estampillées ''FNB'' seront conduites par un membre de Nation, l’une à Woluwe-Saint-Pierre, l’autre à Charleroi. D’autres candidats de ce mouvement issu du groupe néonazi l’Assaut se présenteront encore sur des listes du Front nouveau de Belgique. Il y aura aussi des membres de Terre & Peuple, mais pas en places utiles. Poursuivis et condamnés pour racisme, les chefs du FNB, François-Xavier Robert, et de Nation, Hervé Van Laethem, ne se présenteront pas à ces élections.
Front des Bruxellois (FDB) – Front des Wallons (FDW) Le FDB affirme n’être ''ni de droite ni de gauche'' et surtout pas raciste. Pour preuve, il évoque la présence de candidats d’origine immigrée (espagnole, marocaine, turque…) sur ses listes. Au vu du profil socio-politique de sa base militante et de son discours bien moins caricatural que celui du Front national, cataloguer le FDB à l’extrême droite ne va pas de soi. Cependant, la ''genèse'' de ce nouveau parti, apparu au début de l’année 2006, le lie directement à la droite radicale pure et dure. Son fondateur-président, Paul Arku, est l’ancien responsable de la section d’Evere du Vlaams Belang/Blok. En 2004, il rompt avec la formation nationaliste flamande et passe dans les rangs du Front national. En juin de la même année, il est élu au Parlement de la Région de Bruxelles-capitale. Suite à un conflit avec Daniel Féret, Paul Arku est exclu du parti, mais garde sa place de député régional bruxellois. Avec d’autres frontistes en conflit avec Féret, il participe à la création de Force nationale. Il y reste quelques semaines et finit par former sa propre formation politique, qui prendra le nom de Front des Bruxellois (FDB). A chaque changement de parti (du VB au FN, du FNationale au FDB), grâce à son charisme de type populiste, Paul Arku est suivi par ses partisans (environ 200 personnes), pour la majorité habitants d’Evere. Depuis, il tente d’implanter ailleurs dans la région bruxelloise son FDB. Il est rejoint essentiellement par des ‘’apolitiques’’, mais aussi par d’anciennes gloires locales. C’est le cas de Jean-Paul Dumont. Cet ex-conseiller communal PSC à Uccle, proche de l’aile conservatrice du parti social-chrétien, fut jadis un ami de Daniel Féret et est aujourd’hui l’avocat des ''réformateurs'' du FN qui se sont lancés dans un combat acharné pour exclure du parti leur président. Jean-Paul Dumont conduira la liste du FDB à Bruxelles-ville.
Pour les élections communales qui auront lieu le 8 octobre, le Front des Bruxellois devrait déposer des listes dans 8 communes bruxelloise (Bruxelles-ville, Evere, Forest, Ganshoren, Ixelles, Jette, Schaerbeek et Uccle), contre cinq pour le FN, trois pour le FNationale et deux ou trois pour le FNB. Le Front des Bruxellois semble donc bien mieux implanté à Bruxelles que ne le sont ses concurrents directs. Sa force militante leur serait supérieure. A Evere, la liste des candidats du FDB est complète (31 candidats), à Schaerbeek, ils et elles seront entre vingt et vingt-cinq à figurer sur sa liste. Ailleurs, les listes de ce ‘’front’’ rassembleront à chaque fois une dizaine de candidats. Paul Arku affirme pour sa part que le FDB est constitué de plusieurs centaines d’affiliés. Dont pas mal de militants issus de l’immigration (espagnole, marocaine, turque…). Pourra-t-il néanmoins récolter des scores électoraux dignes d’intérêt ? Le bureau politique du FDB pronostique l’élection de plusieurs conseillers communaux : un à Jette, un à Schaerbeek, deux à Bruxelles-ville et entre deux et trois à Evere. Il y a quelques mois, le président du FDB avait affirmé la mise en place d'une ''branche wallonne'' : le Front des Wallons (FDW). Le nombre de signatures nécessaires pour déposer une liste électorale a été récolté à Châtelet. Ailleurs, le FDW n’aurait que quelques sympathisants, pour l’instant pas en nombre suffisant pour être présent le 8 octobre prochain. Avec l’ambition d’implanter solidement des sections en Wallonie, le FDB-FDW prépare déjà les prochains scrutins, législatif et régional. Mouvement populaire royaliste (MPR) Le MPR était toujours à l'état de projet au début du mois d’août. Uniquement implanté à Schaerbeek, ce ''mouvement'' serait conduit par le premier responsable local de Force nationale dans cette commune bruxelloise, qui y fut aussi commissaire de police. Il est décrit par certains de ses ex-compagnons de route comme un ''personnage'' assez particulier. Le MPR ferait partie du ''folklore'' caractérisant si souvent l'extrême droite francophone.
Tableau 1 – Région Bruxelles-capitale Listes électorales d'extrême droite qui pourraient se présenter aux élections communales du 8 octobre 2006 en comparaison avec les élections de 2000 et de 1994 (données à la date du 23 août 2006) - Attention : la présentation
des listes figurant dans ce tableau pour les élections de 2006
n'est qu'une prévision sur base des informations récoltées
à la date du 19 août 2006. Pour une vue définitive
de la situation, il faudra attendre la présentation des listes
et leur acceptation ou non par les autorités compétentes,
les 9 et 10 septembre 2006.
Tableau 2 – Région wallonne Listes électorales d'extrême droite qui pourraient se présenter aux élections communales du 8 octobre 2006 en comparaison avec les élections de 2000 et de 1994 (données à la date du 19 août 2006) - Attention : la présentation
des listes figurant dans ce tableau pour les élections de 2006
n'est qu'une prévision sur base des informations récoltées
à la date du 19 août 2006. Pour une vue définitive
de la situation, il faudra attendre la présentation des listes
et leur acceptation ou non par les autorités compétentes,
les 9 et 10 septembre 2006.
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Après les élections du 8 octobre 2006 Un dossier de RésistanceS.be coordonné par manuel Abramowicz et mis en ligne le 21 octobre 2006.
Sommaire de notre dossier Un dossier de RésistanceS coordonné par Manuel ABRAMOWICZ Dossier mis en ligne
le : 29 août 2006
Toujours en ligne sur RésistanceS.be En plus de notre présent dossier, nous vous invitons à consulter nos articles suivants :
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