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RésistanceS - 29 août 2006

Informations exclusives de RésistanceS

Où l’extrême droite sera-t-elle présente le 8 octobre prochain ?


1) C’est les 9 et 10 septembre prochain que les listes définitives pour les élections communales seront connues.
2) Dans quelles communes l’extrême droite parviendra-t-elle à déposer des listes?
3) La rédaction de RésistanceS a mené une enquête, commune par commune.
4) A plusieurs semaines de la date butoir pour se présenter aux suffrages, le site RésistanceS vous propose en exclusivité un état des lieux de la situation actuelle des capacités électorales de l'extrême droite.
5) Parti par parti, d’Anvers à Charleroi, en passant par Bruxelles-ville, Schaerbeek, La Louvière, Liège, Dison, Pont-à-Celles…


Affiche électorale de Johan Demol, leader bruxellois du Vlaams Blok/Belang © Photo : RésistanceS – Maz-2004



Constat général
Voici d’abord un constat global sur l’état de la situation pré-électorale de l’extrême droite.

En région flamande, la présence généralisée du Vlaams Blok/Belang est annoncée. Tous les regards sont fixés sur la ville d’Anvers où le VB pourrait arriver au pouvoir en coalition. De plus, il garde toujours en Flandre son monopole sur l'extrême droite. L'absence de listes dissidentes significatives - qui pourraient séduire les mêmes électeurs - est une nouvelle fois annoncée.
Dans la majorité des communes bruxelloises, le parti nationaliste flamand d’extrême droite sera présent avec des listes souvent complètes en nombre de candidats. Ces dernières seront plus nombreuses que celles du Front national. Ce qui démontre une fois de plus la réelle intégration du VB dans la capitale. L'extrême droite flamande y est bien plus dynamique et ''populaire'' que l'extrême droite francophone. Un comble pour une ville composée de plus de 85 % d'habitants d'expression française.

Outre celles du VB, le FN de Daniel Féret va devoir aussi faire face à des listes francophones qui vont lui disputer son ''électorat'' bruxellois : celles du Front nouveau de Belgique (FNB), de Force nationale (FNationale) et du nouveau venu le Front des Bruxellois (FDB). En Wallonie, l’extrême droite restera également – et comme à son habitude - divisée. Des listes du FN, du FNB, de FNationale ou du Front des Wallons (FDW, branche wallonne du FDB) seront en concurrence dans au moins 8 communes wallonne pour se disputer les voix des électeurs protestataires et de ceux séduits par un discours de droite nationaliste populiste. En plus des listes du FN, de FNationale, du FNB et du FDB-FDW, d’autres listes, indépendantes de ces partis, pourraient encore être présentes dans plusieurs petites communes wallonnes et bruxelloises. Leurs meneurs potentiels : des dissidents du FN féretiste ou des nouveaux venus dans les rangs nationalistes.

Force est donc de constater que l’extrême droite francophone reste lézardée et que sa présence sera limitée en Wallonie et à Bruxelles, en comparaison notamment avec les élections de 1994. Lors de ce scrutin, le FN avait été capable de déposer 53 listes différentes (36 dans des communes wallonnes et 17 dans la capitale). Il faut se rappeler qu'à cette époque, le ''clone belge'' du FN de Jean-Marie Le Pen était au meilleur de sa forme sur le plan structurel. Aujourd'hui, la situation des frontistes est totalement à l'opposé. A Bruxelles, leurs listes seront par exemple bien moins nombreuses que celles du Front des Bruxellois, un nouveau parti fondé il n'y a pourtant que quelques mois par Paul Arku, député régional dissident du FN. La représentativité de Force nationale, une autre scission, menée par le sénateur ex-FN Francis Detraux et une dizaine d'anciens responsables de sections du parti de Féret (dont trois députés régionaux), est également bien plus importante que celle du Front national. A Bruxelles et en Wallonie, FNationale a déjà réussi à implanter une bonne dizaine de sections locales. Cette présence lui permet dorénavant de pouvoir déposer plus de listes électorales que son ennemi juré. Une humiliation de plus pour ce dernier.

Par ailleurs, dans plusieurs communes où l'extrême droite n'avait jamais réussi auparavant à déposer des listes, le FN, le FNB, FNationale ou FDW pourront cette fois-ci être présents. Il s’agit des communes suivantes : Watermael-Boitsfort (FNB), Binche (FNB), Châtelet (FN, FNationale et FDW), Dinant (FN et FNB), Pont-à-Celles (FN), Quaregnon (FN), Seraing (FNationale), Sombreffe (FNB) et Tournai (FN). Ces nouvelles ''implantations'' communales signifient que l'extrême droite francophone, malgré sa situation actuelle caractérisée par sa division interne et son inorganisation, garde toutefois un potentiel de développement qui pourrait un jour devenir des plus inquiétants pour les autorités politiques.


Vlaams Belang (VB)
De façon générale, le Vlaams Blok/Belang poursuit son accroissement électoral. A chaque élection, ce parti indépendantiste flamand d'extrême droite capte de nouveaux gains électoraux. Il n'a jamais perdu d'élections, contrairement au Front national. La très bonne forme électorale du VB s'est encore confirmée aux dernières élections législatives (2003) et régionales (2004). Dans un sondage réalisé au mois de juin de cette année, les votes en sa faveur s’élevaient à près de 27 % des voix de l'électorat flamand. Un score potentiel qualifié avec raison de ''nouveau sommet historique'' par le quotidien ''Le Libre Belgique'', et qui devrait se confirmer, à l’échelon local, aux élections communales d'octobre.

Le VB sera présent en masse, en octobre prochain, dans la majorité des grandes villes, mais aussi dans de très nombreuses petites communes. Contrairement à ses ''homologues'' francophones, cette formation possède une structure politique efficace. Le système de hiérarchisation interne, l’écolage politique de ses actuels élus et de ses candidats, ainsi que les très nombreuses sections locales VBistes permettent une implantation de proximité et la popularisation du programme du parti sur l'ensemble de la Région flamande. De plus, toujours à la différence du Front national, le VB n'est pas concurrencé et fragilisé sur son propre terrain par des formations politiques dissidentes. Seule la ''branche flamande'' du Front national, le Nieuwe partij-Fervent nationaal (NP-FN), pourrait déposer l'une ou l'autre liste. Mais la représentativité de ce NP-FN est totalement nulle. Le VB n'a donc rien à craindre de lui.


Affiche antifasciste illustrant l'alliance de l'ex-VLD Hugo Coveliers avec les néofascistes du Vlaams Blok/Belang © Blokwatch (www.blokwatch.be).


Les élections du 8 octobre pourraient confirmer pour le VB le début de la fin de son isolement dans le paysage politique flamand. Ce qui est déjà en quelque sorte le cas puisqu'à Anvers, il se présente en coalition électorale avec le ''groupe Coveliers''. Mené par le parlementaire Hugo Coveliers (ex-Volksunie et dissident du VLD), ce groupe politique préconise un programme nationaliste, ultralibéral et indépendantiste flamand. Il est actif sous le nom de ''Vlott'' (pour : Vlaams, liberaal, onafhankelijk, tolerant, transparant). La liste anversoise VB-Vlott préfigure une implosion du cordon sanitaire. Une poignée de bourgmestres actuels du CD&V (parti démocrate-chrétien) et du VLD (parti libéral du Premier ministre fédéral) annoncent en effet déjà leur intention de constituer, après le 8 octobre, des majorités communales avec le VB.
Cependant, la bonne santé du VB ne peut camoufler des conflits internes. Des rivalités entre plusieurs de ses responsables locaux ont débouché sur des zizanies plus habituelles chez les francophones d'extrême droite. Le positionnement en place utile sur les listes (pour se faire élire) est à l'origine de ces conflits. A Bruxelles, pour calmer les tensions, la direction VBiste a dû remettre de l'ordre. Plusieurs ''parachutages'' ont été imposés. Des changements de domicile ont eu lieu, certains candidats étant considérés comme trop ''populaires'' par des ''petits-chefs'' locaux. Leur ''émigration'' vers d'autres communes a donc été organisée pour éviter des conflits internes.

 


Front national (FN)
''A quelques semaines des élections communales du 8 octobre 2006, il faut constater que rien n’est fait, que rien n’est prêt. Il n’y a pas de budget de campagne déterminé. Il n’y a pas de tract prévu sur l’ensemble du territoire francophone et rien n’a été fait pour trouver un mode alternatif de distribution (Ndlr : des tracts électoraux)''. Ce constat est issu d’une lettre ouverte adressée le 20 juillet dernier aux membres du bureau politique du FN par Patrick Sessler, le responsable du service ''Organisation'' du parti d'extrême droite. Englué dans une crise interne et littéralement divisé en deux clans, celui de Daniel Féret et celui des ''Réformateurs'', le Front national sera présent, mais chichement, aux élections du mois d'octobre. En 1994, il avait réussi à déposer de nombreuses listes en Wallonie et dans la région bruxelloise. Aujourd'hui, le constat est simple : ce sera pire qu'aux élections communales de 2000, scrutin où les ''frontistes'' vécurent pourtant déjà un terrible ''Waterloo électoral''. Outre les tensions entre ses clans, l'explication de la situation désastreuse des frontistes sur le plan organisationnel réside dans le fait que le FN est un parti très faible, au niveau de son taux d'adhésion. La ''qualité'' militante de ses rares affiliés laisse quant à elle à désirer. De l'aveu même de dirigeants, très peu de ses militants sont capables de récolter les signatures requises pour déposer une liste et entamer les démarches administratives nécessaires pour la valider auprès des autorités compétentes.

A la date d'aujourd'hui, il est bien possible que la formation de Daniel Féret ne soit capable de déposer que 5 listes dans la capitale : à Bruxelles-ville, à Molenbeek-Saint-Jean, à Schaerbeek, à Woluwe-Saint-Lambert et à Woluwe-Saint-Pierre (contre 8 en 2000 et 17 en 1994). Dans des communes qui avaient donné de très bons résultats jadis (Anderlecht, Ixelles, Forest, Saint-Gilles…), le FN sera cette fois-ci absent. En Région wallonne, une liste sera bien entendu présente à Charleroi, l'Eldorado électoral du FN (qui pourrait y recueillir plus de 20 %, un record historique). A Liège-ville, à Dinant, à Mons, à Mouscron, à Namur, à Pont-à-Celles, à Quaregnon, ainsi que dans quelques petites communes rurales, des listes labellisées FN pourraient figurer sur les bulletins de vote du 8 octobre. Lors des communales de 2000, le parti de Daniel Féret était présent dans 10 communes wallonnes, contre 36 aux élections de 1994. Malgré des tentatives avortées dans le passé, le Front national pourrait encore être présent au Flandre, avec une ou deux listes déposées par sa ''branche flamande'', active de manière groupusculaire sous le nom de Nieuwe partij-Fervent nationaal (NP-FN).

Résumons : à Bruxelles, le parti nationaliste xénophobe serait présent dans 5 communes et en Wallonie dans une quinzaine. Un chiffre dérisoire et ridicule pour un parti dont le taux d’intentions de vote lui est, hélas, des plus favorables.

Ces élections sont aussi l'occasion de constater le retour au ''Front'' de plusieurs ex-frontistes passés jadis à la dissidence. Michel Leurquin, chef de file des frontistes dans le namurois dans les années 90, mènerait désormais sa liste à Namur. Willy Fréson (ex-Parti des forces nouvelles, cofondateur d'Agir, au FN de 1996 à 2000, puis cofondateur du Bloc wallon) s'est lui aussi réintégré dans les rangs ''féretistes'' ; grâce au soutien du député fédéral Patrick Cocriamont, un ex-activiste, comme lui, du Front de la jeunesse, une organisation néonazie des années 70-80. Willy Fréson sera présent sur la liste liégeoise. Par ailleurs, Daniel Féret aurait d’ores et déjà proposé à ce ''vieux'' militant nationaliste la tête de liste pour les élections législatives de 2007.



Force nationale (FNationale)
Fondé en décembre 2004 par des dissident du Front national de Daniel Féret, le choix du nom de ce nouveau parti est évident : ressembler le plus possible au parti d'origine, parce que son sigle est, sur le plan électoral, extrêmement porteur. S'adressant à un identique électorat, les fondateurs de Force nationale espéraient pouvoir utiliser eux aussi les initiales ''FN'' aux élections communales, mais durent renoncer à leur projet pour des raisons de protection légale du sigle. Les initiales ''FN'' restent, heureusement pour Daniel Féret, un ''label'' protégé. Force nationale se présentera dès lors au scrutin du 8 octobre sous le nom de ''FNationale''. Avec un logo ressemblant néanmoins à celui du FN.

La plupart de ses dirigeants et responsables de sections locales sont des anciens du Front national de Daniel Féret. On y retrouve ainsi des ex-députés régionaux (Alain Sadaune, Roland Frippiat et Juan Lemmens), des anciens conseillers communaux frontistes (l’abbé Christian Haudegand...) et des ex-chefs de sections communales et candidats aux dernières élections législatives (Joseph Franz, Jean-Pierre Stalpaert, Simon Daniel, Philippe Terwagne...). Quant au président-fondateur de Force nationale, Francis Detraux, il fut le leader pendant près de dix ans du FN dans la région namuroise. En 2003, il est élu sénateur pour le compte du parti de Daniel Féret. Aujourd'hui, il siège toujours au Sénat... pour les intérêts de FNationale. La structure logistique et intellectuelle de cette dissidence frontiste est assurée par Juan Lemmens, un ancien député régional bruxellois du FN (1995-1999) qui passa un moment par la direction du Front nouveau de Belgique, alors présidé par la députée fédérale Marguerite Bastien, avant de cofonder, à l'occasion des élections régionales de 2004, l'éphémère formation électorale ''Bloc national''. Bien qu’elle ait réussi à récupérer une bonne dizaine de ''cadres'' du Front national, Force nationale a dû très vite faire face, à son tour, à des tensions internes. Elles déboucheront sur des départs : le député régional bruxellois Paul Arku partira fonder sa propre formation (le Front des Bruxellois : voir plus loin) et le député régional wallon Charles Pire retournera finalement au Front national.


Membres de la direction du Front nouveau de Belgique (FNB) en 1998. De gauche à droite : Marguerite Bastien (présidente-fondatrice du FNB, députée fédérale, ex-FN et ex-PRL), Roger Nols (ancien bourgmestre FDF de Schaerbeek qui passa ensuite au PRL, puis au Front national et pour finir au FNB) et Juan Lemmens (alors député régional bruxellois élu sous les couleurs du FN de Daniel Féret ). Lemmens est le cofondateur (en 2004) de Force nationale et son secrétaire politique tout puissant.


Constitué de 11 sections locales dans la Région de Bruxelles-capitale (Bruxelles-ville, Molenbeek, Schaerbeek et Woluwe-Saint-Lambert) et dans la Région wallonne (Charleroi, Châtelet, Chaudfontaine, Dison, La Louvière, Liège et Namur), FNationale pourrait réussir à déposer 13 listes aux élections communales (dont seulement 4 dans la région bruxelloise). Pour diffuser son programme et coordonner sa campagne électorale, cette nouvelle formation est déjà présente en ''masse'' sur Internet (en comparaison avec le FN officiel) depuis l'ouverture de divers blogs favorables à sa cause. La structuration de ce parti se fait sur la base d'une volonté de fer d'en découdre avec les frontistes de Daniel Féret. Sûrs de leur victoire le 8 octobre prochain, les dirigeants de FNationale mobilisent leurs troupes avec des slogans en forme de harangues. Dans une ''lettre aux militants et aux futurs élus'' de FNationale, Joseph Franz, leur dirigeant liégeois déclare ainsi : ''Militants, élus de Force nationale, nous devons tous redoubler d’efforts, de dépassement de soi-même pour être le grand parti que nos concitoyens attendent, pour qu’enfin nous puissions balayer la clique au pouvoir et apporter les véritables solutions aux problèmes de notre époque''. Tout un programme, que Daniel Féret s'était déjà juré d'appliquer, il y a vingt ans, lorsqu'il fonda en Belgique le Front national...


Front nouveau de Belgique (FNB)
Pour obtenir des élus, la stratégie du FNB est de présenter des listes là où le FN en sera incapable. Histoire d’éviter la concurrence. Comme aux dernières élections, cette dissidence du parti de Daniel Féret a eu les plus grandes difficultés à trouver des candidats. Ce qui traduit une implantation locale extrêmement limitée. De plus, des pressions auraient été exercées contre des candidats FNB pour qu’ils ne se présentent pas aux élections. Ajoutons à cela que le FNB est pauvre, ses moyens financiers étant dérisoires.

Dans la région bruxelloise, il déposerait 2 ou 3 listes : à Watermael-Boitsfort et à Woluwe-Saint-Pierre, et peut-être à Anderlecht, le fief électoral bruxellois de l’extrême droite, avec Molenbeek-Saint-Jean. En Région wallonne, le FNB devrait être présent à Charleroi, Châtelet, Herstal, Namur… Des listes pourraient encore être déposée à Binche, Dinant, La Louvière, Mouscron, Sombreffe…



Manifestation ultranationaliste flamande et sa délégation du mouvement Nation, pilier de la ''mouvance identitaire''. Cette dernière sera présente le 8 octobre prochain aux élections communales avec le Front nouveau de Belgique (FNB), une formation monarchiste et belgicaine d'extrême droite. Totalement à l'opposé des revendications séparatistes des compagnons de route flamands de Nation... Identité incohérente ? © Photo : Blokbuster.

Le FNB sera donc incapable de déposer un nombre significatif de listes. Pourtant, à l’occasion de ces élections communales, il a reçu le soutien actif de la ''mouvance identitaire'', ce qu’avait déjà révélé RésistanceS en avril dernier (relire notre article : Des listes unitaires FNB pour la ''mouvance identitaire''). Cette mouvance est constituée de trois mouvements politiques : Terre & Peuple – Wallonie (d’obédience néopaïenne et racialiste), le mouvement Nation (ultradroite radicale) et Belgique & Chrétienté (un cercle nationaliste-catholique intégriste). Au moins deux listes estampillées ''FNB'' seront conduites par un membre de Nation, l’une à Woluwe-Saint-Pierre, l’autre à Charleroi. D’autres candidats de ce mouvement issu du groupe néonazi l’Assaut se présenteront encore sur des listes du Front nouveau de Belgique. Il y aura aussi des membres de Terre & Peuple, mais pas en places utiles.

Poursuivis et condamnés pour racisme, les chefs du FNB, François-Xavier Robert, et de Nation, Hervé Van Laethem, ne se présenteront pas à ces élections.



Front des Bruxellois (FDB) – Front des Wallons (FDW)
Le FDB affirme n’être ''ni de droite ni de gauche'' et surtout pas raciste. Pour preuve, il évoque la présence de candidats d’origine immigrée (espagnole, marocaine, turque…) sur ses listes. Au vu du profil socio-politique de sa base militante et de son discours bien moins caricatural que celui du Front national, cataloguer le FDB à l’extrême droite ne va pas de soi. Cependant, la ''genèse'' de ce nouveau parti, apparu au début de l’année 2006, le lie directement à la droite radicale pure et dure. Son fondateur-président, Paul Arku, est l’ancien responsable de la section d’Evere du Vlaams Belang/Blok. En 2004, il rompt avec la formation nationaliste flamande et passe dans les rangs du Front national. En juin de la même année, il est élu au Parlement de la Région de Bruxelles-capitale. Suite à un conflit avec Daniel Féret, Paul Arku est exclu du parti, mais garde sa place de député régional bruxellois. Avec d’autres frontistes en conflit avec Féret, il participe à la création de Force nationale. Il y reste quelques semaines et finit par former sa propre formation politique, qui prendra le nom de Front des Bruxellois (FDB). A chaque changement de parti (du VB au FN, du FNationale au FDB), grâce à son charisme de type populiste, Paul Arku est suivi par ses partisans (environ 200 personnes), pour la majorité habitants d’Evere.

Depuis, il tente d’implanter ailleurs dans la région bruxelloise son FDB. Il est rejoint essentiellement par des ‘’apolitiques’’, mais aussi par d’anciennes gloires locales. C’est le cas de Jean-Paul Dumont. Cet ex-conseiller communal PSC à Uccle, proche de l’aile conservatrice du parti social-chrétien, fut jadis un ami de Daniel Féret et est aujourd’hui l’avocat des ''réformateurs'' du FN qui se sont lancés dans un combat acharné pour exclure du parti leur président. Jean-Paul Dumont conduira la liste du FDB à Bruxelles-ville.



Le président-fondateur du Front des Bruxellois. Fondé il y a quelques mois seulement, le FDB est pourtant déjà plus fort dans la région bruxelloise que le Front national de Daniel Féret...

Pour les élections communales qui auront lieu le 8 octobre, le Front des Bruxellois devrait déposer des listes dans 8 communes bruxelloise (Bruxelles-ville, Evere, Forest, Ganshoren, Ixelles, Jette, Schaerbeek et Uccle), contre cinq pour le FN, trois pour le FNationale et deux ou trois pour le FNB. Le Front des Bruxellois semble donc bien mieux implanté à Bruxelles que ne le sont ses concurrents directs. Sa force militante leur serait supérieure. A Evere, la liste des candidats du FDB est complète (31 candidats), à Schaerbeek, ils et elles seront entre vingt et vingt-cinq à figurer sur sa liste. Ailleurs, les listes de ce ‘’front’’ rassembleront à chaque fois une dizaine de candidats. Paul Arku affirme pour sa part que le FDB est constitué de plusieurs centaines d’affiliés. Dont pas mal de militants issus de l’immigration (espagnole, marocaine, turque…). Pourra-t-il néanmoins récolter des scores électoraux dignes d’intérêt ? Le bureau politique du FDB pronostique l’élection de plusieurs conseillers communaux : un à Jette, un à Schaerbeek, deux à Bruxelles-ville et entre deux et trois à Evere.

Il y a quelques mois, le président du FDB avait affirmé la mise en place d'une ''branche wallonne'' : le Front des Wallons (FDW). Le nombre de signatures nécessaires pour déposer une liste électorale a été récolté à Châtelet. Ailleurs, le FDW n’aurait que quelques sympathisants, pour l’instant pas en nombre suffisant pour être présent le 8 octobre prochain. Avec l’ambition d’implanter solidement des sections en Wallonie, le FDB-FDW prépare déjà les prochains scrutins, législatif et régional.


Mouvement populaire royaliste (MPR)
Le MPR était toujours à l'état de projet au début du mois d’août. Uniquement implanté à Schaerbeek, ce ''mouvement'' serait conduit par le premier responsable local de Force nationale dans cette commune bruxelloise, qui y fut aussi commissaire de police. Il est décrit par certains de ses ex-compagnons de route comme un ''personnage'' assez particulier. Le MPR ferait partie du ''folklore'' caractérisant si souvent l'extrême droite francophone.

 


Tableau 1 – Région Bruxelles-capitale
Listes électorales d'extrême droite qui pourraient se présenter aux élections communales du 8 octobre 2006 en comparaison avec les élections de 2000 et de 1994 (données à la date du 23 août 2006)

- Attention : la présentation des listes figurant dans ce tableau pour les élections de 2006 n'est qu'une prévision sur base des informations récoltées à la date du 19 août 2006. Pour une vue définitive de la situation, il faudra attendre la présentation des listes et leur acceptation ou non par les autorités compétentes, les 9 et 10 septembre 2006.
- Listes en présence en 2006 : Vlaams Belang (VB), Front national (FN), Force nationale (FNationale), Front nouveau de Belgique (FNB), Front des Bruxellois (FDB) et Mouvement populaire monarchiste (MPM).

Commune Liste(s)
2006
Résultat
2000 en  %
Elu(s)
2000
Résultat
1994 en %
Elu(s)
1994
Anderlecht FN
3,3
0
13,2
6
VB
7,9
3
4,5
1
Berchem-St-Agathe  VB
8,6
2
4,8
0
-
-
-
FN 8,8 
2
Bruxelles-ville FDB
-
-
-
-
FN
3
0
9,3
4
FNationale
-
-
-
-
VB
5,3
2
3,2
1
-
FNB 1,7
-
-
-
Evere FDB
-
-
-
-
VB
7,7
2
6,2
1
Forest FDB
-
-
-
-
-
-
-
FN 9,6
3
VB
-
-
1,7
0
 
FNB 2,8
0
-
-
Ganshoren FDB
-
-
-
-
VB
6,7
1
-
-
-
-
-
FN 9,2
2
Ixelles FDB
-
-
-
-
VB
1,6
0
1,1
0
-
FN 1,8
0
FN 8,0
3
Jette FDB
-
-
-
-
VB
6,9
2
4
0
-
FN 2,8
0
FN 9,6
3
Koekelberg VB
5,7
1
-
-
-
FN 3,8
0
FN 12,6
6
Molenbeek FN
6,1
2
16,6
7
FNationale
-
-
-
-
VB
7,7
2
5,2
1
Saint-Gilles VB
2,2
0
2
0
-
FN 2,9
0
FN 9,4
3
 
Saint-Josse VB
4,9
0
-
-
Schaerbeek FDB
-
-
-
-
FN
-
-
9,6
5
FNationale
-
-
-
-
MPR
-
-
-
-
VB (Demol)
8,5
4
3,1
0
-
FNB 1,3
0
-
-
Uccle FDB
-
-
-
-
VB
1,8
0
1
0
-
FN 1,4
0
FN 5,7
2
Watermael-Boitsfort  FNB
-
-
-
-
Woluwe-St-Lambert FN
-
-
5,5
1
FNationale
-
-
-
-
Woluwe-St-Pierre FN
-
-
2,8
0
FNB
2,1
0
-
-



Tableau 2 – Région wallonne
Listes électorales d'extrême droite qui pourraient se présenter aux élections communales du 8 octobre 2006 en comparaison avec les élections de 2000 et de 1994 (données à la date du 19 août 2006)

- Attention : la présentation des listes figurant dans ce tableau pour les élections de 2006 n'est qu'une prévision sur base des informations récoltées à la date du 19 août 2006. Pour une vue définitive de la situation, il faudra attendre la présentation des listes et leur acceptation ou non par les autorités compétentes, les 9 et 10 septembre 2006.
- Listes en présence en 2006 : Front national (FN), Force nationale (FNationale), Front nouveau de Belgique (FNB) et Front des Wallons (FDW).
- Ne se présenteront plus en 2006 : Bloc wallon (BW) et l’Avant-garde d’initiative régionale (Agir). Le BW (dissidence du FN apparue à l’occasion des communales 2000) et Agir (dissidence wallonne du Parti des forces nouvelles active de 1989 à 1996) ont désormais totalement disparu du paysage politique.

Commune

Liste(s)
2006

Résultat
2000 en %
Elu(s) 2000
Résultat
1994 en %
Elu(s)
1994
Binche FNB
-
-
-
-
Charleroi FN
6,9
3
10,5
5
FNationale
-
-
-
-
FNB
-
-
-
-
Châtelet FDW
-
-
-
-
FNationale
-
-
-
-
FNB
-
-
-
-
Dinant FN
-
-
-
-
FNB
-
-
-
-
Dison FNationale
-
-
-
-
-
FNB 4,6
0
FN 7,8
1
Esneux FNationale
-
-
-
-
Herstal FNB
-
-
-
-
-
BW 3,0
0
Agir : 6,5
1
 
FN 3,5
0
La Louvière FNB
-
-
-
-
FNationale
-
-
-
-
-
FN 3,1
0
FN 14,4
6
-
BW 0,6
0
-
-
Liège-ville FN
3,2
0
5
2
FNationale
-
-
-
-
-
BW 1,0
0
Agir : 6,2
2
Mons FN
-
-
7
2
-
BW 1,7
0
-
-
Mouscron FN
-
-
-
-
FNB
4,6
1
-
-
-
-
-
Agir 5,0
1
Namur FN
2,9
0
7,2
3
FNationale
-
-
-
-
FNB
-
-
-
-
Pont-à-Celles FN
-
-
-
-
Quaregnon FN
-
-
-
-
Seraing FNationale
-
-
-
-
Sombreffe FNB
-
-
-
-
Tournai FN
-
-
-
-
Verviers FNationale
-
-
-
-
FNB
4,9
1
-
-
 
-
-
FN 7,5
2
 
-
-
Agir 5,4
1

 


© RésistanceS – Belgique – Bruxelles – www.resistances.be – e-mail : info@resistances.be – 29 août 2006


Après les élections du 8 octobre 2006


Un dossier de RésistanceS.be coordonné par manuel Abramowicz et mis en ligne le 21 octobre 2006.

Les huit enseignements des élections 2006

Résultats de l'extrême droite aux élections communales 2006 (Région flamande)

Résultats de l'extrême droite aux élections communales 2006 ( Région Bruxelles-capitale)

Résultats de l'extrême droite aux élections communales 2006 (Région wallonne)

Résultats de l'extrême droite aux élections provinciales 2006

Rapport de force des extrêmes droites dans les trois régions

VB-Vlott : succès relatif de leur cartel électoraux

Les premiers élus de Force nationale

Echec des Identitaires

Plainte contre Belgique & Chrétienté et Nation

 

Sommaire de notre dossier


Un dossier de RésistanceS coordonné par Manuel ABRAMOWICZ

Dossier mis en ligne le : 29 août 2006
Dossier réactualisé le : 29 août 2006

Introduction à notre dossier: Que va-t-il se passer le 8 octobre prochain ?

Où l’extrême droite sera-t-elle présente aux élections communales du 8 octobre ?

Zizanie facho : enjeux et conflits électoraux inter-nationalistes

La bataille d'Anvers

L’imposture philosémite de Dewinter

Des listes unitaires FNB pour la ''mouvance identitaire''

Who's who de la ''mouvance identitaire''

Après le 8 octobre : la fin du cordon sanitaire ?

Des ''immigrés'' nationalistes sur des listes démocratiques

L'extrême droite pro-intégriste islamique, existe !

Une réalité tabouisée - interview de Mehmet Koksal sur l'extrême droite chez les ''immigrés''

''Ne votez pas extrême droite'' : Appel de la FGTB flamande contre le Vlaams Blok/Belang

Belgique & Chrétienté, le rendez-vous de la ''vraie droite belge''

Résultats et analyses des précédentes élections communales (2000)

 

Toujours en ligne sur RésistanceS.be


En plus de notre présent dossier, nous vous invitons à consulter nos articles suivants :

Extrême droite et antifascisme en Belgique – Intervention de RésistanceS au Parlement européen sur l’état de la situation - 12 mai 2006

Qui est réellement Philip Dewinter ? Portrait chronologique du véritable patron du Vlaams Blok/Belang

La fin du « féretisme » ?

Portrait politique de Daniel Féret

Antisémitisme : le naturel du Blok/Belang revient au galop

Notre dossier Elections communales 2000