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RésistanceS - 29 août 2006
La facho-zizanie
continue !
Enjeux et conflits préélectoraux internationalistes
• En Belgique coexistent plusieurs ‘’chapelles’’
d’extrême droite. De nature différente et aux rapports
de force déséquilibrés.
• Le Vlaams Blok/Belang est devenu une ‘’formation
de masse’’. Le Front national reste un groupuscule.
• La rivalité est féroce, dans la région
bruxelloise, pour séduire le même électorat.
• Un projet de cartel VB-FN, pour les élections du 8
octobre, vient par ailleurs d’être sabordé.
• Eclairage sur cette ménagerie politicienne bien singulière.

En 1989, le Vlaams Blok et le Parti des forces
nouvelles (PFN, d'obédience néonazie) se soutenaient
mutuellement. Aujourd'hui, Patrick Cocriamont, député
fédéral du Front national et ex-membre de la direction
du PFN, s'oppose à toute alliance avec le VB. Au grand regret
des frontistes et des blokkers favorables à des listes communes
FN-VB. © Photo : Manuel Abramowicz – mai 1989.
En Flandre, le monopole des listes cataloguées à l'extrême
droite est détenu par le Vlaams Blok/Belang (VB). En Wallonie
et à Bruxelles, la situation reste basée sur la division
légendaire de l'extrême droite en plusieurs ‘’fronts’’
rivaux et antagonistes. Des concurrences virulentes se feront aux
élections communales d’octobre prochain entre les diverses
listes de la ''droite nationaliste'' (Front national, Force nationale,
Front nouveau de Belgique…) présentes dans plusieurs
mêmes communes des régions bruxelloise, liégeoise,
namuroise et caralo.
A Bruxelles, le VB plus fort que le FN !
En région bruxelloise, l'éparpillement de l'extrême
droite se confirmera le 8 octobre prochain avec également la
présence massive du VB. Considérant Bruxelles comme
une ville entièrement flamande (et future capitale de ''sa''
Flandre indépendante), le VB s'y implante depuis bien longtemps.
Il est même aujourd’hui arrivé au ''top'' des formations
d'extrême droite bruxelloise. C'est le parti liberticide le
plus puissant, le plus actif à Bruxelles. Son incursion au
coeur de la région bruxelloise fut aussi possible grâce
au passage dans ses rangs de transfuges de formations francophones
néofascistes. Ces derniers proviennent en grande partie du
Parti des forces nouvelles (PFN, groupuscule néonazi actif
de 1983 à 1991) et du Front national. Les ''francophones VBistes''
se rassemblent aujourd’hui au sein d'une structure propre, l'Alliance
bruxelloise contre le déclin (ABCD), nouvel intitulé
du mouvement Bruxelles-Identité-Sécurité (BIS)
(1).
La force militante du VB dans la Région
de Bruxelles-capitale s'est confirmée aux dernières
élections communales de 2000. Le parti flamand avait alors
déposé 14 listes électorales, listes composées
de 217 candidats. Les formations francophones d'extrême droite
n'avaient réussi qu’à aligner 197 candidats. Dix-neuf
conseillers communaux VB furent élus, pour deux seulement du
côté francophone. Un score des plus humiliants pour le
FN, étant donné la sociologie de la population bruxelloise,
composée à plus de 85 % de francophones. Le 8 octobre
prochain, le scénario en faveur du VB se répétera.
La mésentente entre les nationalistes flamands du VB et leurs
‘’homologues’’ francophones du FN, ajoutée
à leur volonté commune de capter l’électorat
d’extrême droite devrait donc aussi se poursuivre.
Pourtant, il y a quelques mois, une tentative
de rapprochement avait été observée entre le
VB bruxellois et le Front national. L’objectif de se rapprochement
visait à l’organisation du partage électoral de
la région bruxelloise pour ne pas se faire concurrence. Des
communes (les plus habitées par des Flamands) auraient été
réservées au VB, d’autres au FN. Dans certaines
communes, des cartels avaient même été envisagés.
Ce fut le cas à Anderlecht. Mais l’accord sur une liste
‘’VB-FN’’ capota à la dernière
minute, suite à des pressions exercées par Patrick Cocriamont.
Dans ‘’Vérités bruxelloises’’,
le bulletin des Bruxellois francophones du VB, en septembre dernier,
cet unique député fédéral frontiste était
méchamment égratigné. Originaire comme lui d’Anderlecht,
le chef local du Vlaams Blok/Belang et par ailleurs parlementaire
régional bruxellois, Jos Van Assche, affirmait que si Patrick
Cocriamont était ‘’assidu’’au Parlement
fédéral, c’était dans sa ‘’pratique
de l’absentéisme’’. En gros, pour Van Assche,
le représentant du FN au Palais de la Nation était un
bon à rien ! Conclusion du blokker : « Le vote VB est
utile : nos élus sont actifs ! » contrairement à
ceux du FN.
Des listes VB-FN ?
La réponse n’allait pas se faire attendre. Dans un droit
de réponse adressé à ‘’Vérités
bruxelloises’’, Patrick Cocriamont riposta de la sorte
: ‘’Je ne suis pas, comme les parlementaires du VB, secondé
par une armée d’assistants, d’avocats et d’employés.
Un seul assistant m’aide dans mon travail’’. Plus
loin, pour expliquer l’attaque dont il fut l’objet, le
frontiste écrivait : ‘’Dans le meilleur des cas,
ce parlementaire régional (NDLR : Jos Van Assche) se trompe
et alors il est regrettable qu’il ne vérifie pas ses
sources, ou alors il est déjà en campagne électorale
et ses intérêts égoïstes l’emportent
sur la vérité et sur l’honneur’’.
Explication : ‘’Monsieur Van Assche sait que si le Front
National fait un bon score aux prochaines élections communales,
le Vlaams Belang risque fort de ne récolter que deux élus
dans sa commune d’Anderlecht. Craint-il pour sa place ?’’.
Van Assche en effet ‘’espérait une liste de cartel
FN-VB pour les prochaines communales – et ce afin de profiter
d’une éventuelle progression frontiste. Son ‘coup
de pied de l’âne’ réduit les chances d’arriver
à un accord’’, conclut l’ex-chef désormais
(il s’est installé à Charleroi) de la ''section''
du Front national à Anderlecht.
Une chose est sûre, le conflit
entre Patrick Cocriamont et Jos Van Assche n’arrange pas du
tout les plans des ‘’réformateurs’’
du FN. Conduits par le sénateur Michel Delacroix et son bras-droit
Patrick Sessler, ceux-ci préconisent effectivement une grande
alliance à Bruxelles entre le VB et le FN. Le projet de listes
de cartel FN-VB - ou au choix VB-FN -, cher au cœur des partisans
de l’unité de l’extrême droite bruxelloise,
resterait cependant dans les ''starting blocks''. Si demain, lesdits
‘’réformateurs’’ du Front national
arrivent à prendre son appareil de direction et à mettre
hors d’état de nuire le président-fondateur Daniel
Féret et les ''hommes du président''’’ (Charles
Petitjean, Daniel Leskens, Patrick Cocriamont…), il est clair
que des listes VB-FN apparaîtront un jour ou l’autre ou
en tout cas que l’idée d’un ''gentlemen agreement''
aura le vent en poupe pour se répartir l’électorat
bruxellois.
Mais pour l’heure, et à
la veille des élections du 8 octobre prochain, l’actualité
des nationalistes d’extrême droite reste bel et bien toujours
leur éternelle rivalité de chapelles.
Manuel ABRAMOWICZ
Note :
(1) Sur l'Alliance bruxelloise contre le déclin (ABCD), lire
l'article de RésistanceS :
Une alliance francophone au service
du Vlaams Blok/Belang 
© RésistanceS – Belgique – Bruxelles
– www.resistances.be – e-mail : info@resistances.be –
29 août 2006
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Après
les élections du 8 octobre 2006
Un dossier de RésistanceS.be
coordonné par manuel Abramowicz et mis en ligne le 21 octobre
2006.
Les huit enseignements des élections
2006
Résultats
de l'extrême droite aux élections communales 2006
(Région flamande)
Résultats de l'extrême droite
aux élections communales 2006 ( Région Bruxelles-capitale)
Résultats de l'extrême droite
aux élections communales 2006 (Région wallonne)
Résultats
de l'extrême droite aux élections provinciales 2006
Rapport
de force des extrêmes droites dans les trois régions
VB-Vlott
: succès relatif de leur cartel électoraux
Les
premiers élus de Force nationale
Echec
des Identitaires
Plainte
contre Belgique & Chrétienté et Nation
Sommaire de notre
dossier
Un dossier de RésistanceS
coordonné par Manuel ABRAMOWICZ
Dossier mis en ligne
le : 29 août 2006
Dossier réactualisé le : 29 août 2006
Introduction à notre
dossier: Que
va-t-il se passer le 8 octobre prochain ?
Où
l’extrême droite sera-t-elle présente aux élections
communales du 8 octobre ?
Zizanie
facho : enjeux et conflits électoraux inter-nationalistes
La
bataille d'Anvers
L’imposture philosémite de Dewinter
Des listes unitaires FNB pour
la ''mouvance identitaire''
Who's who de la ''mouvance
identitaire''
Après
le 8 octobre : la fin du cordon sanitaire ?
Des
''immigrés'' nationalistes sur des listes démocratiques
L'extrême
droite pro-intégriste islamique, existe !
Une réalité tabouisée
- interview de Mehmet Koksal sur l'extrême droite chez les ''immigrés''
''Ne
votez pas extrême droite'' : Appel de la FGTB flamande contre
le Vlaams Blok/Belang
Belgique & Chrétienté,
le rendez-vous de la ''vraie droite belge''
Résultats
et analyses des précédentes élections communales
(2000)
Toujours en ligne
sur RésistanceS.be
En
plus de notre présent dossier, nous vous invitons à
consulter nos articles suivants :
Extrême
droite et antifascisme en Belgique – Intervention de RésistanceS
au Parlement européen sur l’état de la situation
- 12 mai 2006
Qui
est réellement Philip Dewinter ? Portrait chronologique du
véritable patron du Vlaams Blok/Belang
La
fin du « féretisme » ?
Portrait
politique de Daniel Féret
Antisémitisme
: le naturel du Blok/Belang revient au galop
Notre
dossier Elections communales 2000

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