RésistanceS.be 03-01-2014

Alliance Front national-Vlaams Belang


Marine Le Pen à Bruxelles pour soutenir l'extrême droite flamande


La présidente du FN français vient d'annoncer que le Vlaams Belang est désormais son partenaire officiel en Belgique. Marine Le Pen préconise aussi l'indépendance de la Flandre et le rattachement de la Wallonie à la France. En avril prochain, elle devrait participer à un meeting du VB à Bruxelles.

PAR JOHAN GULBENKIAN
Responsable de la rédaction flamande de RésistanceS.be


 


Fin décembre, Marine Le Pen a accordé une interview à l'hebdomadaire flamand Knack. La présidente du FN français y apporte son soutien au « nationalisme völkisch » du Vlaams Belang, son « seul partenaire belge » © Photo : Johan Gulbenkian / RésistanceS.be


Le parti d'extrême droite français Front national (FN) et le Vlaams Belang (VB), son homologue nationaliste actif en Flandres belges, ont une longue histoire commune. Elle remonte aux années 1980. Jean-Marie Le Pen, le président-fondateur du FN, et Karel Dillen, celui du VB, étaient alors de proches amis politiques. Ce qui permettra notamment une première alliance au Parlement européen entre les eurodéputés des deux formations d'extrême droite, avec notamment les néofascistes du Mouvement social italien (MSI).

Au milieu des années 1980, Gerolf Annemans (l'actuel président du VB ), Frank Vanhecke (son président de 1996 à 2008 ) et Filip Dewinter (son réel dirigeant ), « jeunes lieutenants » du vieux Dillen, appartenaient à ladite « génération Le Pen », celle influencée par l'émergence électorale du FN en France. C'est ce trio dirigeant qui allait transformé le « parti nationaliste populaire », apparu en 1978 à Anvers sous le nom de Vlaams Blok (Bloc flamand ), en formation d'extrême droite pure et dure.

Après la scission qui frappa, en 1998, le parti lepéniste d'abord et la mort de Karel Dillen en 2007 ensuite , les liens entre le FN et le VB se sont progressivement distancés .



En septembre dernier, la députée nationale du FN Marion Maréchal-Le Pen fut l'invitée de la « Fête de l'Europe » du Vlaams Belang, puis accordera un entretien à son journal – Document : RésistanceS.be


Nouvelle force d'opposition en Europe
Tout récemment, et après plusieurs années de séparation, le FN et le Vlaams Belang se sont à nouveau rapprochés. En septembre dernier, Marion Maréchal-Le Pen était la « vedette américaine » de la « Fête de l'Europe » organisée à Boom par le VB. Députée nationale du parti d'extrême droite français et nièce de Marine Le Pen, sa présidente, dans un discours tenu en français devant les membres du Vlaams Belang, selon le quotidien Le Monde, elle « a souligné les convergences entre le FN et l'extrême droite flamande » (1).

La venue en terre flamande de Marion Maréchal-Le Pen a précédé l'officialisation de la nouvelle alliance scellée entre les deux partis. La médiatisation de cette alliance FN-VB a été faite, il y a quelques jours, par Marine Le Pen en personne dans les colonnes de l'hebdomadaire néerlandophone Knack. Le but de cette alliance franco-flamande s'intègre dans un projet plus vaste en vue des prochaines élections européennes. Le FN français et le VB flamand, avec plusieurs autres partis d'ultra droite nationaliste populiste, veulent renforcer leur présence au Parlement européen pour y constituer une nouvelle force d'opposition à l'Union européenne. Rien de moins !

Dans le cadre de cette stratégie électorale, le casting pour constituer ce rassemblement politique est pour l'instant le suivant : outre le Front national pour le France et le Vlaams Belang pour la Belgique, il y a aussi le Partij voor de Vrijheid hollandais (PVV), les Sverigedemokraterna (SD, Démocrates suédois), la Lega Nord (parti séparatiste du nord de l'Italie) et le Freiheitliche Partei Österreichs autrichien (FPÖ). De ce rassemblement,  les néonazis hongrois de Jobbik et les grecs de l'Aube dorée ont été volontairement exclus. Cette exclusion n'a rien d'étonnant : le FN veut faire le ménage afin d'apparaitre désormais plus fréquentable. Pourtant, jusqu'il y a peu, les frontistes avaient des liens avec Jobbik.


Rattachement de la Wallonie
Marine Le Pen a donc confirmé dans le journal flamand Knack sa stratégie européenne, dont le but est avant tout de s'imposer encore plus dans le paysage politique français. Bénéficiant de sondages très favorables, elle espère même voir sa formation arrivée en tête aux élections européennes.

Pour en revenir aux liens FN-VB, Marine Le Pen a fait savoir aux lecteurs du Knack qu'elle considérait Gerolf Annemans, le président du Vlaams Belang, comme étant un « homme charmant ». Pour la présidente frontiste, il n'y pas de contradiction entre le « nationalisme  völkisch » (basé sur une « communauté homogène », soit une ethnie préservée de tout mélange racial) du Vlaams Belang et le « nationalisme d'Etat » défendu par le Front national. « Les minorités en France, comme les Basques, les Corses et les Bretons partagent la même histoire, culture et langue que tous les autres Français », dira-t-elle dans l'interview. Une situation bien différente en Belgique, selon elle. C'est pour cette raison que la patronne du FN français est favorable au programme séparatiste du parti nationaliste flamand.


Plaidant depuis toujours pour la suppression de l'Union européenne, le FN est partisan du retour des « Etats-Nations ». Et justement, pour Marine Le Pen : « La Belgique n'est pas un Etat-nation. C'est un état artificiel avec deux cultures différentes. La Belgique est l'échec du multiculturalisme ». Dès lors, l'Etat belge doit disparaître pour donner naissance à une Flandre indépendante. Mais quel avenir propose-t-elle pour la Wallonie ? La dirigeante de l'extrême droite française a une proposition simple : son rattachement à la France.



Dans les colonnes du Knack, Marine Le Pen a rompu définitivement avec l'extrême droite belge francophone © Photo : Johan Gulbenkian / RésistanceS.be


VB, unique partenaire belge

Pour y arriver, le FN lepéniste poursuivra son alliance avec les nationalistes flamands du Vlaams Belang. « Le Vlaams Belang est notre partenaire belge », a-t-elle clairement déclarée dans le Knack. Il estle seul parti avec qui « le FN a des liens en Belgique ». Marine Le Pen précisera encore n'avoir plus de relations « avec aucun autre mouvement » dans notre pays. Occasion de rappeler son refus de l'utilisation chez du nom et du logo de son parti. Une nouvelle façon de bien confirmer sa rupture définitive avec l'extrême droite francophone

Marine Le Pen avait cependant maintenu des liens discrets avec l'avocat d'affaires bruxellois Mischaël Modrikamen  Président-fondateur du Parti populaire (PP), il avait affirmé s'intégrer dans la nouvelle mouvance politique se développant en Europe dans laquelle se trouve aussi le FN mariniste. Sachant qu'une alliance officielle avec ce dernier vaudrait à son PP son bannissement des plateaux télés, Mischaël Modrikamen gardera secret ses contacts avec l'extrême droite d'outre-Quiévrain.



Marine Le Pen à Bruxelles
A la lecture de cet entretien accordé au journal belge, on apprendra que la présidente frontiste compte venir à Bruxelles pour participer à un meeting du Vlaams Belang prévu pour le mois d'avril. Autant dire que ce meeting devrait provoquer des contre-manifestations.

En 1984, quand son père, Jean-Marie Le Pen, était venu à Schaerbeek, sous la protection de Roger Nols, son bourgmestre de l'époque, pour susciter la création d'un parti-frère en Belgique, des milliers d'antifascistes étaient descendus dans la rue.


JOHAN GULBENKIAN
Responsable de la rédaction flamande de RésistanceS.be



(1) « La visite très amicale de Marion Maréchal-Le Pen au Vlaams Belang », Jean-Pierre Stroobants, in Le Monde.fr du 1er octobre 2013.

Note de la rédaction
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© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 3 janvier 2014.




L'hebdomadaire flamand Knack s'est longuement entretenu avec la présidente du Front national  français © Photo : Johan Gulbenkian / RésistanceS.be

 


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