REACTUALISATION
de ce Panorama le 9 mars 2010 : graphe et rajout de la notice sur
la Ligue nationaliste.
Panorama du Front national et
de ses dissidents-concurrents
L'extrême droite française de
plus en plus atomisée
Le Front national de Jean-Marie Le Pen incarne depuis près
de 30 ans l'extrême droite en France... et en Europe. Actuellement
affaibli, il pourrait cependant reprendre de l'aplomb aux prochaines
élections régionales françaises, en mars prochain.
Crédité aujourd'hui d’un score de 8 à 9
%, le FN y jouera en partie son avenir. Dans son ombre, des dissidents
- désormais concurrents - espèrent se faire une place
dans le paysage politique français, à l’occasion
de l’inévitable recomposition de «la mouvance»
lorsque Jean-Marie Le Pen passera la main.
Voici un état des lieux de l'extrême
droite française, divisée en trois courants structurels
: ceux de la droite nationaliste frontiste, de la droite nationale
et identitaire anti-FN et des identitaires régionalistes.
Une radioscopie réalisée
par Jean-Yves Camus, avec Manuel Abramowicz.

Pour consulter en détail
ce panorama réalisé par RésistanceS.be
© RésistanceS.be 02/2010
LES ELECTIONS REGIONALES auront lieu, en France, les 14 et 21 mars
prochain. Cette échéance est capitale pour le Front
national (FN) de Jean-Marie Le Pen, qui avait obtenu lors du scrutin
similaire précédent, en 2004, 156 élus, avec
14,7 % des voix au premier tour et 12,38 % au second tour. Outre qu’elles
constituent une base pour le versement par l’Etat de la dotation
financière aux partis politiques, et que le FN est depuis 2007
dans une mauvaise passe financière, les élections régionales
permettent de mesurer l’audience du parti dans différents
contextes locaux, et donnent aux élus la possibilité
de faire entendre la voix de leur parti dans les assemblées.
Sans compter les moyens matériels que celles-ci mettent à
la disposition des groupes politiques constitués en leur sein.
Défait en 2007 et en 2008 par l’UMP
et Nicolas Sarkozy, le FN compte sur ce scrutin pour démontrer
que ceux des électeurs d’extrême droite qui l’avaient
abandonné aux élections présidentielles, pour
soutenir l’actuel président français, sont en
train de reconsidérer leur choix et de revenir au bercail.
Mais le FN, sur son propre terrain politique,
devra encore faire face à des listes concurrentes conduites
par des anciens de ses dirigeants passés en dissidence. Cette
présence concurrentielle pourra réduire les chances
du Front national de se retrouver au second tour des régionales
en Basse-Normandie, en Haute-Normandie et dans la région du
Centre. D’autre part, ces élections se déroulent
alors que la question de la succession de Jean-Marie Le Pen à
la présidence du FN entre dans sa dernière phase : Le
Pen a indiqué qu’il comptait «passer la main»
lors du prochain congrès du mouvement, qui aura lieu entre
l’automne 2010 et le printemps 2011, et s’il apparaît
acquis que sa fille, Marine Le Pen, lui succèdera, la question
est de savoir dans quel état elle récupérera
le parti, cofondé en 1972 par son père.
Pour toutes ces raisons, il nous a paru important
d’avoir une vision panoramique de la droite nationaliste française
au début 2010. Nous avons choisi d’en identifier trois
courants structurels, en sachant que les frontières ainsi définies
ne sont ni absolues, ni immuables, surtout dans l’optique de
l’inévitable recomposition de l’extrême droite
française après la retraite politique de Jean-Marie
Le Pen.
1er courant : Droite
nationaliste frontiste 
Ce courant est le plus important et le plus représentatif -
au niveau électoral - de l'extrême droite française.
Il est conduit par le Front national et les mouvements politiques
qui le soutiennent actuellement de l’extérieur.
Front national (FN)
Le FN est mal en point à l'heure actuelle : ses derniers
échecs électoraux l'ont conduit à une crise financière
qui le fragilise de façon importante sur le plan de son organisation
et de sa présence dans le paysage politique. Depuis l'élection
présidentielle de 2007, les zizanies en interne se sont multipliées.
L'annonce du départ à la retraite de son président-fondateur
et leader charismatique, Jean-Marie Le Pen, est également à
la source de ses dysfonctionnements et de sa faiblesse actuelle. Deux
courants internes se disputent le leadership du parti :
- celui conduit par sa vice-présidente
Marine Le Pen, que l'on peut qualifier de «courant moderniste».
- et celui de Bruno Gollnisch, son autre vice-président, que
l'on identifiera comme étant le «courant conservateur».
Pour l'heure, les tensions entre frontistes sont
mises entre parenthèses., le temps des élections régionales.
Qui pourraient être favorables au FN. Dans un sondage, réalisé
par TNS-Sofres/Logica pour Le Monde, France 2, France 3 et France
Inter, le parti lepéniste est crédité de 8,5
% des voix. La formation frontiste présente des listes dans
toutes les régions métropolitaines.
Convergences nationales (CN)
L'objectif affiché de ce cercle politique est le «rassemblement
et le renouveau de la droite nationale», aujourd'hui autour
du Front national. Il a été réactivé,
en octobre 2008, par une dizaine de membres dissidents et exclus du
Bureau national du Mouvement national républicain (MNR), la
scission frontiste de 1999. CN est conduit par Nicolas Bay, le jeune
secrétaire général du MNR jusqu'à son
exclusion de celui-ci, en septembre 2008. Pour les prochaines régionales,
Nicolas Bay conduira la liste du Front national en Haute-Normandie.
Le président de Convergences nationales est proche du courant
frontiste mené par Marine Le Pen. CN est constitué de
13 comités locaux et aurait plus de 700 affiliés.

Nicolas Bay, tête de liste du Front national
aujourd'hui (affiche de gauche) était l'un des chefs de file
aux élections régionales de 2004 du Mouvement national
républicain, dissidence frontiste apparue en 1999 (affiche
de droite) – Doc. Archives RésistanceS.be
Parti populiste (PP)
Formation politique groupusculaire fondée en 2005 par des membres
dissidents de la direction du MNR. La plupart d'entre eux provenaient
auparavant du FN et avaient participé en 1998 à la création
du Mouvement national républicain. Le PP apporte désormais
son soutien politique au Front national. Lors des élections
municipales de 2008, dans certaines communes, le Parti populiste s'était
déjà présenté sur des «listes de
rassemblement» avec le FN. Le directeur de campagne de Jean-Marie
Le Pen pour le scrutin régional de 2010, Frédéric
Bocccaletti, vient du Parti populiste. Le PP est proche du courant
frontiste de Bruno Gollnisch.
L'Œuvre française (OF) / «Jeune Nation»
Ce mouvement est présidé par Pierre Sidos, depuis sa
fondation en 1968. Son dirigeant à Lyon, Yvan Benedetti, est
vice-président de la Fédération du Rhône
du FN et l'un de ses conseillers municipaux, à Vénissieux.
Il publie le journal «Jeune Nation». Orientation : néofasciste.
L'OF est issue du nationalisme français, maurrassien et national-catholique...
Elle est très proche de Bruno Gollnisch. Ce dernier participe
à ses manifestations, tout comme le négationniste Vincent
Reynouard et le cercle des Amis de Léon Degrelle.
Réseau France nationaliste / Front nationaliste
Petit réseau de liaison de nationalistes français purs
et durs, il a adhéré à l'occasion de la Présidentielle
de 2007 à l’«Union des patriotes» pour soutenir
la candidature de Jean-Marie Le Pen. Il est conduit par Thierry Maillard
(ex-Œuvre française, MNR et Unité radicale), actuellement
responsable du Front national à Reims. Comme l’OF (dont
Maillard fut un des dirigeants durant plusieurs années), le
réseau France nationaliste / Front nationaliste prend pour
modèles politiques plusieurs dirigeants et mouvements historiques
de l'extrême droite française, comme le Francisme de
Marcel Bucard et Robert Brasillach, par exemple.
Le Front national rassemble toujours les radicaux
de l'extrême droite, comme Thierry Maillard, dirigeant frontiste
local et du réseau France nationaliste, petit mouvement adepte
de la croix celtique néofasciste (affiche de droite)–
Doc. Archives RésistanceS.be
Voxnr - Les Nôtres (ex-Réseau radical)
Cette association est dirigée par Christian Bouchet. Elle regroupe
les radicaux venant du mouvement Unité radicale (1998-2002).
Bouchet figure en deuxième position sur la liste du Front national
aux régionales dans son département de Loire-Atlantique.
Il est directement lié au courant frontiste de Marine Le Pen.
Orientation : nationaliste-révolutionnaire.
Ligue nationaliste
Son nom officiel : Ligue nationaliste patriote, française,
régionaliste, catholique. Fondée en 1984, elle n'est
implantée que dans le Calvados. Malgré des soutiens
locaux et une médiatisation de ses actions dans le quotidien
régional, cette ligue reste groupusculaire. Elle est proche
de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, des intégristes
lefebvristes opposés aux orientations religieuses de l'Église
catholique depuis Vatican II. A plusieurs reprises, cette ligue d'extrême
droite s'est présentée aux élections. L'insuccès
fut à chaque fois aux rendez-vous, avec des scores oscillant
entre 0,01 % et 0,12 %. Dans «Rivarol», hebdomadaire pro-«révisionniste»
et pilier médiatique de la droite nationaliste plurielle, à
la veille des élections régionales 2010, la Ligue nationaliste
a lancé un appel à voter pour le Front national de Jean-Marie
Le Pen. Plusieurs de ses membres figurent sur des listes électorales
du FN. C'est le cas de Guy Guerrin (°1935), son président-fondateur,
présent en dix-huitième place sur la liste frontiste
déposée dans le Calvados.
Médias pro-FN
Il existe un média faisant la liaison entre les composantes
de cette mouvance qui soutient officiellement le Front national :
«Nations Presse Info». Son responsable est Jacques Vassieux,
secrétaire départemental du Front national en Savoie
et sa tête de liste dans ce département pour les élections
régionales de 2010. La version papier de ce média, «Nations
Presse Magazine», a été lancée en décembre
2009 (n°0).
Les groupes et individualités soutenant
Bruno Gollnisch font écho de leurs activités dans l’hebdomadaire
«Rivarol» ,focalisé plus encore qu’auparavant
(si tant est que cela soit possible !) sur ce qui concerne les juifs
et Israël et de plus en plus «fossilisé» dans
la défense et l’illustration des courants les plus passéistes,
négationnistes compris.
2e
courant : Droite nationale et identitaire anti-FN

Ce courant
est constitué par des partis et mouvements qui sont presque
tous des anciennes scissions du FN, dirigées par d'anciens
responsables frontistes et qui s’en distinguent sur des points
souvent mineurs, ainsi que par des contentieux personnels avec Jean-Marie
Le Pen. Ils se réclament d’une démarche de «rénovation»
ou de «refondation» qui laisse ouverte, une fois Le Pen
parti en retraite politique, la possibilité de recompositions,
selon eux.
Parti de la France (PDF)
Le PDF a officiellement été fondé en février
2009 autour de Carl Lang, député européen et
ex-vice-président du Front national qui en fut exclu en 2008
pour avoir remis en cause sa stratégie politique visant à
installer Marine Le Pen à la présidence du parti. La
direction du Parti de la France rassemble des dirigeants historiques,
d'ex-responsables locaux et des conseillers régionaux du FN
qui l'avaient quitté ou en furent exclus durant l'année
2008 et 2009 : Fernand Le Rachinel (député européen,
principal bailleur de fonds frontiste, il est également membre
de la direction du Mouvement normand), Bernard Antony (dirigeant des
nationaux-catholiques ex-FN), Martine Lehideux (fondatrice en 1985
du Cercle national des femmes d'Europe, structure féminine
frontiste, conseillère régionale siégeant depuis
janvier 2009 sous la bannière du Groupe des nationaux et indépendants
au Conseil Régional de l'Ile de France), Martial Bild (ancien
directeur national du Front national de la jeunesse), Pierre Descaves
(président de France Résistance et du groupe Patrie
et Liberté au Conseil régional de Picardie), Jean Verdon
(dirigeant du groupe France Nouvelle au Conseil régional de
la région du Centre), Bernard Touchagues (président
du groupe des Nationaux pour l'Identité normande au Conseil
régional de Haute-Normandie )... Le Parti de la France sera
aussi rallié par des transfuges ne provenant pas directement
de l'extrême droite, comme Emmanuel Delhoume, alors secrétaire
national à la culture du Parti chrétien démocrate
(anciennement Forum des républicains sociaux) de Christine
Boutin, exclu par celle-ci pour avoir refusé l'«inféodation»
de cette petite formation à l'UMP sarkozyste. Juste avant son
arrivée au PDF, Delhoume était brièvement passé
par le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers.
A l'occasion des régionales de 2010, le
président du PDF, Carl Lang, a délaissé la région
du Nord pour revenir dans sa Normandie d'origine. Son parti possède
pour particularité de comprendre une importante aile catholique
traditionaliste du fait de la présence en son sein de Bernard
Antony (dirigeant de Chrétienté-Solidarité, du
Centre Henri et André Charlier et de l'Agrif), de Michel Hubault
(vice-président du Centre Charlier de 1998 à 2002, délégué
de l'Agrif dans la région Centre) et d'autres nationaux-catholiques,
d’où notamment une position clairement «pro-vie»
et l’accusation, formulée à l’ultra droite,
de prosionisme (à leur sujet, lire dans notre dossier notre
article : «Pas de courants pour les nationaux-catholiques ?»).
Pour les élections régionales, le PDF a conclu des alliances
électorales avec la Nouvelle droite populaire (NDP), le Mouvement
national républicain (MNR) et d'autres adversaires nationalistes
et identitaires du parti de Jean-Marie Le Pen. Avec ses alliés,
il présente des listes en Haute et Basse-Normandie, dans le
Centre, en Lorraine, en Picardie et en Franche-Comté. Sa première
expérience électorale, au scrutin européen de
l'année passée, s'était soldée par un
cuisant échec. Dans la région du Nord-Pas de Calais,
sa liste conduite par Carl Lang en personne avait récolté
à peine un peu plus de un pourcent. Celle du FN, tirée
par Marine Le Pen, avoisinait les 11 %. En mars, le Parti de la France
devrait logiquement être définitivement marginalisé
aux régionales en perdant ses mandataires actuels, élus
en 2004 sous l’étiquette du Front national.
Les leaders du Vlaams Belang (VB) Filip Dewinter,
à la tribune d'un meeting de la Nouvelle droite populaire,
en novembre 2008 (photo de gauche), et Franck Vanhecke, lors du congrès
de fondation du Parti de la France, en novembre 2009. Le parti d'extrême
droite flamand de Belgique était auparavant l'allié
du Front national de Jean-Marie Le Pen. Désormais, le VB apporte
son soutien à ses dissidents – Doc. Archives RésistanceS.be
Nouvelle droite populaire (NDP) / «Synthèse nationale»
Le délégué général de
ce mouvement politique est Robert Spieler, ancien député
du Front national et fondateur en 1989 du mouvement régionaliste
Alsace d'abord. La Nouvelle droite populaire a été créée
en juin 2008. Elle se définit comme étant «la
force de rassemblement de la droite nationale et identitaire».
Elle se distingue du FN par sa focalisation contre l’Islam,
sa défense des identités régionales et sa volonté
de «construction d’une Europe politique indépendante
et puissante, fidèle à ses racines helléniques,
celtiques et chrétiennes». Aux prochaines régionales,
la NDP y sera présente via des listes communes scellées
avec le Parti de la France et le MNR, notamment sous l’intitulé
«Non aux minarets». Pierre Vial, le dirigeant fondateur
de Terre & Peuple (voir plus loin), est membre de la direction
de la NDP.
A la base de ce mouvement national et identitaire,
se trouve «Synthèse nationale». Apparue en 2006,
cette publication est depuis réalisée par des dirigeants
de la NDP. Son rédacteur en chef est Roland Hélie. Membres
de longue date de l'extrême droite, Hélie et d'autres
responsables de la NDP sont passés, à plusieurs reprises,
au Front national lépeniste, mais également par deux
de ses dissidences, le Parti des forces nouvelles (PFN) et les comités
Espace nouveau (transformés ensuite en Mouvement d'initiatives
nationales puis en Alliance populaire et pour finir en Parti national
républicain). Ils sont encore connus pour leur nostalgie d'Ordre
nouveau, le mouvement fondateur en 1972 du Front national.
Mouvement national républicain (MNR)
Désormais dirigé par Annick Martin, la micro-formation
fondée en 1999 par Bruno Mégret (qui s'est officiellement
mis en réserve de la politique en 2008) est en fin de vie et
devrait perdre tous ses élus régionaux. Si le MNR soutient
une alliance électorale avec les autres dissidences frontistes,
plusieurs de ses anciens responsables et dirigeants-fondateurs ont
depuis lors rejoint la mouvance du Front national. Il s'agit essentiellement
des membres du cercle Convergences nationales de Nicolas Bay, ex-secrétaire
général du MNR.
Terre et Peuple (T&P)
Ce mouvement de «résistance identitaire européenne»,
depuis sa fondation en 1994, continue fidèlement son combat
sur sa ligne «völkisch», donc païenne, nationale-européenne
et racialiste, en publiant une revue du même nom. T&P est
constitué de plusieurs bannières actives dans plusieurs
régions de France, mais aussi en Belgique, en Espagne et au
Portugal. Ce mouvement racialiste est encore lié à «Réfléchir
& Agir», une publication défendant les principes
du racisme biologique, jadis théorisé par le Nouvel
ordre européen (NOE), un mouvement international néonazi.
Le dirigeant-fondateur de Terre & Peuple, Pierre Vial, est un
ancien cadre du Groupement de recherche et d'études pour la
civilisation européenne (GRECE), et fut responsable lyonnais
du Front national et cofondateur en 1999 du MNR de Bruno Mégret.
Le mouvement T&P a appelé ses militants à voter
aux élections européennes de juin 2009 pour le Parti
de la France de Carl Lang. Pierre Vial siège également,
depuis avril 2009, à la direction de la Nouvelle droite populaire.
Maison de la Vie et des Libertés (MVL)
Mouvement politique mis sur pied en 2008 par Jean-Claude
Martinez, professeur agrégé de droit et alors député
européen du Front national. Venant du Rassemblement pour la
République (RPR), Martinez adhère en 1985 au FN. Très
vite, il grimpe ses échelons : député national
de 1986 à 1988, député européen de 1989
à 2009, conseiller régional du Languedoc-Roussillon,
«ministre de l'économie et des finances» dans son
shadow cabinet (gouvernement fantôme) et vice-président
du parti. S'opposant ouvertement à Jean-Marie Le Pen, il plaide
pour la création d'un nouveau mouvement politique, le «Front
alternational». En novembre 2008, Martinez est suspendu du FN.
Il rejoint alors d'autres opposants internes conduits par les députés
européens Carl Lang et Fernand Le Rachidel. La Maison de la
Vie et des Libertés rallie, dès sa création en
2009, le Parti de la France. Avec lui, la MVL se présente aux
élections régionales, sous l'intitulée «La
Région, la France, la Vie». En juin 2009, le PDF et la
MVL avaient déjà tenté ensemble une première
expérience électorale en Languedoc-Roussillon, à
l'occasion des élections européennes, avec la liste
«L'Europe de la vie». C'est Jean-Claude Martinez, eurodéputé
sortant, qui en était la tête de liste. Son résultat
fut catastrophique : 0,92 %, contre près de 6 % pour la liste
du Front national.
France Résistance
Cette association confidentielle a pour but de «réveiller
les consciences sur les dangers qui menacent la société
française». France Résistance est directement
liée au Conseil national de résistance à l'oppression
(CNRO) et à Démocratie directe France (DDF), d'obscures
structures très peu présentes sur le terrain politique.
Son dirigeant-fondateur est Pierre Descaves (°1924). Activiste
de l'Organisation armée secrète (OAS) lors de la guerre
d'Algérie, il a pris sa carte au Front national en 1984 et
deviendra un des membres de sa direction nationale. Aux élections
régionales de 2004, il est réélu au Conseil régional
de Picardie sur la liste frontiste. En mars 2009, pour avoir soutenu
Carl Lang, Descaves est exclu du FN, avec trois autres conseillers
régionaux frontistes picards. Ensemble, ils fondent le groupe
régional Patrie et Liberté et adhèrent au Parti
de la France. Pierre Descaves est depuis membre du bureau politique
de ce dernier.
Front Comtois (ex-Jeunesses identitaires de Franche-Comté)
De création récente (juin 2009), ce mouvement
de jeunesse régionaliste se présente comme étant
le regroupement des «identitaires de Franche-Comté».
Il se proclame «antimondialiste, écologiste, franchement
social et solidaire». Ses slogans sont notamment : «Identité
- Écologie - Justice sociale» et «Islam : hors
d'Europe !». Le Front Comtois utilise comme sigle de ralliement
les bâtons noués bourguignons... emblème jadis
du Mouvement rexiste de Léon Degrelle. Le responsable du Front
Comtois est Paul-Arnaud Croissant, un ancien membre du FN. Il conduit
la liste départementale «Ligue Comtoise, NON aux minarets
!», dans le Territoire de Belfort, aux régionales de
2010. Liste déposée en alliance électorale avec
le PDF, le MNR et la NDP. Le Front Comtois est issu des Jeunesses
identitaires, l'ex-organisation des jeunes du Bloc identitaire.
3e
courant : Identitaire régionaliste
Comme le précédent courant, celui-ci rassemble également
des dissidents, des concurrents et d'autres adversaires du Front national
lepéniste. Ce courant se dynamise depuis juin 2007 autour du
Bloc identitaire et du mouvement régionaliste Alsace d'abord.
Bloc Identitaire (BI)
La Convention identitaire, tenue à Orange en octobre 2009,
a vu la naissance du Bloc Identitaire en tant que parti politique,
présidé par Fabrice Robert (ex-Troisième voie,
Front national, Unité radicale et «frontman» du
groupe rock identitaire français «Fraction Hexagone»).
Fondé en 2003, le Bloc identitaire participera aux régionales
en Alsace, en Languedoc-Roussillon et en Provence-Alpes-Côte
d'Azur (PACA), sous les intitulés Alsace d'abord, la Ligue
du Midi et la Ligue du Sud. Dans l’optique du BI, les régionales
ne sont qu’une étape d’un travail de longue haleine
qui se poursuivra aux élections cantonales, en particulier
en PACA mais d’ores et déjà, la liste Ligue du
Sud détient en partie la clé de la présence ou
de l’absence du FN au second tour.
Le projet identitaire est populiste et
inspiré par la Liga Veneta/Lega nord, important parti populiste
et indépendantiste actif en Italie du nord. Le Bloc s’oppose
à l’immigration (il considère l’assimilation
comme impossible) et voit l’Islam comme incompatible avec la
civilisation européenne. Il promeut une optique ethnodifférentialiste,
axée sur les identités régionales «enracinées»,
donc anti-jacobine et prend en compte le catholicisme comme un élément
fondateur de l’identité française. Le Bloc se
différentie également du reste des mouvements droitistes
par son abandon de l’antisionisme et de l’antisémitisme.
Dans la mouvance du Bloc identitaire, se trouvent
des groupes régionaux de «jeunes identitaires»:
Nissa Rebella (à Nice), Projet Apache (à Paris), Recounquista
(en Provence), Nostra revolta (dans le Languedoc), Rebeyne ! (à
Lyon), la Vague normande, Jeune Bretagne... Il existe également
des structures spécifiques liées au BI : Une Autre jeunesse
(ex-Jeunesses identitaires), qui fédère l'ensemble des
groupes de «jeunes identitaires», Solidarité Kosovo,
Solidarité des Français (SdF), Alternative-s (structure
musicale de promotion notamment du rock identitaire français)...
Le Bloc identitaire contrôle encore le portail français
de Novopress.info.
Ligue
du Midi, déclinaison du Bloc Identitaire

Des «Identitaires» lors d'une
manifestation à Nice en 2009.
Mise sur pied en vue des élections régionales
de mars 2010 en Languedoc-Roussillon, la Ligue du Midi se présente
comme étant un «large rassemblement identitaire,
patriote et citoyen». Son dirigeant et tête de liste,
Richard Roudier, qui s’est présenté dans
la presse locale comme un nouveau venu en politique, aurait
fait ses premières armes chez les régionalistes
occitans de droite, les groupes Jeune Languedoc et Pobl d’Oc
dans les années 1970.
«Nations
Presse Info» (NPI), média du Front national lepéniste,
a rappelé en décembre dernier, que Richard Roudier
avait encore appartenu, au début des années 2000,
sous le pseudonyme de Jorgi Roumégas, à la direction
d'Unité radicale, le mouvement «nationaliste-révolutionnaire»
dont est issu le Bloc identitaire. Jusqu'il y a peu, il présidait
toujours le Comité d'entraide aux prisonniers européens
(CEPE), fondé dans la «mouvance identitaire».
En octobre 2009, lors de la «convention identitaire»
d'Orange, le CEPE disposait d’un stand où étaient
vendues, rapporte NPI, des «cartes postales souvenir à
l’effigie de ''prisonniers européens'' tels que
le régent hongrois pro-nazi Miklos Horthy, Philippe Pétain,
Saint-Loup (ex-responsable de la publication Devenir, organe
officiel de la Waffen-SS française) ou encore Robert
Brasillach» (collaborateur pronazi français durant
la Seconde Guerre mondiale). Roudier a quitté la direction
du CEPE juste après la convention d'Orange – durant
laquelle le Bloc identitaire se transforma en parti politique
- et quelques temps avant les élections régionales
de 2010. Certainement dans l'objectif que l'on ne mélange
pas les torchons et les serviettes...
[M.AZ]
|
Alsace d’abord (ADA)
Ce «mouvement régionaliste
alsacien» regroupe depuis sa création en 1989 des dissidents
et des adversaires locaux du Front national. Le fondateur d’Alsace
d’abord, Robert Spieler, l'a quitté en 2008 pour participer
à la création de la Nouvelle droite populaire, mouvement
politique hostile et concurrent du «courant identitaire régionaliste».
Alsace d’abord est l'un des principaux piliers de ce dernier,
avec le Bloc identitaire. Ce mouvement sera présent aux régionales
de mars 2010, avec pour tête de liste, Jacques Cordonnier, son
président.
Ligue du Sud – Liste de Jacques Bompard
Nom de la liste électorale de tendance identitaire qui a été
déposée en région PACA pour les élections
régionales de mars prochain. Sa tête de liste est Jacques
Bompard. Maire d’Orange depuis 1995, il y avait été
élu sur la liste du Front national. Il quitta ce dernier et
rejoindra ensuite le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de
Villiers. Le 28 janvier de cette année, Bompard a démissionné
du MPF. C'est dans la commune de Bompard que s'est tenue la Convention
identitaire, en octobre 2009. Liée au Bloc identitaire, la
Ligue du Sud a pour slogan «Identité, efficacité,
sécurité». Elle est créditée actuellement
de 3 %.
Fondation Polémia
Ce cercle de réflexion idéologique et stratégique
a été fondé en 2003 par Jean-Yves Le Gallou.
Venant du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation
européenne (GRECE), cofondateur ensuite du Club de l'Horloge
(Nouvelle droite nationale-libérale), Le Gallou a aussi été
député européen du Front national, puis membre
de la direction du Mouvement national républicain. Au nom de
la Fondation Polémia, il a participé à la Convention
identitaire d'octobre 2009.

L'un des thèmes principaux pour les
élections régionales 2010 pour tous les courants structurels
de l'extrême droite française : la lutte contre l'Islam,
à l'exemple du référendum suisse contre les minarets
(affiche en haut à gauche) – Doc. Archives RésistanceS.be
Les
«inter-courants»
Vivant
leur vie groupusculaire, divers autres mouvements peuvent encore ponctuellement
entreprendre des actions communes avec des composantes des courants
structurels décrits ci-dessus. Comme «l’avenir
n’est écrit nulle part», l’inévitable
recomposition du paysage de la droite nationaliste et radicale verra
s’opérer des reclassements et des alliances.
Dans l'ombre du Front national et de
ses principaux concurrents, de minuscules formations politiques sont
présentes, comme le Parti nationaliste français (PNF),
le Parti national radical (PNR) et le Parti solidaire français
(PSF). Le PNF a été fondé en 1983 par des dissidents
de la direction de l'époque du FN. Actuellement en hibernation,
l'équipe du Parti nationaliste français s'efforce toujours
en 2010 de publier régulièrement «Militant».
Existant depuis 1967, «Militant» est l'un des journaux
historiques de l'extrême droite de France. Il fut l'organe du
Front national de Le Pen lorsque son équipe de rédaction
militait une première fois dans ce parti, entre 1972 et 1981.
Le PNR a été lui mis sur pied, en 2001 à Versailles,
par des exclus du FN. Son journal, «Le National radical»,
est distribué en kiosques, bien qu’il ait à plusieurs
reprises publié et proposé à la vente, «les
Protocoles des sages de Sion», ouvrage antisémite interdit
en France. Le PSF a été quant à lui fondé
en janvier 2009, pour succéder au groupe Droite socialiste
(DS, créé deux ans plutôt). Le fondateur du PSF
est un jeune militant, Thomas Werlet, né en 1983. Adepte du
folklore néofasciste, le Parti solidaire français vient
d’ouvrir un siège ayant pignon sur rue au centre de Paris.
Il est ou a été proche du Mouvement des damnés
de l'impérialisme et d'Égalité & Réconciliation
d'Alain Soral (voir ci-dessous dans la rubrique les «hors-courants»).
Aux dernières élections européennes, le PSF appela
à voter pour la «Liste antisioniste» menée
par l'humoriste et politicien Dieudonné. L'un de ses responsables,
Emmanuelle Grilly (transfuge du Renouveau français), figurait
d'ailleurs parmi les candidats de cette liste. Le PNF, le PNR et le
PSF sont caractérisés par leur antisémitisme
à peine camouflé.
Groupusculaires certes, cependant ils ne sont
pas pour autant marginalisés dans l'extrême droite française.
En novembre dernier, Thomas Werlet pour le PSF et André Gandillon,
le rédacteur en chef de l'organe de presse du PNF, se trouvaient
à la tribune du meeting annuel de «Synthèse nationale»,
la revue de la Nouvelle droite populaire, principal pilier du courant
de la droite nationale et identitaire, aujourd'hui en alliance électorale
pour les régionales avec le Parti de la France de Carl Lang.
Quelques jours plus tard, le même Gandillon prenait la parole
au «XIIIe forum de la Nation», organisé par «Jeune
Nation», journal dirigé par Yvan Benedetti, le numéro
deux de l'Œuvre française qui est également membre
de la direction du Front national dans de la région lyonnaise.
Avec André Gandillon, les autres orateurs étaient :
Pierre Vial, président de Terre & Peuple et membre de la
direction de la Nouvelle droite populaire, Bruno Gollnisch, député
européen et vice-président du FN, Pierre Sidos, président-fondateur
de l'Œuvre française, Jérôme Bourbon, journaliste
vedette de «Rivarol»... Ex-meneur du Front national dans
la ville de Bondy (Seine-Saint-Denis), André Gandillon y siégea
encore au conseil municipal jusqu'en 2008.
Au sein de la mouvance de la droite radicale,
un mouvement fait de plus en plus parler de lui : le Renouveau français
(RF). Proche de l'Œuvre française, RF rassemble de nombreux
jeunes nationalistes purs et durs, s'entrainant au combat politique
lors de camps militants. Ils portent un uniforme paramilitaire et
partent en Espagne célébrer le souvenir de son passé
phalangiste. Le Renouveau français est un des mouvements de
jeunesse d'extrême droite le plus dynamique et le plus fréquenté
actuellement.
Au cœur de la droite nationaliste, identitaire
et radicale, les nationaux-catholiques restent quant à eux
représentés par les traditionalistes (des comités
Chrétienté-Solidarité, du Centre Charlier, de
l'Agrif...) et par les intégristes lefebvristes (de l'institut
Civitas, le bras politique de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie
X). Pour leur part, les royalistes militent toujours à l'Action
française.
Avec cette mouvance organisationnelle, la «presse
nationaliste» reste vaste. Citons, pèle-mêle :
«Rivarol», «Le Choc du Mois», «Minute»,
«Lectures françaises», «Réfléchir
& Agir», «Présent», «Monde &
Vie», «Faits & Documents», «Flash»...
Pour compléter le panorama des organisations
et autres structures de la catégorie «inter-courants»,
évoquons encore : le Cercle Franco-Hispanique, l'Association
pour défendre la mémoire du Maréchal Pétain
(ADMP), Génération FA8, les Intransigeants, les éditions
du Trident, Avatar-éditions, les Nationalistes autonomes...
Ces derniers sont apparus récemment à Paris et s’expriment
sur le site Internet Zentropa. Ces Nationalistes autonomes représentent
un petit noyau d'activistes proches des thèses d'actions directes
de l'extrême droite. Ils prennent pour modèle les «autonomes»
néonazis d'autres pays qui adoptent la stratégie des
«Blacks Blocs». Contrairement à ce qui se déroule
à l'heure actuelle en Allemagne et dans des pays de l'Est européen,
les autonomes d'extrême droite sont ultra minoritaires en France,
comme en Belgique d'ailleurs.
Les
«hors-courants» 
Jean-Marie Le Pen et l'humoriste-politicien
Dieudonné lors de l'une de leur «rencontre amicale»...
Une série de petits mouvements gravitent encore dans la galaxie
nationaliste de France, mais sont «hors-courants» ou ont
quitté l'un d'entre eux. Parmi ceux-ci, il y a Égalité
& Réconciliation (E&R), le mouvement dirigé
par Alain Soral et Marc George, deux membres éphémères
du Front national, dont le slogan est «Gauche du travail, droite
des valeurs». Après son alliance avortée en 2009
avec le FN, E&R compte encore dans sa base militante des personnes
venant de l'extrême droite. En juin dernier, ce mouvement qui
se revendique de la filiation nationaliste-révolutionnaire
participa à la Liste antisioniste déposée pour
les élections européennes et conduite par Dieudonné,
avec le Parti antisioniste, des ex-gauchistes, des écologistes
radicaux et des transfuges d'extrême droite. E&R préconise
une synergie avec l’islam politique radical et la transversalité
des alliances antisionistes. En date du 15 février, le torchon
brûlait entre Soral et Marc George, le premier voulant que son
groupe reste un «think-tank», le second proposant la création
d’un mouvement politique inspiré par «la Ve Internationale
proposée par Chavez, dans l’hypothèse notamment
où un contexte révolutionnaire surviendrait».
Alain Soral est encore connu pour son admiration pour François
Duprat, théoricien d'extrême droite, dirigeant des nationalistes-révolutionnaires
et numéro deux du Front national assassiné en 1978 dans
un attentat à la bombe (sur Duprat ).
Dans cette mouvance, on retrouve aussi
le Mouvement des damnés de l'impérialisme (MDI) de Kémi
Seba, désormais revenu à l’Islam. Le MDI préconise
une politique ethno-différentialiste, soit un apartheid planétaire,
comme en témoigne un de ses slogans : «L'Europe aux
Européens, l'Afrique aux Africains». Des membres
de l'extrême droite «blanche» ont adhéré
à ce mouvement racialiste d'origine africaniste.
Dans notre tour d'horizon, il faut encore signaler
la présence, à Toulouse (son fief) et dans d'autres
villes, de l'OSRE... l'Organisation socialiste révolutionnaire
européenne, l'un des derniers représentants en France
du «courant national-bolchévique» ! L'OSRE bénéficie
de la sympathie du Groupement de recherche et d'études pour
la civilisation européenne (GRECE). A son opposé, il
existe l'Alliance pour les libertés (APL). Apparu tout récemment,
ce «pôle patriote, républicain et occidentaliste»
(sic), ouvertement pro-israélien, est présidé
par Jean-François Touzé. Cofondateur en 2008 de la Nouvelle
droite populaire, exclu de celle-ci, il fonda la Nouvelle droite républicaine
puis l'APL. En 2004, Jean-François Touzé avait été
élu, sur la liste du Front national, au Conseil régional
d'Ile-de-France. En 1989, il avait déjà mené
une dissidence frontiste qui agira sous le nom des comités
Espace nouveau, transformés ensuite en Mouvement d'initiatives
nationales, en Alliance populaire puis en Parti national républicain,
avant de revenir au Front national...

Jean-Marie Le Pen lors de la campagne électorale
pour la Présidentielle de 2007 © Photo Manuel Abramowicz
Épisode de son déclin ou de sa renaissance
Dans l'infographie réalisée par RésistanceS.be
pour cette enquête (la revoir en haut de cette page), plus de
trente partis, organisations et mouvements composent le paysage politique
d'extrême droite, nationaliste et identitaire en France. Pour
beaucoup, il s'agit de scissions frontistes ou de dissidences de dissidences
! Concurrences, coups bas, trahisons, aller/retour, abandons, recompositions...
sont les maux qui les animent. Les néofascistes, les nationalistes,
les nationaux-populaires, les nationaux-catholiques, les monarchistes
radicaux, les identitaires, les régionalistes d'extrême
droite... ne sont pas près de s'unir dans un seul front.
Comme nous l'aurons remarqué,
la scène nationaliste est de plus en plus bigarrée.
Hier incarnée par le seul Front national de Jean-Marie Le Pen,
en 2010, la droite nationaliste française a désormais
plusieurs représentants. Certes, le FN lepéniste en
détient encore le leadership. Mais pour combien de temps encore ?
Les élections régionales de mars seront un des nouveaux
épisodes de son déclin actuel ou de sa possible renaissance.
Jean-Yves Camus et Manuel Abramowicz
© RésistanceS.be
– web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite
– www.resistances.be – info@resistances.be – Article
mis en ligne le 19 février 2010.
|

Le 14 mars prochain,
le premier tour des élections régionales aura lieu en
France. L'occasion pour RésistanceS.be de vous proposer un
panorama complet de l'état des forces de l'extrême droite
nationalistes et identitaires en France.
Un dossier réalisé
par :
• Manuel Abramowicz : coordinateur de la rédaction de
RésistanceS.be
• Jean-Yves Camus : politologue à l’IRIS et correspondant
français de RésistanceS.be
Mis en ligne le 19 février 2010, ce dossier
de RésistanceS.be sera complété d'autres articles
jusqu'aux résultats du second tour, le 21 mars 2010, des élections
régionales françaises.
Au sommaire de ce dossier :
• Panorama
de l'extrême droite française en 2010
• Duels
électoraux entre courants
• Pas
de courants pour les nationaux-catholiques ?
• L'Après-Jean-Marie
Le Pen : la guerre des clans frontistes, Marine contre Bruno
• L'impossible
unité des identitaires
Sur
l'extrême droite de France,
lire également sur RésistanceS.be
Sur
le Front national :
• Campagne
présidentielle 2007 de Jean-Marie Le Pen
• Voyage
en «lepénie»
• Jean-Marie
Le Pen à Anvers
• François
Duprat : portrait de l'ex-numéro 2 du Front
• Au
cœur du FN, la « question israélienne » en
débat
Sur les partis, organisations et publications
suivants :
• Œuvre
française
• Occident
/ Ordre nouveau
• Nouvelle
droite populaire (NDP)
• Terre
et Peuple
• Bloc
Identitaire
• Bloc
identitaire et Alsace d'abord
• Unité
radicale
• Rivarol
• Réfléchir
& Agir
• Intégristes
nationaux-catholiques
• Editions
Dualpha
• Cercle
Franco-Hispanique (CFH)
• Egalité
& Réconciliation (E&R)
• Dieudonné
– Le Pen
• Mouvement
des damnés de l'impérialisme (MDI)

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droite : ils se trompent de colère ! »
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