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Edition n° 121 - Mercredi 22 décembre 2004
www.resistances.be


meilleurs voeux

Il est né, le nouveau VB

Le procès du F.N. est remis au 18 mai 2005

Georges-Pierre Tonnelier a retiré sa demande d’adhésion au M.R.

Vers de nouvelles structures pour l’extrême droite francophone

Comment lutter contre les partis fascistes ici et maintenant ?


Suppression de la dotation FN pour trois mois


Les brèves


Extasy et néo-nazis


Les restes d’un collabo nazi enterrés en Flandre par le VMO


Frontnational.be en attente d'être piraté


www.extremedroite.be

Une campagne menée par les Territoires de la Mémoire et le Centre d'Action Laïque




RIN 120 (19 août 2004)
Sciento - Skinheads au tribunal - Infiltration sciento - Procès FN - La Poste, obligée de distribuer des tracts racistes - frontnational.be suspendu
RIN 119 (24 juin 2004)
Dissolution du Front National? — Manifestation à Liège ce lundi 28 juin — Le parti des casseurs et autres gangsters frappe, encore et encore… — La chasse aux profs antifascistes est ouverte — Les brèves
RIN 118 (24 juin 2004)
L'extrême droite: Stop ou encore? — Le « vote protestataire » d’extrême gauche également en hausse — Manifestation, lundi 28/06 à la place Saint-Lambert à Liège
RIN 117 (05 juin 2004)
Le 13 juin: Des élections décisives — Un néonazi du FN désigné député ? — Nouvelle campagne contre l’extrême droite — Ce Mardi 8 juin: appel à la vigilance face à l'extrême droite dans le métro bruxellois — En bref...
RIN 116 (23 mai 2004)
La Communauté flamande subsidie une formation dispensée par une société satellite de la secte de scientologie: U-Man – Un conseiller communal Vlaams Blok abat une personne et en blesse trois – Le Cardinal G. JOOS n'a finalement pas participé à la conférence dans les milieux d'extrême droite – Les brèves
RIN 115 (12 mai 2004)
Sur les traces Abou Jahjah, le Vlaams Blok appelle à la délation
RIN 114 (9 mai 2004)
Un Cardinal chez les fachos
RIN 113 (6 mai 2004)
Jeune alliance nationale au service du FNB – Grande soirée-débat de résistanceS
RIN 112 (19 avril 2004)
Rdv1: "Pour la démocratie - Non au racisme - Non au fascisme - Non à l'antisémitisme - Non au racisme anti-arabes" – Rdv2: Exposition sur la Résistance le 7 et le 8 mai – Rdv3: Les médias font-ils le nid de l'extrême droite ?
RIN 111 (4 avril 2004)
Rwanda 1994 - 2004: Le dernier génocide du XXème siècle – Bruxelles : le double discours du Vlaams Blok – Le «mouvement» Nation: au bord de l’implosion – Nouvelle offensive d’une secte contre la Belgique – Brèves...
 
RIN 110 (22 déc 2003)
Le Front National divulgue son propre carnet d'adresses
RIN 109 (17 nov 2003)
L oups gris - Du rififi au Vlaams Blok - Hommage à Léon Schwartzenberg
RIN 108 (24 sept 2003)
La scientologie recrute à la sortie des écoles
RIN 107 (7 sept 2003)
Dossier "Chili 1973-2003"
RIN 106 (28 août 2003)
RésistanceS contre la scientologie
RIN 105 (15 août 2003)
La scientologie au pied du QG européen
RIN 104 (3 août 2003)
Nation: Un groupement ridicule
RIN 103 (30 juillet 2003)
Congés annuels
RIN 102 (26 juillet 2003)
Un écho à l’enquête sur les tueries du Brabant Wallon
RIN 101 (7 juillet 2003)
L’ex-bras droite de Degrelle est mort
RIN 100 (24 juin 2003)
Nouveautés sur le site
RIN 099 (19 mai 2003)
Bilan des résultats de l'extrême droite francophone
RIN 098 (14 mai 2003)
Extrême droite : un bilan législatif totalement négatif
Voir les archives antérieures

Voeux de militance pour 2005

Toute la rédaction de RésistanceS vous souhaite une bonne année 2005.

Le paysage de l'extrême droite francophone risque d'être sensiblement modifié durant cette nouvelle année. Toute innovation liberticide aura le temps de se préparer et de mûrir, avant la prochaine échéance électorale prévue en 2006.

L'extrême droite flamande continue son irrésistible ascension. Plus de 25% d'électeurs sur l'ensemble de la Flandre, tandis que certains bastions du Vlaams Blok/Belang se rapprochent des 50% d'intentions de vote en faveur de l'extrême droite.

Enfin, certaines sectes deviennent de plus en plus influentes dans les rouages politiques.

Plus que jamais, 2005 devra être l'année où nous lutterons contre ces fléaux. Avec vous!

L'équipe de RésistanceS

La chronique de Nadia Geerts:
Il est né, le nouveau VB…


Or donc le Vlaams Blok est mort, aussitôt remplacé par le Vlaams Belang, de son propre aveu dans l’extrême droite ligne de son prédécesseur. Même programme, à peine sans doute un rien adouci pour éviter d’avoir à passer à nouveau sous les fourches caudines de la justice ; mêmes dirigeants fascisants; et même dotation.

En effet, pour des raisons qui ne laissent pas d’échapper au citoyen lambda que je suis, le Vlaams Belang a réussi ce tour de force d’à la fois se faire passer pour un nouveau parti et de continuer à bénéficier de la dotation jusqu’ici allouée au Vlaams Blok. Par le même tour de force, les mandataires du Blok sont devenus, en un clin d’œil, des mandataires du Vlaams Belang. En somme : on prend les mêmes et on recommence, avec la bénédiction et les généreux deniers de l’Etat belge…

Devant un tel manque de cohérence – ou faut-il parler d’absence de courage politique ? –, d’aucuns se sont réjouis de ce que le prince Philippe ait endossé l’armure du preux chevalier pour pourfendre, par presse flamande interposée, l’extrémisme du Vlaams Belang. On peut cependant regretter que le bon prince n’ait trouvé à s’indigner que des accents séparatistes du Vlaams Belang, comme si les relents racistes de ce dernier ne menaçaient pas autrement la démocratie et l’Etat de droit que des considérations qui relèvent, somme toute, de la stricte liberté d’expression.

Entre un VB qui les foule allègrement au pied, une classe politique qui les dédaigne trop souvent et un prince qui les inverse, les valeurs qui fondent la démocratie n’ont décidément, en Belgique, qu’à bien se tenir…


Nadia GEERTS
© www.resistances.be
– 3 décembre 2004

Retrouvez les précédentes chroniques de Nadia
Il est né le nouveau VB (décembre 2004)
Repli communautaire : attention danger! (juin 2004)
J'aimerais qu'on m'explique (juin 2004)
Quelques considérations sur l’antiracisme (mai 2004)
Sale temps pour les racistes  (décembre 2003)
Cordon sanitaire : In Memoriam ?  (novembre 2003)
Voteront, voteront pas (octobre 2003)
Vive la liberté (juin 2003)
Fachos, machos and Co(ns) : même combat (mai 2003)
Quels cons ! (mars 2003)
Les taupes (novembre 2002)
Des pygmées exposés dans un parc animalier (aout 2002)
Sommet de Séville : cherchez l'humain (juin 2002)
Amère victoire (mai 2002)
Dimanche noir en France (avril 2002)
Racisme: deux poids, deux mesures (février 2002)
Extrême droite droit de vote et populisme (décembre 2001)

 






Le procès du F.N. est remis au 18 mai 2005

Comme indiqué dans nos précédents articles relatant les frasques judiciaires de l’asbl Front national, de son fondateur Daniel Féret et de l’ancien collaborateur parlementaire de ce dernier, Georges-Pierre Tonnelier, le procès est émaillé d’incidents qui provoquent reports sur reports. Voir nos RIN n°119 et n°120. La prochaine audience aura lieu devant un nouveau juge le 18 mai 2005.

L’audience qui aurait enfin pu entendre les parties plaider était repoussée à la date du 20 décembre, du fait que l’avocat du Front national s’était pourvu en cassation dans le cadre de débats annexes (Maître Delacroix, par ailleurs sénateur coopté F.N., a mis en doute la régularité de la participation des parties civiles – LDH, M.R.A.X. et Centre pour l’égalité des chances). Mais à l’ouverture des travaux à la cour d’Appel, la cour de Cassation n’avait pas encore tranché. L’arrêt sur le pourvoi était attendu pour aujourd'hui, 22 décembre. La cour a rejeté le pourvoi et le procès pourra se poursuivre avec les parties civiles.

Si la cour de Cassation met un terme à cette manœuvre dilatoire, d’autres pourraient survenir. Ainsi, le principal intéressé, Daniel Féret, n’assistant plus aux audiences, il pourra tôt ou tard faire « opposition » à un jugement auquel il n’aura pas participé.

En outre, le juge de la 11ème Chambre qui présidait ce procès depuis son ouverture est en partance pour une Chambre civile. Et ce n’est que le 18 mai 2005 que pourront reprendre les audiences devant un nouveau juge. La procédure en appel recommencera alors « ab initio », ce qui signifie en pratique que le Ministère public devra recommencer son réquisitoire. Rappelons que le Procureur du Roi a requis deux années de prison (sans sursis) pour Daniel Féret, Un an avec sursis, éventuellement conditionné de travaux d’intérêt général, pour Georges-Pierre Tonnelier, et la dissolution de l’asbl Front National.

Conséquences : Francis Detraux a les atouts en main.
Si ces différents incidents contribuent à surseoir la condamnation des inculpés, ils n’accélèrent cependant pas le processus de restructuration de l’extrême droite francophone. On sait combien la haine fonde les relations entre les différents courants de l’extrême droite et Daniel Féret. Et ce, même dans son propre camp. Le retrait de Féret pourrait amener des partenariats à l’avenir. Mais voilà, il est toujours là, et si certains veulent précipiter son éviction, ils ne doivent pas compter sur la Justice dans l’immédiat. Seul le sénateur élu direct Francis Detraux, qui, comme annoncé ci-dessous, envisage de siéger comme indépendant, pourrait forcer la main de l’intérieur de l’appareil du Front national. En effet, s’il quitte la formation FN du Sénat, c’est plus que probablement le sénateur coopté (Michel Delacroix) qui sautera, ainsi que la dotation publique allouée pour les deux sièges de sénateur. Detraux a donc une précieuse carte en main, qui pourrait lui permettre de devancer la Justice en exigeant, lui aussi, le retrait de Daniel Féret.

David LEFÉBURE
© www.resistances.be – 22 décembre 2004



Georges-Pierre Tonnelier a retiré sa demande d’adhésion au M.R.


Capture d’écran du site Internet de Georges-Pierre Tonnelier (au 21/12/2004). On ne voit plus que l’intéressé, seul avec lui-même et sans le logo du M.R.Alors que ses activités d’extrême droite amènent Georges-Pierre Tonnelier à devoir répondre devant les tribunaux d’incitation à la haine raciale (voir ci-dessus), l’intéressé a vainement tenté de se créer une nouvelle virginité en adhérant au M.R.

C’est au début du mois d’octobre 2004 que l’ancien collaborateur de Daniel Féret (FN) a sollicité son adhésion au MR. Rapide et efficace, il s’est inscrit via Internet, a payé illico sa cotisation, et entrepris de redorer son site internet personnel en l'agrémentant du bleu réformateur - avec logo et lien vers son nouveau parti. Histoire de pouvoir dire : -Monsieur le juge, je suis aujourd’hui démocrate. Vous voyez, j’ai même ma carte de parti au M.R…

Georges-Pierre Tonnelier ne pourra pourtant pas brandir cet argument lors des prochaines audiences: il a en effet retiré sa demande d’adhésion au M.R., par lettre reçue au siège dudit parti le 24 novembre 2004.

Ceci fait suite à l’intervention de Monsieur Bertouille, Président du conseil de conciliation et d’arbitrage du MR, qui a pris contact avec le candidat transfuge pour lui suggérer son retrait, et ce afin qu’il ne fasse pas l’objet d’une procédure d’exclusion.

Par ailleurs, un récent communiqué de presse de la nouvelle dissidente du MR, Madame Caron, exclut toute collaboration de GPT au niveau local.

On est en droit de penser que le profil de Tonnelier ne l’amènera pas à constituer un groupe de sa propre initiative, ni à se retirer complètement. Restent donc deux hypothèses -que l’intéressé dément espérant qu’il lui sera possible de s’affilier au MR lorsque son procès sera terminé- : soit il accroche le wagon des futurs « Identitaires », soit, profitant de l’éventuel retrait de Féret de la direction du Front National, il retourne dans le giron d’une nouvelle structure FN (voir notre article sur l’évolution possible de l’extrême droite francophone). En tout état de cause, sa tentative de blanchiment politique est un échec.

David LEFÉBURE
© www.resistances.be – 21 décembre 2004



Vers de nouvelles structures pour l’extrême droite francophone


Militants du Front national, dans les années nonante. Les « purs et durs » du fascisme belge vont-ils (re)prendre le contrôle du FN ? © photo : Manuel Abramowicz – les Rats noirs – Editions Luc Pire 1996.


La mouvance nationaliste fascisante du sud du pays et de Bruxelles est-elle en train de se réorganiser ? Et ce sur de nouvelles bases, sans que Daniel Féret, le président-fondateur du Front national, figure au programme de cette « refondation » possible du fascisme francophone belge ? Les dernières informations en notre possession vont dans ce sens. Explications.

Tandis que le procès du Front national reprendra le 18 mai 2005, et que s’ouvrira dans quelques semaines le procès intenté contre le groupuscule Nation, l’extrême droite francophone se réorganise.

D’un côté, au Front national, afin de parer à la possible condamnation de son « chef », la direction est désormais assurée par quatre mandataires, alors que ce parti était dirigé par Daniel Féret depuis sa création, en 1985.

De l’autre côté, au « mouvement pour la Nation », créé en 1999 et emmené jusqu’alors par Hervé Van Laethem (ancien leader du mouvement néonazi l’Assaut), c’est au tour de Frédéric Kisters (ancien du parti wallingant Agir et de la direction du PCN, un parti national-bolchévique) de prendre les rênes du mouvement.

Des modifications provisoires liées aux procès.
Les deux appareils de l’extrême droite francophone sont actuellement poursuivis pour incitation à la haine raciale. L’asbl Front national a déjà eu l’occasion d’entendre un premier réquisitoire à son encontre, qui vise, ni plus ni moins, à dissoudre l’asbl (un « instrument criminogène » selon le procureur du Roi) et à condamner le récidiviste Daniel Féret à deux ans de prison ferme. Le groupe Nation, pour sa part, se victimise déjà en prétendant que la justice demande la dissolution de l’asbl « Mouvement pour la Nation ».

Dans les deux cas, la réorganisation effectuée à la tête de ces bastions d’extrême droite annonce les après-procès.

Le FN adopte une nouvelle structure
En ce qui concerne le Front national, on pourrait même parler d’un après-Féret, tant ce dernier se laisse débarquer. Une ébauche d’organigramme est actuellement en place. Outre le sénateur coopté FN, Michel Delacroix (un ancien du Parti libéral chrétien), on retrouve l’ancien parlementaire FN bruxellois et actuel conseiller communal molenbeekois, Guy Hance, à la gestion administrative du personnel, tandis que l’aspect organisationnel et « disciplinaire» (sic) est géré par Patrick Sessler (ancien cadre du PFN, un groupuscule néonazi, revenu au FN en avril 2004, après avoir animé une dissidence et avoir ensuite rejoint Johan Demol au Vlaams Blok). Maître Diane Landelle rejoint également le staff des responsables du FN (elle était notamment l’une des avocates du Vlaams Blok au début de cette année).

Il faudra probablement compter à l’avenir sur le sénateur élu direct du Front national, Francis Detraux. En bisbrouille avec son parti, celui-ci a envisagé de siéger comme indépendant au Sénat. S’il passe à l’acte, c’est le sénateur coopté qui risque d’en faire les frais et plus encore la dotation publique qui est accordée au FN. Pour éviter cela, Detraux devrait conserver l’étiquette FN, ce qu’il pourrait monnayer très chèrement en exigeant, pour le moins, l’éviction de Daniel Féret et une fonction importante au sein de l’appareil.


Alain Escada (en cravate), meneur de Belgique & Chrétienté et vieux routier de l’extrême droite (porte-parole du Front nouveau de Belgique en 1997, leader de la liste poujado-nationaliste « Zut » aux élections régionales de 1999…), lors d’un rassemblement des « identitaires » du fascisme belge francophone, en novembre 2004.


Les « Identitaires » belges
En ce qui concerne Nation, son leader (Hervé Van Laethem), s’il cède temporairement la direction, n’en est pas moins à la tête d’une nouvelle structure.

En étroite association avec le groupement des « Identitaires » de France, et principalement de Lille, le groupe Nation a participé ces derniers temps à une série de rencontres intitulées « Jeudi Identitaire », lors desquelles il n’hésite pas à témoigner une nouvelle fois sa sympathie et son soutien aux « identitaires » français (issus de l’organisation illégale Unité radicale). Pas plus tard que le 20 novembre dernier, Hervé Van Laethem est parvenu à rassembler différentes orientations de l’extrême droite à l’occasion d’une « journée de l’Identité ». Parmi les participants annoncés, on retrouvait Xavier Eman, Robert Steuckers (ancien « gourou » de la Nouvelle Droite belge, lié aux néonazis flamands de Voorpost, au Vlaams Blok et « patron » de Synergies européennes), Pierre Vial (ex-dirigeant du GRECE français, du FN lepéniste, du MNR du dissident frontiste Bruno Mégret et fondateur du mouvement racialiste Terre & Peuple), Jean Charles Van Zee (de la revue fascisante « Devenir », fondée par Hervé Van laethem), Willy Freson (ex-dirigeant du Front de la jeunesse, du PFN, du parti Agir et du FN féretiste), Jean-Gilles Maliarakis (ancien leader du MNR, le Mouvement nationaliste-révolutionnaire français), David Jansegers, et last but not least, Alain Escada.

Si ce dernier, président de Belgique & Chrétienté, venait à s’arrimer à la nouvelle structure de l’extrême droite francophone, « les nationalistes-révolutionnaires et nouvellement identitaires » disposeraient d’un attrape-mouches vers lequel pourrait converger une bonne partie de l’extrême droite chrétienne.

Au vu de cette série d’hypothèses, on peut craindre que l’après-Féret n’amène à terme, non de classiques transfuges tels que ceux dont les différents groupements d’extrême droite ont nourri leur histoire, mais des partenariats entre le nouveau mouvement des identitaires et le nouveau FN. En effet, si l’orientation nationaliste-révolutionnaire (qui, soit dit en passant, n’a de « révolutionnaire » que le nom) des premiers affirme aujourd’hui son refus de fonder ses actions sur le « populisme », le groupe Nation a déjà témoigné de la facilité avec laquelle il oublie sa doctrine en période électorale (il a appelé à voter pour les séparatiste ultralibéraux du Vlaams Blok aux dernières élections). Enfin, le retrait de Féret ôterait une grosse épine du pied de ceux qui oeuvrent à fédérer l’extrême droite.

David LEFEBURE
www.resistances.be – 21 décembre 2004




Comment lutter contre les partis fascistes ici et maintenant ?

Projection exceptionnelle du film britannique « Liam » de Stephen Frears.

L’un des chefs d’œuvre du cinéma britannique. Un brûlot d’une implacable actualité, lorsque les ouvriers se trompent de révolte et adhèrent violemment aux mots d’ordre de l’extrême droite.

La projection de ce film sera précédée d’un débat, intitulé : «Comment lutter contre les partis fascistes ici et maintenant » en présence de Manuel Abramowicz, coordinateur de la revue électronique «RésistanceS
».

Le jeudi 20 janvier 2005
à 21 heures 30
Au cinéma l’Arenberg
Galeries de la Reine
1000 Bruxelles


Au sujet du film « Liam »
C’est l’histoire de Liam, 7 ans, et de son père qui tourne fasciste

Liverpool. Années 30. Au cœur du quartier catholique irlandais. La crise et la misère. Liam, 7 ans, est le petit dernier d’une famille ouvrière. Sa mère agit du mieux qu’elle le peut pour bien tenir son modeste ménage, son frère travaille déjà et sa sœur fait la bonne pour arrondir les fins de mois difficiles. Quant à son père –employé au chantier naval–, il est victime des licenciements de masse qui frappent les docks. Trop fier pour quémander l’aide de l’Eglise, il ne sera pas assez lucide pour résister aux sirènes du fascisme montant.

Après « My Beautiful Laundrette », « Sammy et Rosie s'envoient en l'air » et « Les liaisons dangereuses »…, Frears prouve – une nouvelle fois – combien il sait magistralement faire des conditions économiques d'existence de ses personnages non un décor ou une thèse, mais la trame esthétique de ses mises en scène. Car Liam est un film impeccable, une œuvre tout à la fois subtile, touchante, inventive: le spectateur est tout de suite happé, irrésistiblement happé, par un scénario au crescendo orchestré de main de maître.

En prenant le parti de construire son récit à travers le regard d'un enfant impressionnable, faisant ainsi du petit Liam le personnage central d’une histoire impressionniste, Frears réussit à transcrire un réel de représentation –dont le réalisme est à chaque instant mis en danger par les distorsions, proches du conte terrifiant ou du coloriage enfantin, puisque les situations telles qu’elles sont perçues par un gamin sont forcément confuses, partielles, intuitives.

Autant le dire: personne ne peut sortir tout à fait indemne de la projection de « Liam », qu’il faut bien qualifier de petit chef d’œuvre. Non seulement les acteurs professionnels y déploient tous un jeu formidable mais Anthony Borrows, qui tient le rôle-titre, est beaucoup plus qu’un gosse à l’incroyable minois dont chaque spectateur ne manquera pas de se souvenir avec une joie percutante. Au contraire, on lui découvrira surtout une opacité et une forme de présence troublante, construite à partir de ses mouvements, sans doute trop vifs ou trop statiques, mais vrais. Comme dans la vie vraie.

Jean FLINKER
ATTAC- Bruxelles 1


Courriel : bxl1@attac.be
Site : www.bxl.attac.be/spip



Suppression de la dotation FN pour trois mois

Pris en défaut dans le cadre de la Loi du 4 juillet 1989 relative au financement et à la comptabilité des partis politiques, l’AFFN asbl (Association de Financement du Front National) a vu sa dotation réduite de trois mois. Cela représente près de 125.000 Euros.

Précisons que lorsque les médias parlent de la « suspension » de la dotation, cela signifie, en pratique, la « suppression » de la dotation à concurrence de 1 à 4 des versements prévus. Pour la sanction du FN, il s’agit de 3 paiements qui ne se feront pas (novembre et décembre 2004, ainsi que janvier 2005, pour des montants avoisinant les 42.000 euros/mois).

Il est probable que dans sa propagande à venir, le Front national joue son rôle de victime en associant son cas à celui de Groen !, qui n’a pas encouru de sanction. Et pour cause, Groen ! n’a pas droit à cette dotation, n’ayant plus d’élu au Parlement fédéral, ce qui ne l’a d’ailleurs pas empêché de déposer un rapport financier auprès de la commission parlementaire ad hoc. Daniel Féret s’étant obstiné à ne pas vouloir remettre ce rapport, sinon deux morceaux de papier, il paie légitimement son erreur.

La mesure de la Commission est en outre parfaitement et légalement fondée. L’article 25 de la loi du 4 juillet 1989 prévoit en effet que « Le défaut d'approbation du rapport financier par la Commission de contrôle, ainsi que le défaut de dépôt ou le dépôt tardif de ce rapport entraînent la perte de la dotation qui serait octroyée à l'institution [NDLR : ici l’AFFN] visée à l'article 22 (pendant la période subséquente fixée par la Commission de contrôle et qui ne peut être inférieure à un mois ni supérieure à quatre mois) en vertu du chapitre III de la présente loi ».

Enfin, que le F.N. ne prétende pas que l’extrême droite est stigmatisée : le Vlaams Blok/Belang a perçu, pour la seule année 2004, plus de deux millions d’euros de dotation du parlement fédéral…

David LEFEBURE
© www.resistances.be – 22 décembre 2004





Extasy et les néo-nazis du White Power

Mercredi 15 décembre, au tribunal correctionnel de Bruxelles, ont eu lieu les plaidoiries dans le cadre d’un procès pour trafic de stupéfiants (Ecstasy, coke, speed, héroïne et LSD).

L’avocate d’un des prévenus a plaidé pour une mesure clémente en faveur de son client. En fait, justifie-elle, lorsque son client a été introduit dans « le groupe de néo-nazis baptisé White Power il était obligatoire de vendre de l'+ecsta+. L'objectif du White Power était de répandre la haine raciale et sa raison d'être était le trafic de stupéfiants", a souligné l'avocate.

Notons pour notre part qu’en marge de ce procès pour trafic de stupéfiants, une instruction est en cours pour un homicide qu’aurait commis le chef de White Power. Maître Martine Van Praet assure actuellement sa défense. (DL)


Les restes d’un collabo nazi enterrés en Flandre par le VMO
Aux Pays-Bas, le "Nationaal-Socialistische Beweging" (NSB, “Mouvement National-Socialiste”) a été fondé en 1931 par le collaborateur nazi, Anton Mussert. Condamné à mort et exécuté en 1946, ses restes avaient mystérieusement disparu du cimetière, dix ans plus tard.

Aujourd’hui, le leader du groupe néo-nazi « VMO » (Vlaams Militante Orde), Bert Eriksson(*) confie à la télévision hollandaise que lui et ses sbires ont enterré les restes "quelque part en Flandre". (DL)

(*) Bert Eriksson sur RésistanceS :
www.resistances.be/vmo.html
www.resistances.be/dewinter.html
www.resistances.be/el2004r03.html
www.resistances.be/el04.html
www.resistances.be/r0202.html
www.resistances.be/enres01.html
www.resistances.be/r0201.html


Frontnational.be, en attente d'être piraté
Que de frasques du côté du site Internet frontnational.be. Il y a un an, jour pour jour, notre RésistanceS-Info-Net, rendait compte de la bourde du webmaster, Olivier Dierick, lorsque le carnet d’adresses d’un mailing fut divulgué (voir notre RIN n°110 du 22 décembre 2003).

Ensuite, durant de nombreuses semaines, le site a affiché un message disant en substance que le Front national ne remplissait pas ses obligations (financières). Il y eut aussi quelques jours durant lesquels un message laconique trônait sur le site: "administratively down" (sic).

Aujourd'hui, et après une première version bêta (très bêta) qui est restée moins d'une semaine, le site du Front national permet tout simplement de visiter le serveur depuis l'intérieur. L'adresse? ftp://frontnational.be (DL)




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