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RésistanceS 08-04-2009 |
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Extrême droite
Le Vlaams Belang en voie de «groupusculisation»
? 1. L'usure due à la présence continue du Vlaams Belang dans l'opposition. Depuis sa création, sous le nom de Vlaams Blok, en 1978, il y a plus de trente ans, le VB n'a jamais accédé à un quelconque pouvoir. Le vote protestataire simpliste ne suffit plus au VB pour maintenir le cap de la protestation sans fin. Une partie de son électorat estime que son rôle d'éternel opposant poujadiste est usé. Terminé. 2. L'émergence de nouvelles formations politiques : la Nieuw-vlaamse alliantie (NVA, Nouvelle alliance flamande) et la Lijst Dedecker (LDD). La NVA a été formée par l'aile ultra droite de l'ex-Volksunie, le parti nationaliste historique du mouvement national flamand, dont le VB fut une scission indirecte. Elle a trouvé un leader charismatique en la personne de Bart De Wever, présent désormais dans le «top 5» des personnalités les plus populaires en Flandre, bien avant Filip Dewinter, le chef médiatique du Vlaams Belang, qui se trouve en neuvième position dans le «hit-parade» politique flamand. Certes, la NVA fera moins que le VB le 7 juin prochain. Toutefois, elle ne cesse plus d'augmenter ses scores dans les derniers sondages. La nouvelle alliance flamande de De Wever pourrait obtenir plus de 6 %. Pendant que le VB perd encore des voix : près de 10 % en moins par rapport aux précédentes élections régionales. Pour sa part, la LDD est également conduite par un populiste à succès, bien plus encore que Bart De Wever : Jean-Marie Dedecker, l'ex-entraineur national de judo et ex-parlementaire libéral rebelle. Après l'ancien ministre fédéral libéral Guy Verhofstadt, le big-boss-fondateur de la LDD est l'homme politique le plus aimé des Flamands. Son avenir est assuré à long terme. Apparue il y a deux ans à peine, la LDD est déjà un poids lourd dans le paysage politique flamand. Lors de sa création et sa première participation aux élections législatives, en juin 2007, le parti de Jean-Marie Dedecker bat tous les records du taux de pénétration de l'histoire politique belge dans la catégorie «nouveau parti», avec 6,5 % des voix de l'électorat flamand. Aujourd'hui, la LDD est créditée de plus de 16,6 %. NVA et LDD s'expriment politiquement dans un style très proche de celui du VB : nationaliste-flamand, très réactif à l'égard du monde politique francophone, hyper à droite, exploitant un sentiment xénophobe/islamophobe... De plus, ils bénéficient d'une image plus «jeune», plus adaptée à notre époque. Leurs leaders respectifs incarnent la stature d'«hommes nouveaux». Et last but not least : la NVA et la LDD ne sont pas «victimes» du cordon sanitaire. Un cordon qui isole le Vlaams Belang dans une éternelle opposition sans issue. Sur base de leurs programmes d'opposition, NVA et LDD pourront bien vite accéder au pouvoir. Ce qui est d'ailleurs déjà le cas localement pour la NVA. La confirmation du renforcement électoral de la Nieuw-vlaamse alliantie et de la Lijst Dedecker pourrait signifier la fin du Vlaams Belang, sous sa forme actuelle. Le scénario possible : son implosion au lendemain du 7 juin, le départ des dirigeants et cadres les moins marqués par le passé nazi du parti et leur transfert chez Dedecker ou De Wever, voire au CD&V. Dégraissé, le VB survivrait alors autour de ses chefs les plus radicaux. Ce qui entraînerait sa «groupusculisation» à terme.
Du côté de l'extrême droite francophone, la fissuration se poursuit, ainsi que les litiges et imbroglio pour connaître l'identité du propriétaire légal du Front national. Comme RésistanceS.be l'a si souvent détaillé, le FN se conjugue au pluriel. A la veille du début de la campagne électorale, il n'est toujours pas possible de savoir à qui appartient réellement le Front national belge : au clan de Daniel Féret (son président-fondateur) ou à celui mené par les députés régionaux Patrick Sessler, Daniel Huygens, Jean-Pierre Borbouse et le sénateur Michel Delacroix ? Le ministre de l'Intérieur a refusé de trancher, le 3 avril dernier, lors du tirage au sort des numéros nationaux. Résultat : aucun des deux FN n'en a obtenu un. Les patrons des FN devront attendre le vendredi 10 avril prochain pour savoir qui des deux entités frontistes sera reconnue comme étant le «FN réel». D'après les informations en notre possession, il devrait s'agir du FN de Sessler and C°. De plus, en parallèle à la «guerre des FN», les frontistes belges francophones font face à la présence sur le terrain de quelques petits concurrents. Certes, ces derniers n'ont aucune chance de remplacer les frontistes en doublant le peloton de tête de l'extrême droite francophone dans sa course folle. Cependant, comme à chaque élections, malgré des scores maigrichons, les copies du FN piqueront ici et là des voix qui, théoriquement, lui sont réservées.
Dans une situation économique qui lui est favorable, l'extrême droite francophone garde un léger potentiel pour encore arriver à réunir une bonne partie des voix protestataires. D'autant plus qu'il n'existe pas en Wallonie – comme en Flandre - de forces politiques nouvelles pouvant séduire son électorat. A l'exception du parti Libéral démocrate (LiDé) jusqu'il y a peu. Mais depuis lors, celui a implosé en plein vol, après son décollage et bien avant son atterrissage, prévu pour le 7 juin justement. Aujourd'hui, le FN a le champ libre. Or, les frontistes semblent définitivement incapables d'enterrer la hache de guerre qui les divise. Les guéguerres internes restent la singularité de cette extrême droite que certains décrivent, non sans raison, comme étant la plus bête du monde. C'est le 7 juin prochain que l'avenir des droites extrêmes se jouera. Parce que ces élections seront décisives pour leur survie respective à court et long terme. Manuel Abramowicz
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Nota bene - Ce dossier a été ouvert le 8 avril 2009 par RésistanceS.be, le web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite. Il sera régulièrement réactualisé. Déjà au sommaire de ce dossier : • Le Front national organise sa survie politique • L'extrême droite électorale en décroissance généralisée • Extrême droite: qui sera présent le 7 juin prochain? • «Wallonie d'abord !» , l'extrême droite régionaliste aux élections de 2009 • Les
enjeux des élections 2009 • Etat des lieux de l'extrême droite francophone pré-élections Le FN anti-Féret, désormais le seul Front national Sur
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• L'extrême droite dans une voie sans issue ? • Révoltes des jeunes : le FN préconise toujours la manière forte • Daniel Féret, bientôt réfugié politique en Russie ? • Il y a deux Front national en Belgique
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