Elections
européennes et régionales 2009
Extrême droite : qui sera présent
le 7 juin prochain ?
L'extrême droite de Belgique est divisée. En
Flandre, le Vlaams Belang a le monopole. A Bruxelles et en Wallonie,
le 7 juin prochain, l'électorat séduit par les discours
extrémistes, xénophobes, nationalistes et populistes
aura le choix entre différentes «chapelles». Voici
un tour d'horizon proposé par RésistanceS.be de toutes
les listes d'extrême droite qui seront en lice aux prochaines
élections.

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Elections européennes
: collège néerlandophone
A l'extrême droite, du côté flamand, seul
le Vlaams Belang sera en lice pour l'élection du Parlement européen.
Il devra néanmoins faire face à deux listes électorales
qui semblent de plus en plus séduire son électorat «traditionnel».
Il s'agit de la liste de la N-VA et de celle de la Lijst Dedecker (LDD),
conduite par le fondateur de ce nouveau parti, Jean-Marie Dedecker (ex-VLD,
le parti libéral flamand). Cependant, la N-VA et la LDD seraient
en baisse – selon un récent sondage réalisé
pour le quotidien «De Standaard» – par rapport à
d'autres sondages qui les désignaient comme les grands champions
des prochaines élections.
A l'instar des élections régionales,
les européennes relèvent d'une importance capitale pour
le VB. Depuis les dernières élections, communales et
provinciales, d'octobre 2006, ce parti nationaliste flamand à
vu la progression de ses scores stopper, voire même diminuer.
Un phénomène nouveau puisque le VB, depuis les élections
communales de 1988, n'a pas cessé de gagner, de façon
phénoménale, des milliers de nouveaux électeurs.
Au point de totalement déstabiliser le paysage politique flamand.
La raison : sa capacité, grâce à ses succès
populaires successifs, d'influence nocive sur les autres partis politiques.
La confirmation de son reflux électoral pourrait donner lieu
à sa marginalisation.

Discours simpliste pour les affiches électorales
du Vlaams Belang © Photo Tractothèque.
Vlaams Belang (VB)
C'est l'ex-président
du VB, le député européen sortant Frank Vanhecke,
qui est la tête de liste des VBistes pour les élections
européennes. Il est suivi de la fille du fondateur du parti,
Marijke Dillen. En troisième position se trouve un des «jeunes
loups» de cette formation ultranationaliste flamande, Philip
Claeys. Comme Vanhecke, il est déjà eurodéputé
depuis les précédentes élections européennes.
A la 5e place, il y a Francis Van den Eynde, un des piliers historiques
du VB et par ailleurs leader du Voorpost, un groupe radical nostalgique
de l'Ordre nouveau qui régnait en Flandre durant l'occupation
nazie ! Après lui, c'est le Bruxellois Johan Demol qui figure.
Suivi d'Alexandra Colen, la représentante du courant national-catholique
et ultra-libéral du VB. Parmi les autres candidats, signalons
encore la présence de Bruno Valkeniers, le nouveau président
du parti (en 10e place), des «pin up» Anke Van Dermeersch
(11e place) et Marie-Rose Morel (dernière place) et Filip Dewinter
(12e position), le chef des purs et durs. Chez les candidats suppléants,
figurent Koen Dillen, le fils du président-fondateur du Vlaams
Blok (le premier nom du VB) qui avait fait la Une de l'actualité
lors de la diffusion de photos de lui en compagnie de Léon
Degrelle, l'ex-chef des nazis francophones lors de la Deuxième
Guerre mondiale. Gerolf Annemans, un des dirigeants depuis toujours
du VB, est 7e sur la liste des candidats suppléants qui se
clôt avec la présence d'Hugo Coveliers. Ex-parlementaire
de la Volksunie (le parti nationaliste pluraliste historique du mouvement
flamand), Coveliers avait rejoint le Vlaams Belang, via une formation
pré-fabriquée du nom de Vlott, à l'occasion des
élections communales de 2006.
Elections européennes
: collège francophone
Pour les élections
européennes, les électeurs d'extrême droite en Communauté
française auront le choix entre deux listes : celle du Front
national rénové (présidé par le député
régional Daniel Huygens et dirigé par Patrick Sessler,
député régional bruxellois sortant) et celle de
«Wallonie d'abord !». Le «FN» de Daniel Féret
- en alliance électorale de circonstance avec le clan des «frontistes
nationaux-libéraux populistes» de Charles Pire et Charles
Petitjean - n'a pas réussi à réunir les conditions
pour pouvoir se présenter au scrutin européen. Ce qui
a aussi été le cas du mouvement Nation.
Front national (FN rénové)
La liste frontiste, désormais officielle, est composée
de huit candidats effectifs. Sa tête de liste est Jean-Pierre
Borbouse. Elu aux élections de 2004 au Parlement wallon et
en 2006 au Conseil communal de Charleroi, il provient du Pays noir,
où il dirige également la section FN locale. Politiquement,
il fut auparavant membre du Parti national-communautaire européen
(PCN), d'obédience «national-bolchévique»,
et passa même, pour une courte période, par les rangs
du Parti du Travail de Belgique (PTB, gauche radicale anticapitaliste),
avant de se rallier définitivement à l'extrême
droite. En avril 2007, avec d'autres dirigeants frontistes, il participa
à la création du Comité belge de soutien à
Jean-Marie Le Pen. Borbouse est un des bras-droits de Patrick Sessler,
le véritable chef du FN rénové. La liste européenne
de ce dernier est poussée par la Bruxelloise Florence Matagne,
qui y représente le Front nouveau de Belgique (FNB), une dissidence
du FN de Daniel Féret qui a aujourd'hui fusionné dans
le FN de Sessler.

Colleurs d'affiches du Front national, dans
la région de Charleroi, lors des élections régionales
de 1999 © Télésambre.
«Wallonie d'abord !»
La seconde liste d'extrême droite francophone qui se présente
aux Européennes est celle de «Wallonie d'abord !»
Il s'agit du nouveau nom du parti Force nationale, une dissidence
du FN active de 2004 à 2008. La majorité de ses candidats
(7 sur 8) viennent de Force nationale ou/et du Front national féretiste.
Leur «pédigrée» politique a été
récemment proposé sur RésistanceS.be ( ).
Pour ce «nouveau» mouvement, ces élections - qui
se déroulent sur l'ensemble de la Communauté française
- représente un test qui permettra de mesurer son impact possible
auprès d'un électorat pouvant être séduit
par un discours nationaliste wallon, à l'époque où
l'idée d'une Belgique fédérale est de moins en
moins populaire. Cependant, toutes les précédentes initiatives
(Parti social-démocrate, Bloc nationaliste francophone, Bloc
national et Force nationale) de l'éminence grise de «Wallonie
d'abord !», le conseiller provincial Juan Lemmens (qui fut aussi
député régional FN de 1995 à 1999) ont
connu des échecs cuisants.
La liste européenne de «Wallonie
d'abord !» est conduite par Christian Haudegand, un ancien candidat
régulier du Front national. Celui-ci est encore connu comme
prêtre ouvrier d'un mouvement catholique opposé au Vatican.
Elections régionales
L'extrême droite flamande aux élections régionales
Le Vlaams Belang
aura le monopole de la représentativité néerlandophone
de l'expression extrémiste - avec un discours anti-partis traditionnels,
ultrasécuritaire et islamophobe - en Flandre et à Bruxelles.
Il n'aura pas de concurrent d'extrême droite. Néanmoins,
il devra faire face à la présence généralisée
de la droite nationaliste populiste, incarnée dorénavant
avec succès par la N-VA et la LDD.
Dans la circonscription électorale d'Anvers,
la liste du Vlaams Belang (avec trente-trois candidats, le maximum
autorisé) est conduite, comme d'habitude depuis de nombreuses
années, par Filip Dewinter. Elle est poussée par le
président du parti (le troisième depuis la création
du VB en 1978) Bruno Valkeniers, un homme d'affaires engagé
dans le «mouvement nationaliste flamand» lors de ses années
étudiantes. Depuis le milieu des années 1990, le VB
a fait le ménage en excluant de ses listes les militants au
passé trop radical (ceux provenant de groupes néonazis,
comme le VMO par exemple). Néanmoins, ont retrouve en 5e place
sur la liste anversoise Hilde De Lobel, une parlementaire régionale
chargée des relations internationales du VB. Elle est notamment
souvent en France, lors de meetings organisés par des mouvements
nationalistes et identitaires qui ne cachent pas leur option pour
des régimes autoritaristes. Ces mouvements, comme le Vlaams
Belang, revendiquent la création de Nations basées sur
une «Communauté homogène», c'est-à-dire
en langage décodé, sur une race pure...
Dans le Limbourg, le VB ne présente
aucune tête réellement connue. Cette province est la
plus pauvre de la Région flamande. Le parti nationaliste néofasciste,
malgré de bons scores (aux Régionales de 1999, il y
avait obtenu 12 % des voix et passa à 22 % à en
2004) n'a jamais vraiment réussi à s'implanter sur le
terrain et y recruter des cadres pour sa structure.
L'ancien président du VB, Frank
Vanhecke (qui cumule : il est, comme nous l'avons déjà
vu, également la tête de liste pour le Parlement européen),
tire quant à lui la liste déposée dans la circonscription
de Flandre occidentale. Dans la circonscription de Flandre orientale,
il y a en avant dernière place, Frans Van den Eynde, l'un des
leaders de l'aile radicale du VB et du groupe d'action nationaliste
Voorpost. Celui qui conduit la liste est Karim Van Overmeire. Ancien
collaborateur de Filip Dewinter, comme lui il a été
politiquement formé au sein du NSV, une association d'étudiants
nationalistes ultra-radicaux dont l'un des sigles est la croix celtique,
le symbole des néofascistes.
Un absent est à signaler sur cette
liste VB flamande orientale : Roeland Raes. Dirigeant et ex-parlementaire
gantois du VB, il fut aussi son vice-président national de
1978 à 2001. Ses propos pro-négationnistes sont connus.
Il y a quelques mois, Raes a justement été condamné
par la justice pour négationnisme, en première instance
(il a interjeté appel de ce jugement ).
Il était trop marqué pour être remis sous les
feux de l'actualité.
Dans le Brabant flamand, la liste du Belang est
conduite par un de ses fidèles dirigeants : Joris Van Hauthem.
Elle se conclue avec Filip De Man. Issu d'une famille de gauche flamande,
ce dernier est un radical indéfectible. Obsédé
par l'«invasion musulmane», il est l'auteur de plusieurs
livres idéologiques préconisant des solutions musclées
pour mettre fin au «régime actuel». De Man est
bien plus nationaliste européen que nationaliste flamand. C'est
un pur produit de l'extrême droite. Il est notamment l'artisan
de l'ouverture, à Bruxelles, du Vlaams Belang à des
militants francophones. Il a été ainsi le «parrain»
de Johan Demol, l'actuel leader bruxellois du VB, un Flamand d'origine,
mais d'expression française, et ancien chef de la police de
la commune de Schaerbeek, exclu suite aux révélations
sur son passé de militant au Front de la jeunesse, une organisation
néofasciste francophone des années septante.
Dans la circonscription électorale
de la Région de Bruxelles-capitale, les nationalistes identitaires
flamands sont conduits par le précité Johan Demol. Arrivé
au Vlaams Blok (le nom à l'époque du Vlaams Belang)
en 1996, il devait devenir le «Le Pen bruxellois flamand
à Bruxelles». Pour cela, le VB a dépensé
des millions d'euros...
L'investissement sera pour finir contre-productif
: le VB n'est jamais arrivé à son objectif de devenir,
grâce à Demol, le premier parti flamand dans la capitale
belge. Ce qui lui aurait permis de bloquer la région d'abord,
le pays ensuite : cette première place aurait fait rentrer,
de façon automatique, le VB au sein du gouvernement bruxellois
(sur la base de la protection à l'égard de la minorité
néerlandophone)... Cette intégration aurait alors brisé
le «cordon sanitaire» isolant le VB sur l'échiquier
politique. Ce qui aurait donné lieu à une crise politique
majeure. Le 7 juin prochain, la liste bruxelloise du Belang devrait
connaître un nouvel échec, comme lors des élections
communales de 2006. Ce qui signifierait la fin politique de Johan
Demol, et sans doute aussi du succès du Vlaams Belang à
Bruxelles...

Les affiches du Vlaams Belang sont aussi surcollées.
Ici, par un autocollant du leader de la gauche marxiste du SP.A, le
parti socialiste flamand © Photo AFF-Antwerpen.
L'extrême droite francophone
aux élections régionales
A la différence de la Flandre, chez les francophones,
l'extrême droite est totalement divisée. Les listes différentes,
concurrentes ou dissidentes se multiplient. Les «frontistes»
y seront représentés par trois clans : celui du Front
national, dit «rénové», aux mains de Patrick
Sessler, de Michel Delacroix et de leurs fidèles seconds (Daniel
Huygens et Jean-Pierre Borbouse) ; et celui des fidèles de
Daniel Féret, le président-fondateur du FN, qui se présenteront
en alliance électorale de circonstance avec la tendance wallonne
national-libérale frontiste conduite par les députés
régionaux sortants Charles Petitjean et Charles Pire, qui représentent
l'un de ces trois «clan frontiste». Ces derniers ont déposé
des listes dans la plupart des circonscriptions électorales
en Wallonie sur le nom de «Fraternité Nationale pour
Plus de Liberté, d'Union et de Solidarité» (FN
PLUS). Les listes FN et FN PLUS devront enfin faire face aux concurrents
de «Wallonie d'abord», présents quasi dans toutes
les circonscriptions wallonnes. Dans celle de Mons, la liste FDW -
proposée par un conseiller communal élu sur la liste
FN en 2006 - se présentera aux électeurs pour la première
fois.
Dans la région bruxelloise, outre
la liste du Front national «rénové», il
y aura aussi une liste «FNB» (pour «Forces Nouvelles
Belges») proposée par le clan frontiste toujours fidèle
à Daniel Féret, celui du mouvement Nation et celle du
Front démocratique bruxellois.
Passons maintenant à un tour d'horizon
plus détaillé de ces listes d'extrême droite francophones
qui seront présentes aux élections régionales
du 7 juin, en Wallonie et dans la Région de Bruxelles-capitale.
Front national (FN rénové)
Dans la région bruxelloise, la liste de ce FN est
conduite par son député régional sortant, Patrick
Sessler, par ailleurs secrétaire général, vice-président
et réel dirigeant - avec le sénateur Michel Delacroix
– de ce Front. La deuxième de liste, Florence Matagne,
provient du Front nouveau de Belgique qui s'est officiellement dissout,
en 2008, dans le FN rénové. C'est Michel Delacroix qui
en est le dernier candidat (à la 19e place). Il est aussi le
premier des candidats suppléants. Michel Delacroix ? Rappelez-vous
: premier président du FN anti-Féret, il dut démissionner
de son poste après la diffusion d'une vidéo privée,
filmée en vacances, où il fredonnait une immonde chanson
antisémite. Démission de son mandat de président,
pas de membre du parti. Depuis, il est toujours un de ses dirigeants.
Avec plus de cinquante-et-un candidats effectifs,
le FN rénové se présente en Wallonie dans dix
circonscriptions électorales sur treize. Il n'a pas réussi
à déposer de listes dans les circonscriptions de Thuin,
d'Arlon-Marche-en-Famenne-Bastogne et Neufchâteau-Virton. En
Wallonie, ce FN présente un peu moins de candidats que l'«autre
FN», en lice aux élections du 7 juin sous le nom de «Fraternité
Nationale pour Plus de Liberté, d'Union et de Solidarité».
Fraternité Nationale pour Plus de Liberté, d'Union
et de Solidarité (FN PLUS)
Avec cinquante-quatre candidats effectifs au total en Wallonie
(trois de plus que le FN rénové), cette «Fraternité
Nationale» est le fruit d'une alliance électorale de
circonstance entre les derniers «frontistes féretistes»
(Patrick Cocriamont, Salvator Nicotra...) et les députés
régionaux sortants Charles Petitjean et Charles Pire, partisans
d'un Front national excluant ses éléments néonazis
et défendant une ligne politique nationaliste, populiste et
libérale. Le Front démocratique bruxellois (FDB, voir
plus bas) devait également faire partie de cette alliance temporelle.
Le FDB, grâce à la signature de ses deux députés
régionaux, aurait permis également une présence
aux élections européennes. Pour l'heure, cette alliance
«inter-frontistes» ne devrait tenir que le temps de la
campagne électorale actuelle. Après le 7 juin prochain,
elle devrait s'auto-dissoudre.
L'objectif de la «Fraternité Nationale»
est en effet uniquement de permettre à ces frontistes d'être
présents aux élections régionales avec des initiales
proches de celles du Front national. Pensant pouvoir récupérer
un électorat FN et de nouveaux électeurs, ses véritables
initiateurs sont Charles Petitjean et Charles Pire, qui participèrent
en septembre 2007 à la prise de contrôle par les dits
«réformateurs» du FN, alors toujours présidé
par Daniel Féret. Depuis le scandale suscité par la
chanson nazie fredonnée par son président ff de l'époque,
Michel Delacroix, les deux Charles se sont distancés du FN
rénové, qu'ils avaient cofondé. Après
avoir claqué la porte de ce FN, leur alliance momentanée
avec les derniers féretistes ne signifie en aucun cas leur
retour au «FN-canal historique» (le surnom du FN de Daniel
Féret). Il s'agit seulement d'une alliance opportuniste, le
temps des élections 2009.
D'ailleurs, la majorité des listes du FN
PLUS sont constituées et conduites par des proches de Charles
Pire et de Charles Petitjean. Comme ce dernier, plusieurs d'entre
eux proviennent des rangs du Parti réformateur libéral
(PRL). Certains de ces ex-PRL sont désormais tête de
liste pour le compte du FN PLUS. On trouve encore sur les listes de
ce FN des transfuges du Front nouveau de Belgique (FNB) qui avaient
refusé la fusion en 2008 de leur parti dans le FN rénové.
La tête de liste de la «Fraternité Nationale»
dans la circonscription de Dinant-Philippeville, Georges Mairlot,
est par exemple l'ancien responsable local du FNB. Seules les listes
FN PLUS déposées dans la circonscription de Soignies
et de Liège rassemblent de véritables féretistes,
liés au député fédéral FN Patrick
Cocriamont.
Pour démontrer que ce FN PLUS est artificiel,
il faut encore signaler qu'une tentative de Patrick Cocriamont et
du conseiller communal Salvator Nicotra pour doubler Charles Petitjean
à Charleroi, en déposant une autre liste, eut lieu le
jour du dépôt des listes électorales. Cette tentative
avorta cependant. Cette liste aurait été conduite par
Nicotra en personne et aurait aussi accueilli Olivier Delcourt, un
conseiller communal FN qui prêta serment, en 2006, en faisant
le salut nazi. Suite à une plainte déposée par
le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre
le racisme, il fut poursuivi devant les tribunaux pour racisme. Le
jugement de son dossier sera rendu le 15 juin prochain. Sa présence
sur la liste FN aurait suscité un mini-scandale... le but précisément
recherché par Nicotra pour que l'on parle de sa liste dans
les médias.
La non présence de Patrick Cocriamont et
de Salvator Nicotra sur les listes du FN PLUS est le résultat
de leur tentative de putsch au sein de l'alliance électorale
établie avec Charles Petitjean. Qui semble désormais
contrôler ce nouveau «FN made in Wallonie»...

Une partie de la direction du Front national
en décembre 2005, à l'époque de son unité.
Aujourd'hui ce parti est divisé en trois clans : celui des
«féretistes» (Daniel Féret, au centre sur
cette photo), celui du FN rénové conduit par le député
régional bruxellois Patrick Sessler et le sénateur Michel
Delacroix (à gauche) et celui des députés régionaux
wallons Charles Petitjean et Charles Pire (à droite sur cette
photo).
Forces Nouvelles Belges (FNB)
Dans la circonscription électorale de Bruxelles-capitale,
les «frontistes féretistes» se présentent
sous les initiales «FNB», pour «Forces Nouvelles
Belges». Ce nom fait directement penser au parti politique d'où
provient Patrick Cocriamont, le président ff et député
fédéral du «FN féretiste», et son
bras-droit, Daniel Leskens. Dans les années 1980, Forces Nouvelles
était la formation politique la plus importante de l'extrême
droite belge francophone. Sous le nom de Parti des forces nouvelles
(PFN), elle fusionna en 1991 avec le Front national de Daniel Féret.
La tête de liste de Forces Nouvelles Belges est Maryvonne Vermonden.
Transfuge du Front nouveau de Belgique, lors des élections
communales en 2000, elle conduisait la liste de cette dissidence FN
dans la commune d'Anderlecht. Aux communales de 2006, Maryvonne Vermonden
rejoignit le Front national de Daniel Féret et fut élue
conseillère communale. En 2007, lors des élections législatives,
elle figurait en tête de la liste FN dans la circonscription
de Bruxelles-Hal-Vilvoorde. Georges Duterme, candidat depuis plusieurs
élections du «FN-canal historique» et l’un
des derniers rédacteurs réguliers du «National»,
son mensuel officiel, figure en 2e place sur la liste FNB. La seule
députée régionale bruxelloise sauvegardée
du FN féretiste, Audrey Rorive (la compagne de Daniel Féret),
se positionne à la 3e place sur cette liste qui ne compte que
11 candidats, contre 19 pour celle du Front national rénové
de Patrick Sessler et 66 candidats pour celle du Front démocratique
bruxellois, mené aux élections de juin par deux députés
régionaux frontistes dissidents (voir plus bas). Le FN PLUS,
initié par Charles Petitjean et Charles Pire, ne soutient pas
cette liste bruxelloise FNB pro-Daniel Féret.
«Wallonie d'abord !»
Aux élections régionales, ce mouvement a réussi
à déposer des listes dans onze circonscriptions. Ce
n’est que dans celles d'Arlon, Neufchâteau et de la Région
bruxelloise que «Wallonie d'abord !» ne sera pas présent.
L'ensemble de ses listes réuni quarante-huit candidats effectifs.
Ce mouvement est issu en droite ligne d'une dissidence du Front national
féretiste. Sa tête de liste à Charleroi est Alain
Sadaune, ex-député régional et dirigeant local
du FN dans les années nonante. Comme pour le scrutin européen,
les régionales vont représenter un test important pour
«Wallonie d'abord !». Il pourrait séduire un électoral
de plus en plus proche des thèses identitaires wallonnes.

Alain Sadaune (au centre), la tête de
liste de «Wallonie d'abord !» à Charleroi, ici
en 1999 lors d'un meeting du Front national féretiste. A l'époque,
Sadaune était le responsable du FN carolo et l'un de ses députés
régionaux. En 2004, il fit dissidence avec un nouveau parti,
Force Nationale. Désormais, il est un des cadres de «Wallonie
d'abord !», avec Jacqueline Merveille (à droite sur cette
même photo).
Nation
La liste «Nation» sera présente, avec
sept candidats, uniquement dans la Région de Bruxelles-capitale.
Pourtant, le mouvement Nation avait également l'ambition de
déposer une liste dans la circonscription de Charleroi, là
où l'extrême droite fait ses meilleurs scores. Depuis
2008, Nation récoltait aussi des signatures pour présenter
une liste pour le Parlement européen, et de manière
préventive pour de possibles élections législatives
anticipées. Les ambitions de Nation semblent avoir été
trop grandes... La récolte de signatures par ses «équipes
militantes» se conclut par un échec cuisant. Par ailleurs,
Nation a eut beaucoup de mal à trouver des militants acceptant
de figurer sur ses listes. La «peur de la répression»
serait l'explication officielle apportée désormais par
la direction du mouvement. C'est pour cette raison qu'il a même
dû aller chercher un ancien militant néonazi des années
quatre-vingt (voir photo ci-dessous).
En 2003, Nation avait déjà tenté
l'option électorale aux législatives. Présent
dans la circonscription du Hainaut et de Bruxelles-Hal-Vilvoorde,
ce mouvement ne put y séduire que 0,4 % et 0,08 % de l'électorat.
Un nouvel échec (ce qui est des plus probables) le 7 juin prochain
signifierait une remise en cause de l'avenir même de Nation.

Sur cette photo prise en septembre 1987 à
Anvers, lors d'une manifestation de rue, figure feu Emile Robe (4e
à partir de gauche), le dirigeant de Rex National, un groupuscule
fanatique du nazi Belge Léon Degrelle, actif de 1974 à
2000. A ses côtés se trouvent des militants du VMO reconstitué
et du groupe néonazi l'Assaut, dont Robe fut aussi le porte-parole.
L'«animateur» du groupe l'Assaut de l'époque est
l'actuel dirigeant-fondateur du mouvement Nation. Michel Godtbil,
en 5e place sur la liste de ce mouvement pour les élections
régionales bruxelloises de ce 7 juin, était un des militants
néonazis de l'Assaut (il venait auparavant du Parti des forces
nouvelles, également néonazi). Sur cette photo, Michel
Godtbil se trouve à gauche d'Emile Robe © Photo : Archives
Ridaf / CelsiuS.
Front démocratique bruxellois (FDB)
Il présente une liste constituée de soixante-six
candidats effectifs. C'est la «liste nationaliste» la
plus fournie. Cela confirme son ancrage au sein d'une mouvance militante
active. Ce FDB refuse l'étiquette «extrême droite».
Il se revendique comme de «droite», une «droite
populaire et nationaliste». Sa tête de liste (Paul Arku)
et sa deuxième de liste (Christiane Van Nieuwenhoven) sont
tous deux députés régionaux bruxellois sortants.
Ils avaient été élus en 2004 sur la liste du
Front national, alors unitaire. Paul Arku fut aussi l'un des leaders
des francophones du Vlaams Blok, l'actuel Vlaams Belang.
Le FDB a été impliqué dans
le projet d'alliance électorale proposé par les députés
wallons frontistes Charles Pire et Charles Petitjean (revoir la notice
sur le FN PLUS). A la dernière minute, il s'est retiré
du projet. Résultat : le FN-canal historique et le clan national-libéral
populiste frontiste conduit par Pire-Petitjean n'ont pu se présenter
aux élections européennes. Laissant ainsi le champ libre
au FN rénové et à «Wallonie d'abord!».
Forces démocrates wallonnes (FDW)
Il refuse d'être qualifié d'extrême droite.
Le dirigeant de ces «Forces démocratiques wallonnes»,
Alex Quévy, a pourtant été élu conseiller
communal en 2006 sur une liste électorale du Front national
dans la Ville de Saint-Ghislain. En septembre 2007, il rejoignit le
FN rénové. Pouvant être considérées
comme une dissidence frontiste, les FDW de Quévy ne seront
présentes que dans la circonscription de Mons. Sans espoir,
bien entendu, d'y décrocher un député régional...

Tract de l'ABCD. A Bruxelles, une fois de plus
le Vlaams Belang reçoit le soutien - pour sa campagne électorale
- de l'Association bruxelloise contre le déclin (ABCD), un
groupuscule rassemblant des Bruxellois francophones favorables au
parti nationaliste séparatiste flamand. Le dirigeant de l'ABCD
est un ancien du Parti des forces nouvelles, une formation francophone
ouvertement néonazie. Plus d'informations sur l'ABCD ?
TABLEAU 1 : Nombreux de candidats effectifs
de listes d'extrême droite en Région wallonne
| Liste >
Circonscriptions |
FN rénové |
FN Plus |
Wal. d'abord ! |
TOTAL |
| Nivelles |
7 |
- |
4 |
11 |
| Mons |
6 |
6 |
4 |
16 |
| Charleroi |
9 |
9 |
7 |
25 |
| Soignies |
4 |
4 |
4 |
12 |
| Thuin |
- |
3 |
3 |
6 |
| Tournai-Ath-Mouscron |
4 |
6 |
4 |
14 |
| Liège |
5 |
8 |
4 |
17 |
| Verviers |
4 |
5 |
4 |
13 |
| Huy-Waremme |
4 |
- |
4 |
8 |
| Arlon-Marche-en-Famenne-Bastogne |
- |
3 |
- |
3 |
| Neufchâteau-Virton |
- |
- |
- |
0 |
| Namur |
4 |
6 |
6 |
16 |
| Dinant-Philippeville |
4 |
4 |
4 |
12 |
| TOTAL |
51 |
54 |
48 |
153 |
© Tableau RésistanceS.be
Comme on peut le constater dans ce tableau, c'est
le FN PLUS qui présente le plus grand nombre de candidats,
suivi du FN rénové et de «Wallonie d'abord!».
Cela démontre que le FN rénové n'a plus le monopole
sur les frontistes, contrairement à ce que sa propagande laisse
supposer. Dirigé par les députés régionaux
sortants Charles Pire et Charles Petitjean, le FN PLUS pourrait se
développer après les élections du 7 juin prochain.
C'est dans la circonscription de Charleroi, que le nombre de candidats
d'extrême droite est le plus important. Charleroi a toujours
été le fief de l'électorat frontiste depuis les
années 1990.
TABLEAU 2 : Nombreux de candidats effectifs
de listes d'extrême droite dans la Région de Bruxelles-capitale
| Liste >
Circonscriptions |
FN rénové |
FNB |
NATION |
FDB |
VB |
TOTAL |
| Région de Bruxelles-Capitale |
19 |
11 |
7 |
66 |
17 |
120 |
© Tableau RésistanceS.be
A Bruxelles, c'est le Front démocratique
bruxellois (FDB) qui présente le plus de candidats, ce qui
démontre qu'il possède une réelle implantation
locale. Dissidence du Front national, le FDB adopte un style plus
éloigné de celui de l'extrême droite classique.
Il se définit comme étant le représentant d'une
«droite populaire et nationaliste». Le FN rénové
aligne dix-neuf candidats sur sa liste, suivi par le Vlaams Belang
dont l'influence à Bruxelles est en déclin. La liste
Forces Nouvells Belges (FNB),
liste de circonstance proposée par les derniers «féretiste»,
a pu trouver onze candidats pour constituer sa liste. Le mouvement
Nation semble quant à lui avoir eu beaucoup de difficultés
pour dénicher des candidats.

En 2008, le Front national féretiste
et le Front démocratique bruxellois (FDB) s'étaient
rapprochés en vue de présenter des listes communes aux
élections régionales et européennes, comme le
montre notre document ci-dessus, un extrait du mensuel du FN de Daniel
Féret. Mais, juste avant le dépôt officiel des
listes électorales, le FDB a décidé de casser
son alliance électorale avec les «frontistes féretistes».
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info@resistances.be – Article mis en ligne le 22 mai 2009.
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- Ce dossier a été ouvert le 8 avril 2009 par RésistanceS.be,
le web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite.
Il sera régulièrement réactualisé.
Déjà
au sommaire de ce dossier :
•
L'extrême
droite électorale en décroissance généralisée
•
Extrême
droite: qui sera présent le 7 juin prochain?
• «Wallonie
d'abord !» , l'extrême droite régionaliste aux
élections de 2009
• Les
enjeux des élections 2009
• Etat
des lieux de l'extrême droite francophone pré-élections
Le
FN anti-Féret, désormais le seul Front national
Sur
RésistanceS.be, les derniers articles
Sur le Vlaams Belang
• Un
haut dirigeant du Vlaams Belang condamné pour négationnisme
• Le
Vlaams Belang cultive ses racines nazies
• Un
Vlaams Belang biographe relativiste d'Adolf Hitler
• Le
Vlaams Belang en voie d'implosion
• Conflits
au Vlaams Belang : zizanie sous chape de plomb
Sur les «Front national»
•
FN «rénové»... dégraissé ?
• L'extrême
droite dans une voie sans issue ?
• Révoltes
des jeunes : le FN préconise toujours la manière forte
•
Daniel Féret, bientôt réfugié politique
en Russie ?
• Il
y a deux Front national en Belgique
Consultez
les autres «dossiers élections» de RésistanceS.be





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